«La re­con­nais­sance du sta­tut de moud­ja­hid n’est plus pos­sible»

El Watan (Algeria) - - L'actualité - M. A. O.

Il n’est plus pos­sible de dé­cro­cher le sta­tut de moud­ja­hid. Le mi­nistre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, as­sure que le trai­te­ment des dos­siers de re­con­nais­sance du sta­tut de moud­ja­hid est blo­qué de­puis 2002 et son dé­par­te­ment mi­nis­té­riel ne compte pas re­ve­nir sur cette dé­ci­sion. M. Zitouni laisse, ce­pen­dant, la pos­si­bi­li­té de re­cou­rir à des trai­te­ments ex­cep­tion­nels, en concer­ta­tion di­recte avec l’Or­ga­ni­sa­tion na­tio­nale des moudjahidine (ONM), de cas de moudjahidine et de chou­ha­da bien connus dans leurs ré­gions, qui ne sont tou­jours pas re­con­nus comme tels. S’ex­pri­mant jeu­di de­vant les dé­pu­tés, le mi­nistre des Moudjahidine, dont les pro­pos ont été ré­per­cu­tés par l’agence of­fi­cielle APS, évoque éga­le­ment la pos­si­bi­li­té de ter­mi­ner l’exa­men des dos­siers «en sus­pens». «Il est in­con­ce­vable que 50 ans après l’in­dé­pen­dance, le dos­sier de re­con­nais­sance de­meure ou­vert», a ar­gué ce fils de cha­hid, qui consi­dère que l’Etat al­gé­rien en a suf­fi­sam­ment fait pour la fa­mille ré­vo­lu­tion­naire de­puis l’In­dé­pen­dance et que le re­cen­se­ment des moudjahidine et des chou­ha­da ne peut pas conti­nuer in­dé­fi­ni­ment. M. Zitouni a rap­pe­lé que des com­mis­sions ont été consti­tuées à tra­vers le ter­ri­toire na­tio­nal et à l’étran­ger. Des com­mis­sions qui ont tra­vaillé pen­dant de longues an­nées. Aus­si, a-t-il pré­ci­sé, une com­mis­sion de re­cours a été mise en place et a ré­ha­bi­li­té dans leurs droits toutes les per­sonnes lé­sées. Toutes ces com­mis­sions ont été dis­soutes en 2002, a in­di­qué le mi­nistre, suite à une de­mande de l’ONM, or­ga­ni­sa­tion ha­bi­li­tée à se pro­non­cer sur la ques­tion. La ques­tion du sta­tut de moud­ja­hid conti­nue de sus­ci­ter des po­lé­miques entre les au­to­ri­tés et ceux qui jugent ex­ces­sif le nombre de moudjahidine re­con­nus comme tels. On parle de plu­sieurs cen­taines de mil­liers de moudjahidine en­core en vie. Mais le mi­nis­tère n’a ja­mais vou­lu rendre pu­blic leur nombre exact. Lors de son pas­sage en no­vembre 2017 au fo­rum du jour­nal Echaâb, Tayeb Zitouni avait re­fu­sé de four­nir le chiffre exact, com­pa­rant le nombre de moudjahidine aux ef­fec­tifs des ar­mées dans le monde, qui de­meurent se­crets ! Quelques jours au­pa­ra­vant, le se­cré­taire gé­né­ral de l’ONM avait in­di­qué que le nombre de moudjahidine ins­crits, en­car­tés et qui payaient leurs co­ti­sa­tions était de 200 000 per­sonnes. Des per­son­na­li­tés, dont Be­nyou­cef Mel­louk, ont tou­jours contes­té le nombre im­por­tant d’an­ciens moudjahidine qui fait que le bud­get al­loué au mi­nis­tère des Moudjahidine est beau­coup plus im­por­tant que ceux d'une di­zaine de dé­par­te­ments mi­nis­té­riels. Be­nyou­cef Mel­louk avait fait écla­ter le scan­dale des faux moudjahidine. Au­jourd’hui en­core, la ques­tion du nombre réel des moudjahidine ne trouve tou­jours pas de ré­ponse et la po­lé­mique se pour­suit.

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