Mé­de­cin ré­si­dents re­ca­lés : «Nous sommes la so­lu­tion à ce dé­sert mé­di­cal»

El Watan week-end - - 7 Jours - Ami­na Sem­mar

Dans le cadre d’une de­mande de ses­sion de rat­tra­page ex­cep­tion­nelle, plu­sieurs mé­de­cins spé­cia­listes re­ca­lés «dé­noncent» la dé­ci­sion du mi­nistre de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur, Ta­har Had­jar, de ne pas or­ga­ni­ser une ses­sion de rat­tra­page pour les 876 re­ca­lés de la seule et unique ses­sion d’exa­men de 2018. Ces re­ca­lés n’ont pas eu droit à une deuxième chance comme les an­nées pré­cé­dentes. Les ju­rys sont prêts et fa­vo­rables à or­ga­ni­ser un exa­men de rat­tra­page avant la fin de l’an­née 2018, mais au­cune note mi­nis­té­rielle n’a été pu­bliée pour ac­cor­der la ses­sion de rat­tra­page, se­lon ces mé­de­cins que nous avons ren­con­trés. Néan­moins, ces re­ca­lés pour­ront se pré­sen­ter à la ses­sion pro­chaine en jan­vier/fé­vrier 2019. Une telle me­sure a été dé­ci­dé afin d’évi­ter l’an­née blanche et ef­fec­ti­ve­ment il y a eu une pro­lon­ga­tion de trois mois.

GAS­PILLAGE !

Une si­tua­tion qui ne les ar­range pas, car leurs chances de pas­sage sont ré­duites. «Il y au­ra un ex­cès de can­di­dats, l’exa­men re­grou­pe­ra les étu­diants de la nou­velle pro­mo­tion et les re­ca­lés, si bien que nos chances d’ac­cep­ta­tion di­mi­nue­ront y com­pris pour les postes. Un grand pro­blème d’équi­té se pose», dé­plore Mo­ha­med, mé­de­cin gé­né­ra­liste re­ca­lé. Les mé­de­cins spé­cia­listes re­ca­lés ont dé­sor­mais re­joint les mé­de­cins dé­jà au chô­mage. Il est im­por­tant de pré­ci­ser que les chiffres of­fi­ciels des re­ca­lés dans les spé­cia­li­tés les plus sen­sibles sont 120 gy­né­co­logues, 115 anes­thé­sistes-ré­ani­ma­teurs, 120 pé­diatres, 54 or­tho­pé­distes et 40 gé­né­ra­listes. Ces mé­de­cins sont au­jourd’hui prêts à sillon­ner toutes les wi­layas s’il le faut, pour que «la po­pu­la­tion sache qu’ils sont dis­po­sés à par­tir même dans les zones en­cla­vées et re­ti­rées», ex­plique As­ma, mé­de­cin anes­thé­siste. «Nous sommes la so­lu­tion à ce dé­sert mé­di­cal», dé­clarent les mé­de­cins spé­cia­listes. Pour for­mer ces mé­de­cins, «le gou­ver­ne­ment a in­ves­ti en­vi­ron 800 000 DA par étu­diant et par an», in­dique Omar, mé­de­cin anes­thé­siste. Quel gas­pillage et si près du but ! «L’Etat masque le manque qu’il y a dans le sys­tème mé­di­cal par la pré­sence phy­sique d’un mé­de­cin dans un en­droit don­né», ren­ché­rit un autre pro­tes­ta­taire. Il ajoute : «Pour cou­vrir le manque de mé­de­cins, le mi­nis­tère de la Santé au­rait pu faire pres­sion sur le mi­nis­tère de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur afin d’y re­mé­dier.» Pour rap­pel, le di­plôme d’études mé­di­cales spé­cia­li­sées (DEMS) est une simple for­ma­li­té, car si le chef de ser­vice ne va­lide pas le stage de l’étu­diant, il ne se­ra pas en me­sure de pas­ser l’exa­men. «Il faut sa­voir qu’au­cun pays au monde ne dis­pose d’un exa­men de la sorte. Cette loi qui date de 1985 n’a ja­mais pu être abro­gée», pré­cise un des mé­de­cins spé­cia­listes.

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