Is­raël : entre le mythe de la de la «vio­lence

El Watan (Algeria) - - Contribution -

forces ar­mées is­raé­liennes uti­li­se­ront leurs armes et leur force uni­que­ment pour le but fixé à leur mis­sion, et seule­ment dans la me­sure né­ces­saire, et main­tien­dront leur hu­ma­ni­té même pen­dant le com­bat» (IDF Spi­rit). La «pu­re­té des armes» si­gni­fie aus­si que «les sol­dats de l’IDF n’uti­li­se­ront pas leurs armes et leur force pour faire du mal aux êtres hu­mains qui ne sont pas des com­bat­tants (c’est-à-dire les ci­vils) ou qui sont des pri­son­niers de guerre et fe­ront tout ce qui est pos­sible pour ne pas at­ten­ter à leurs vies, leurs corps, leur di­gni­té et leurs propriétés». Cette doc­trine pré­cise en­core que «It is not on­ly the life of one’s com­rades that must be sa­ved, but al­so the lives and the ho­nor of ene­my ci­vi­lians» (Ce n’est pas seule­ment la vie de leurs ca­ma­rades [is­raé­liens] qui doit être épar­gnée, mais aus­si celle des en­ne­mis ci­vils). La doc­trine pousse en­core les choses plus loin pour dire que cette in­ter­dic­tion — ne pas tuer les ci­vils — est va­lable même lorsque les sol­dats is­raé­liens doivent cou­rir le risque d’être tués pour évi­ter de cau­ser la mort de ci­vils : «[…] such ef­forts sur­ely must in­clude the ex­pec­ta­tions that sol­diers as­sume some risk to their own lives in or­der to avoid cau­sing the death of ci­vi­lians») (Moshe Ha­ber­tal, pro­fes­seur is­raé­lien de droit et un des ré­dac­teurs de l’Es­prit de IDF). La théo­rie en la ma­tière consacre éga­le­ment le prin­cipe de pro­por­tion­na­li­té et de li­mi­ta­tion que les sol­dats is­raé­liens doivent res­pec­ter scru­pu­leu­se­ment. Ce prin­cipe s’ar­ti­cule comme suit : «Dans ce cadre de guerre, qui nous [is­raé­liens] a été im­po­sé, l’obli­ga­tion de concen­trer et li­mi­ter notre force n’est pas moins im­por­tante que l’obli­ga­tion d’uti­li­ser notre force». Tou­jours concer­nant le même prin­cipe : «L’usage de la force qui n’est pas né­ces­saire à la réa­li­sa­tion de la mis­sion est une er­reur mo­rale et une er­reur dans l’exé­cu­tion de la mis­sion» (Es­prit de IDF). Cette doc­trine a même été ren­for­cée par un pro­to­cole des forces ar­mées is­raé­liennes re­mon­tant à 1977 qui pose le prin­cipe obli­geant l’ar­mée is­raé­lienne à in­for­mer à l’avance les po­pu­la­tions ci­viles [pa­les­ti­niennes et li­ba­naises] que les in­ter­ven­tions mi­li­taires is­raé­liennes en­vi­sa­gées peuvent avoir des ef­fets sur elles : «A 1977 pro­to­col re­quires the mi­li­ta­ry to warn ci­vi­lian po­pu­la­tions of at­tacks that may af­fect them». Ce pro­to­cole ap­porte ce­pen­dant une ré­serve non né­gli­geable lors­qu’il pré­cise : «if cir­cum­stances per­mit» (si les cir­cons­tances le per­mettent), ce qui, na­tu­rel­le­ment, ouvre la porte à in­ter­pré­ta­tions et ju­ge­ment. La doc­trine de IDF cite un exemple de ce prin­cipe de li­mi­ta­tion de la force : «Lorsque l’ar­mée doit or­don­ner le siège d’une ville [pa­les­ti­nienne ou li­ba­naise], la doc­trine sti­pule que s’il y a quatre portes d’ac­cès à la ville, l’ar­mée ne peut en bou­cler que trois en vue de lais­ser la pos­si­bi­li­té à cer­tains ha­bi­tants de fuir» (Es­prit de IDF). Quel sens de l’hu­ma­nisme !!! Un autre prin­cipe est éga­le­ment po­sé par l’Es­prit de IDF est ce­lui de la sé­lec­tion des cibles par l’ar­mée is­raé­lienne. Se­lon ce prin­cipe, les cibles [pa­les­ti­niennes ou li­ba­naises] doivent être sé­lec­tion­nées pour ne vi­ser que les en­ne­mis réels et mi­ni­mi­ser les pertes hu­maines, no­tam­ment de ci­vils. Tous ces prin­cipes — qui peignent une image très hu­maine de l’ar­mée is­raé­lienne — ne sont ce­pen­dant pas ac­cep­tés — comme on

Pour Is­raël et ses spon­sors — le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain en pre­mier lieu et les pays eu­ro­péens en se­cond lieu — Is­raël a une po­li­tique très hu­maine dans les guerres et les agres­sions qu’il en­tre­prend, en par­ti­cu­lier contre les Pa­les­ti­niens, mais aus­si contre les Li­ba­nais.

peut s’en dou­ter — par tous les Is­raé­liens, mi­li­taires, po­li­ti­ciens ou ci­vils). C’est le cas par exemple des rab­bins is­raé­liens ap­par­te­nant à l’ISM (Is­rae­li Set­tle­ment Mo­ve­ment, c’est-à-dire le Mou­ve­ment is­raé­lien fa­vo­rable aux construc­tions illi­cites sur les ter­ri­toires pa­les­ti­niens), qui ont de­man­dé en 2004 que le «ter­ro­risme» [pa­les­ti­nien et li­ba­nais] soit com­bat­tu sans te­nir compte de la sé­cu­ri­té des po­pu­la­tions ci­viles pa­les­ti­niennes et li­ba­naises (voir la dé­cla­ra­tion de la Ligue An­ti-Dif­fa­ma­tion is­raé­lienne du 9 sep­tembre 2004). La rai­son in­vo­quée pour jus­ti­fier leur po­si­tion est que «The Hez­bol­lah hides among the ci­vi­lian po­pu­la­tion and the­re­fore it would be im­mo­ral not to at­tack Hez­bol­lah — as Hez­bol­lah poses an ex­treme threat to the Is­rae­li ci­vi­lian po­pu­la­tion» (Le Hez­bol­lah se cache par­mi la po­pu­la­tion ci­vile et par consé­quent il se­rait im­mo­ral de ne pas l’at­ta­quer car il re­pré­sente une me­nace ex­trême contre la po­pu­la­tion ci­vile is­raé­lienne) (Re­bec­ca Spence, Rab­bis, Is­rael Wor­ried Over Ci­vi­lian Deaths, The Je­wish Dai­ly For­ward, Au­gust 26, 2006). Ce prin­cipe de la mo­ra­li­té des armes est nié aus­si par des per­son­na­li­tés po­li­tiques is­raé­liennes au plus haut ni­veau. C’est le cas par exemple de Yitz­hak Sha­mir, an­cien Pre­mier mi­nistre is­raé­lien qui, dans un de ses écrits, dé­cla­rait : «Nei­ther Je­wish ethics nor Je­wish tra­di­tion can dis­qua­li­fy ter­ro­rism as a means of com­bat» (Ni l’éthique juive, ni la tra­di­tion juive ne peuvent dis­qua­li­fier le ter­ro­risme [is­raé­lien] comme moyen de com­bat) (Yitz­hak Sha­mir, Al Ha­mish­mar(3), 24 dé­cembre 1987). Sha­mir va en­core plus loin pour dire que «les Pa­les­ti­niens qui ré­sistent à l’oc­cu­pa­tion doivent être écra­sés comme des sau­te­relles, et leurs têtes doivent être fra­cas­sées contre des rochers ou des murs». Et il ajoute : «Et nous leur di­sons, du som­met de nos mon­tagnes et sur la base des mil­liers d’an­nées d’his­toire [juive], qu’ils sont tels des sau­te­relles par com­pa­rai­son à nous» (Noam Chom­sky, op. cit., p. 553). Un autre «géant» de la po­li­tique et de l’ar­mée is­raé­liennes, Ben-Gu­rion, n’adhère pas non plus à cette doc­trine, dé­cla­rant : «[…] Anyone who ap­proaches the Zio­nist pro­blem in a mo­ral as­pect is not a Zio­nist» (Qui­conque ap­proche le pro­blème sio­niste sous un as­pect mo­ral n’est pas un sio­niste) (Yos­si Bei­lin, Re­vi­vim, 1985, pp. 42-43, ci­té par Noam Chom­sky, Fai­th­ful Tri­angle : The Uni­ted States, Is­rael and the Pa­les­ti­nians, p. 551).

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