Ti­pa­sa : sa­tis­fe­cit et dé­non­cia­tion dans les oeuvres uni­ver­si­taires

El Watan week-end - - 7 Jours - M’ha­med H.

Le sec­teur de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur et de la re­cherche scien­ti­fique dans la wi­laya de Ti­pa­sa est pour­vu d’un mo­dule ef­fi­cace, en l’oc­cur­rence ce­lui des oeuvres uni­ver­si­taires, se­lon le DOU de Ti­pa­sa. En ef­fet, Ti­pa­sa et Ko­léa abritent, pour le mo­ment, les centres et ré­si­dences uni­ver­si­taires. Il existe à ce jour trois ré­si­dences uni­ver­si­taires à Ko­léa d’une ca­pa­ci­té glo­bale de 4500 lits et une ré­si­dence uni­ver­si­taire à Ti­pa­sa d’une ca­pa­ci­té de 2500 lits. Une ré­si­dence uni­ver­si­taire sur le site de Ko­léa d’une ca­pa­ci­té de 1000 lits est en voie de réa­li­sa­tion, tan­dis qu’une ré­si­dence uni­ver­si­taire à Ti­pa­sa d’une ca­pa­ci­té de 2000 lits est en cours de construc­tion. Se­lon le di­rec­teur des oeuvres uni­ver­si­taires de la wi­laya de Ti­pa­sa, M. Djed­di, «les ré­cep­tions des pa­villons hé­ber­ge­ment concer­nant les deux ré­si­dences en chan­tier sont pré­vues pour le mois de jan­vier 2019, sa­chez aus­si que nous hé­ber­geons deux étu­diants par chambre». Notre in­ter­lo­cu­teur af­firme que «24 bus as­surent le trans­port pour les étu­diants du centre uni­ver­si­taire de Ko­léa, et 46 bus prennent en charge nos étu­diants du chef-lieu de la wi­laya», ajoute-t-il. Le trans­port des étu­diants du CU (centre uni­ver­si­taire) de Ti­pa­sa qui ha­bitent dans les com­munes à l’ouest de Cher­chell n’est pas as­su­ré. Les lo­ca­li­tés de la daï­ra de Si­di Amar jus­qu’à celles de la daï­ra de Fou­ka sont dés­ser­vies par les bus de Tah­khout. Le DOU (di­rec­teur des oeuvres uni­ver­si­taires) de la wi­laya de Ti­pa­sa en­chaîne : «L’ou­ver­ture de deux res­tau­rants cen­traux, sur les sites de Ti­pa­sa (800 places) et de Ko­léa (800 places), à par­tir de dé­cembre est pré­vue. Ces deux res­tau­rants cen­traux s’ajoutent aux trois ré­fec­toires (2400 places) à Ko­léa et l’autre (800 places) à Ti­pa­sa.» Chaque ré­si­dence uni­ver­si­taire est do­tée d’une salle équi­pée, pour les ac­ti­vi­tés spor­tives et cultu­relles, d’une salle de lec­ture, d’une bi­blio­thèque, d’une salle in­ter­net. M. Djed­di nous confirme : «En cette se­conde dé­cade du mois de sep­tembre, nous avons dé­jà as­su­ré l’hé­ber­ge­ment pour un ef­fec­tif de 6500 étu­diants et étu­diantes à tra­vers les deux ré­si­dences uni­ver­si­taires.» «La preuve notre bâ­ti­ment ad­mi­nis­tra­tif est com­plè­te­ment dé­sert, ce­la prouve notre dis­po­ni­bi­li­té», ajoute-t-il.

EN­QUÊTE

En ré­pon­dant à notre ques­tion sur la qua­li­té et le coût des re­pas, il in­dique : «Le prix moyen de la res­tau­ra­tion est es­ti­mé à 1700 DA par étu­diant, vous pou­vez ve­nir n’im­porte quel jour pour vé­ri­fier le conte­nu de nos me­nus pro­po­sés aux étu­diants.» «Fran­che­ment, avec le bud­get al­loué, c’est lar­ge­ment suf­fi­sant, à mon avis. Néan­moins, il faut as­su­rer le sui­vi dans la ges­tion fi­nan­cière pour évi­ter les fuites. Bien en­ten­du, nous fai­sons une ex­cep­tion pour le mois de Ra­madhan au pro­fit de nos étu­diants», conclut-il. Il n’en de­meure pas moins que cer­taines voix s’élèvent pour dé­non­cer la mau­vaise ges­tion dans les oeuvres uni­ver­si­taires de Ti­pa­sa, d’au­tant plus que la dé­ci­sion re­la­tive à une en­quête au sein de cette ad­mi­nis­tra­tion tarde à être prise. Il s’agit de l’aug­men­ta­tion anor­male des mon­tants des fac­tures et de celle du nombre des me­nus qui réel­le­ment doivent être consom­més. Ces voix dé­noncent «A. Z.», com­plice du DOU, qui s’avère l’ar­chi­tecte des basses ma­noeuvres opaques dans la ges­tion des oeuvres uni­ver­si­taires. Un autre point que dé­noncent ces voix qui veulent res­ter dans l’ano­ny­mat pour ne pas être per­sé­cu­tées, il s’agit de ces femmes et homme em­ployés qui per­çoivent leurs sa­laires sans tra­vailler, dont l’une est l’épouse d’un membre du syn­di­cat. Une «connexion dou­teuse» entre l’ad­mi­nis­tra­tion des oeuvres uni­ver­si­taires et le com­mer­çant qui livre les viandes et les pro­duits ali­men­taires avait été réa­li­sée grâce au gé­nie de «A. Z.». En­fin, il y a cette ques­tion qui de­meure sans ré­ponse, se­lon ces voix, c’est l’aug­men­ta­tion des coûts du trans­port des étu­diants, qui avait été mul­ti­plié par trois, se­lon ces voix ano­nymes. Elles contestent la ma­nière avec la­quelle le lien avait été tis­sé entre le trans­por­teur Tah­khout et la di­rec­tion des oeuvres uni­ver­si­taires. Ain­si, il y a le sa­tis­fe­cit sur les ser­vices of­ferts par le DOU de Ti­pa­sa d’un cô­té et ces contes­ta­tions des voix ano­nymes sur la ma­nière dont sont gé­rées les oeuvres uni­ver­si­taires, de l’autre.

Ces lan­ceurs d’alerte donnent des ar­gu­ments, pour pro­vo­quer le lan­ce­ment d’une sé­rieuse en­quête, car il y va de l’in­té­rêt de l’étu­diant et des de­niers pu­blics. Est-ce l’omer­ta en­core au DOU de Ti­pa­sa ?

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