Monde en guerres

El Watan (Algeria) - - Sports Ouest - Par Mo­ham­med Lar­bi

Il est en­core des ré­gions dans le monde comme en Afrique, où des peuples n’ont ja­mais connu le moindre jour de paix. Comme le SudSou­dan, le der­nier-né des Etats afri­cains, consé­quence du dé­mem­bre­ment du Sou­dan à la suite d’une guerre ci­vile qui a ra­va­gé ce pays de­puis son in­dé­pen­dance. C’est toute la pa­no­plie des conflits, avec au bout comme en­jeu, le pou­voir et le pillage des res­sources, ce qui ne peut être ac­com­pli sans aide ex­té­rieure. Au mieux, di­ra-t-on, car ce sont aus­si des guerres par pro­cu­ra­tion ou par groupes in­ter­po­sés. Et dire que l’on croyait que le monde s’ache­mi­nait, après la fin de la guerre froide, vers un état de paix qui al­lait mettre fin à d’autres si­tua­tions, mais au­tant dire des aven­tures qui s’achèvent sur les routes de l’exil, si­non en mer. Ceux qui y re­courent sont ap­pe­lés des mi­grants, des clan­des­tins, et trai­tés comme tels, sans re­cherche des causes qui ont ame­né des mil­lions de per­sonnes à quit­ter leurs terres et à se cou­per de leurs ra­cines. C’est jus­te­ment ce monde de guerres qui broie les plus faibles et rap­pelle que les pro­messes sont ce qu’elles sont et rien d’autre. Ce­la s’est vé­ri­fié dès la fin de la guerre froide avec, croyait-on, celle des blocs, et donc l’avè­ne­ment d’un monde meilleur. Et là, les pro­messes n’ont pas man­qué en di­rec­tion de l’Afrique no­tam­ment. Comme cette dé­cen­nie pour le dé­ve­lop­pe­ment dé­cré­tée par l’ONU, ou ce nou­veau dis­cours sé­dui­sant au dé­part, mais qui s’est ré­vé­lé fon­da­men­ta­le­ment faux. Ceux qui le te­naient s’en­ga­geaient à en­cou­ra­ger les échanges et à en fi­nir avec l’aide qui n’a ja­mais rien per­mis en termes de dé­ve­lop­pe­ment bien en­ten­du. Ceux-là ont rui­né cer­taines éco­no­mies afri­caines en sub­ven­tion­nant les ac­tions de leurs opé­ra­teurs. C’est ce qui s’ap­pelle l’échange in­égal. Ou en­core le par­te­na­riat que l’on di­sait nou­veau, aus­si bien dans sa concep­tion que dans sa fi­na­li­té. Il n’en fut ab­so­lu­ment rien. Bien au contraire, des po­li­tiques me­nées du­rant ce der­nier quart de siècle ont ac­cen­tué le sous-dé­ve­lop­pe­ment en Afrique, mais aus­si les guerres et autres crises qui ont cette par­ti­cu­la­ri­té de se dé­rou­ler dans des es­paces géo­gra­phiques ré­pu­tés pour leurs res­sources na­tu­relles, cer­taines d’entre elles étant rares. Bien sûr que ce­la sus­cite des convoi­tises, et même plus que ce­la lorsque l’offre est bien in­fé­rieure à la de­mande. Guerres com­mer­ciales alors ? Cer­tai­ne­ment pas au re­gard de l’im­pact sur les po­pu­la­tions, ci­blées et contraintes à la fuite d’abord, et l’exode en­suite. Voi­là donc les vé­ri­tables rai­sons de ce flux mi­gra­toire qui semble tant me­na­cer le monde à force d’être poin­té du doigt, et qui ali­mente tant de dis­cours hai­neux et xé­no­phobes. On traite alors des ef­fets et non pas des causes pour­tant connues et avé­rées. Comme si alors il fal­lait une cause pour ex­pli­quer cer­tains échecs. Comme pour toutes les si­tua­tions où l’être hu­main se re­trouve dos au mur, il y a des ex­pli­ca­tions pour tout, et con­sé­quem­ment des ap­proches autres que la ré­pres­sion dans le cas des conflits, ou alors des centres dits de ré­ten­tion, mais qui ne sont rien d’autre que de nou­velles fron­tières. Plu­tôt dé­ri­soires.

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