Ka­mel Daoud et Yas­mi­na Kha­dra iront au SILA

El Watan week-end - - 7 Jours - Nas­si­ma Ou­leb­sir

«L’Al­gé­rie c’est mon pays. La lit­té­ra­ture, c’est moi. Je suis l’écri­vain al­gé­rien le plus connu en Al­gé­rie. Et j’irai au SILA.» C’est un Yas­mi­na Kha­dra dé­ter­mi­né à ren­con­trer ses lec­teurs et à par­ti­ci­per au Sa­lon in­ter­na­tio­nal du livre d’Al­ger (SILA 2018). Il ne po­lé­mique pas, mais sur­tout il ne tient pas compte de l’«igno­rance» de toutes parts. «Per­sonne ne peut me bar­rer le che­min. J’irai en Al­gé­rie quand je veux et où je veux», di­til en ré­ponse aux or­ga­ni­sa­teurs du SILA. Lors de sa ré­cente con­fé­rence de presse et aus­si dans son en­tre­tien ac­cor­dé à El Wa­tan dans son édi­tion d’hier, Mes­saou­di Ha­mi­dou, com­mis­saire du SILA 2018, avait ex­pli­qué, à une ques­tion sur Yas­mi­na Kha­dra et les autres écri­vais al­gé­riens, que «les édi­teurs al­gé­riens se doivent d’in­vi­ter leurs au­teurs et ne pas se fo­ca­li­ser seule­ment sur l’ad­mi­nis­tra­tion du SILA. Les moyens sont tels, que cette an­née le bud­get ré­ser­vé à cette édi­tion est uni­que­ment de 60 mil­lions de di­nars, il est faible pour l’en­ver­gure du SILA». Le pro­gramme est dé­jà tra­cé pour les édi­tions Cas­bah, où édite Yas­mi­na Kha­dra. Il si­gne­ra son livre Ka­lil et autre d’ailleurs jeu­di 1er no­vembre et sa­me­di 3 no­vembre au stand Cas­bah au SILA. Le 31 oc­tobre, il se­ra à la li­brai­rie Tiers-Monde d’Al­ger- centre pour une ven­te­dé­di­cace. Et c’est la cin­quième an­née que l’écri­vain Yas­mi­na Kha­dra n’est of­fi­ciel­le­ment pas in­vi­té ; même pé­riode pour l’écri­vain Ka­mel Daoud. Peut-on par­ler de cen­sure ? Ce der­nier re­fuse toute po­lé­mique, puisque de toutes les fa­çons, il se­ra pré­sent au SILA. «Je vais être là­bas (SILA, ndlr) à l’in­vi­ta­tion de édi­tions Bar­zakh», fait-il sa­voir. Ka­mel Daoud tient à pré­ci­ser aux lec­teurs et vi­si­teurs in­té­res­sés qu’il se­ra au SILA «comme l’an der­nier». «Cet es­pace, la lit­té­ra­ture al­gé­rienne, le livre ne sont pas des es­paces d’ego, de fonc­tion­naires ap­pa­rat­chiks qui dé­cident des listes d’in­vi­tés ou d’ex­clus, des ter­ri­toires pri­va­ti­sés, mais des oc­ca­sions de ren­contres, de li­ber­té et d’en­ri­chis­se­ment. Il ne faut pas cé­der aux bu­reau­crates mi­so­gynes, ni aux com­mis­saires po­li­tiques, ni au dé­cou­ra­ge­ment. Mais ve­nir nom­breux et dé­fendre le livre, les écri­vains et nos dif­fé­rences», tient-il à dire.

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