Les en­tre­pre­neurs se plaignent du manque de pro­jets

Par la faute de cer­taines en­tre­prises dé­faillantes, la wi­laya a per­du des mil­liards et de gros pro­jets qui ont été ge­lés.

El Watan (Algeria) - - Région Est - Ha­fedh Mous­saoui

Pro­fi­tant de l’inau­gu­ra­tion, mer­cre­di der­nier, du siège de l’As­so­cia­tion gé­né­rale des en­tre­pre­neurs al­gé­riens (AGEA) à Biskra, à la­quelle les au­to­ri­tés lo­cales, des di­rec­teurs cen­traux, des chefs d’en­tre­prise et le pré­sident na­tio­nal de cette or­ga­ni­sa­tion pa­tro­nale, ont été conviés, les en­tre­pre­neurs lo­caux se sont plaints, par la voix de Tayeb Louar­di, qui est connu sur la place pu­blique comme étant l’un des plus dy­na­miques hommes d’af­faires de la ré­gion, du peu de pro­jets oc­troyés aux en­tre­pre­neurs lo­caux. «Beau­coup d’en­tre­prises de construc­tion sont à l’ar­rêt faute de pro­jets, alors que de gros mar­chés, et no­tam­ment ceux de la réa­li­sa­tion des ci­tés d’ha­bi­ta­tion sont confiés à des groupes étran­gers, chi­nois et turcs. De plus, des en­tre­prises de plom­be­rie, de quin­caille­rie, de fer­ron­ne­rie, de me­nui­se­rie et de ma­çon­ne­rie sont en stand-by. A titre d’exemple, je ci­te­rai le gros pro­jet des 1800 lo­ge­ments de l’AADL, confié, der­niè­re­ment, à un construc­teur étran­ger. Je pense qu’il au­rait fal­lu le frac­tion­ner pour en faire aus­si pro­fi­ter les en­tre­prises lo­cales, dont les ac­ti­vi­tés marchent au ra­len­ti», a-t-il lan­cé.

En ré­ponse à ces qué­ri­mo­nies somme toute lé­gi­times, Ah­med Ker­roum, wa­li de Biskra, a dé­plo­ré le manque de com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises lo­cales et leur dé­faut de qua­li­fi­ca­tion et de main-d’oeuvre qua­li­fiée et pé­renne pour li­vrer les pro­jets dans les dé­lais im­par­tis et avec une qua­li­té de tra­vail conforme au ca­hier des charges. «Les 1 800 lo­ge­ments de l’ADDL sont un pro­jet ini­tié par le mi­nis­tère de l’Ha­bi­tat et nous n’y avons au­cun droit de re­gard. Les construc­teurs étran­gers sont plus ef­fi­caces et res­pectent les dé­lais de li­vrai­son, tan­dis que les en­tre­prises lo­cales nous font perdre beau­coup de temps et d’ar­gent en pro­cé­dures ad­mi­nis­tra­tives, telles que les mises en de­meure, les ré­si­lia­tions de contrats et la re­lance des ap­pels d’offres des mar­chés. Je dois vous dire que par la faute de cer­taines en­tre­prises dé­faillantes et qui mettent un temps fou rien que pour la phase des études, la wi­laya de Biskra a per­du des mil­liards et de gros pro­jets qui ont été ge­lés. Nous agis­sons pour les ré­cu­pé­rer et si les en­tre­prises lo­cales dé­montrent leurs ca­pa­ci­tés à res­pec­ter les dé­lais et les termes des conven­tions avec l’ad­mi­nis­tra­tion, ces pro­jets leur se­ront confiés. Les comptes de tous les en­tre­pre­neurs de Biskra qui ont réa­li­sé des pro­jets ont été apu­rés. Je me tiens per­son­nel­le­ment à votre dis­po­si­tion pour ara­ser toutes les dif­fi­cul­tés, mais je vous de­mande d’être des chefs d’en­tre­prises ci­toyennes et ac­tives pour l’in­té­rêt com­mun. Vous êtes ap­pe­lés à nous don­ner un coup de main lors des cam­pagnes de net­toyage, car le dé­ve­lop­pe­ment de la wi­laya est l’affaire de tous. Je suis de votre co­té», a-t-il ré­tor­qué en sub­stance. Se fé­li­ci­tant de l’ou­ver­ture de ce nou­veau siège à Haï Iz­di­har (ci­té des 726 Lo­ge­ments) au­quel les di­rec­tions de la DUAC, de l’OPGI et de l’Agence fon­cière de Biskra ont ac­cor­dé toutes les fa­ci­li­tés et leurs aides pour sa réa­li­sa­tion, a-t-il été sou­li­gné, Kha­lou­fi Mi­loud, pré­sident na­tio­nal de l’AGEA a re­le­vé que les re­la­tions tis­sées entre le res­pon­sable de l’exé­cu­tif de la wi­laya, les di­rec­teurs cen­traux et les en­tre­pre­neurs étaient ex­cel­lentes. «Ce nou­vel es­pace se­ra un lieu de ré­flexion et de concer­ta­tion, mais aus­si de for­ma­tion et de sou­tien in­ter­pro­fes­sion­nel. Que le wa­li de Biskra soit vi­ve­ment re­mer­cié pour son aide et son in­té­res­se­ment. Nous sommes les bâ­tis­seurs de notre pays et nous avons du pain sur la planche. Nous al­lons en­re­gis­trer toutes les re­com­man­da­tions et les dif­fi­cul­tés des en­tre­pre­neurs de Biskra et les trans­mettre in­ces­sam­ment aux tu­telles concer­nées», a-t-il ajou­té. A no­ter que cette inau­gu­ra­tion, à la­quelle des en­tre­pre­neurs de Batna ont pris part, s’est ter­mi­née, comme il se doit, par une col­la­tion of­ferte aux in­vi­tés par les en­tre­pre­neurs de Biskra.

Les so­cié­tés lo­cales sont ap­pe­lées à faire preuve d’ef­fi­ca­ci­té

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