Mas­ca­ra : un lourd hé­ri­tage pour Baiche Ha­mid

El Watan week-end - - 7 Jours - -Souag Ab­de­loua­hab

Le nou­veau wa­li de Mas­ca­ra, Baiche Ha­mid, est ap­pe­lé à mettre de l’ordre dans la mai­son. De nom­breux pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment sont en panne, la sa­le­té en­va­hit les villes, les fo­rêts et autres cours d’eau. L’APC est pa­ra­ly­sée, des maires et autres élus sont plus oc­cu­pés par la plan­ta­tion de pal­miers que par l’ins­tal­la­tion de ro­bi­nets dans les sa­ni­taires des écoles ; les trot­toirs oc­cu­pés, la cir­cu­la­tion anar­chique et autres maux étouffent de nom­breux ci­toyens. Mar­di 2 oc­tobre, M. Baiche a pré­si­dé sa pre­mière réunion en tant que wa­li. Il avait été wa­li dé­lé­gué de Ché­ra­ga, à l’ouest d’Al­ger, avant d’être pro­mu, le 27 sep­tembre, wa­li de Mas­ca­ra par le pré­sident de la Ré­pu­blique à la fa­veur du der­nier mou­ve­ment opé­ré dans le corps des wa­lis. «Es­pé­rons que le nou­veau chef de l’exé­cu­tif de Mas­ca­ra fe­ra bou­ger le dé­ve­lop­pe­ment dans la ré­gion. Plu­sieurs pro­jets sont en re­tard. Cer­tains n’avancent que très dif­fi­ci­le­ment no­tam­ment le pro­jet de la pé­né­trante au­to­rou­tière re­liant l’au­to­route Est-Ouest à la ville de Mas­ca­ra, le pro­jet de ré­amé­na­ge­ment et ré­ha­bi­li­ta­tion du pé­ri­mètre ir­ri­gué de la plaine de Ha­bra, des pro­jets de lo­ge­ments, le pro­jet d’hôpital de 120 lits spé­cia­li­sé en or­tho­pé­die lan­cé en 2012 et autres équi­pe­ments pu­blics en souf­france», nous a confié un re­trai­té du sec­teur du com­merce. Cô­té hy­giène pu­blique, le nou­veau wa­li a hé­ri­té d’une en­tre­prise de col­lecte des or­dures mé­na­gères (Pro­prec) dé­faillante. «L’en­tre­prise se trouve, de­puis trois ans, dans une si­tua­tion fi­nan­cière très dé­li­cate. Elle ne peut même pas as­su­rer le sa­laire de ses 1600 em­ployés. En plus, au lieu de ré­pa­rer le parc rou­lant de cette en­tre­prise pu­blique en panne, les res­pon­sables ont fait ap­pel à des en­tre­prises pri­vées, ve­nues de dif­fé­rentes wi­layas, pour prendre en charge la col­lecte des or­dures pour des sommes qua­li­fiées de co­los­sales», té­moigne une source de Pro­prec.

SOUHAITS

En outre, que fe­ra M. Baiche pour ré­soudre la crise qui pa­ra­lyse, de­puis le 18 juin, l’APC de Ti­ghen­nif ? La crise s’est dé­clen­chée, no­tons-le, après la dé­ci­sion du maire, sur ins­truc­tion de l’ex-wa­li, Leb­ka Mo­ha­med, de pro­lon­ger de contrat de lo­ca­tion du mar­ché de gros de fruits et lé­gumes de la ville à un in­ves­tis­seur sans pas­ser par voie d’ad­ju­di­ca­tion. Ce qui est sûr, c’est que le nou­veau wa­li va se re­trou­ver face à un lourd hé­ri­tage et un en­tou­rage qui fait beau­coup par­ler de lui. «M. Baiche ne pour­ra rien faire s’il n’opère pas un chan­ge­ment ra­di­cal à tous les ni­veaux et s’il ne prend pas des dé­ci­sions sans être in­fluen­cé par des tiers et avec plus de sé­ré­ni­té. Pour re­lan­cer une wi­laya à re­cu­lons, la né­ces­si­té de chan­ger les men­ta­li­tés de cer­tains de ses col­la­bo­ra­teurs s’im­pose», a in­di­qué un ci­toyen. Ain­si, des re­pré­sen­tants des as­so­cia­tions des sec­teurs de l’agri­cul­ture, de la santé et des ci­toyens es­pèrent voir les portes du wa­li ou­vertes. «L’an­née der­nière, nous avons dé­po­sé de nom­breuses de­mandes d’au­dience au wa­li, en vain», dé­plore le pré­sident d’une as­so­cia­tion d’agri­cul­teurs, qui n’a pas ca­ché son sou­hait de voir Baiche Ha­mid suivre les traces de l’an­cien wa­li de Mas­ca­ra, Ou­led Sa­lah Zi­tou­ni (du 30 sep­tembre 2010 au 22 juillet 2015). Y au­ra-t-il un chan­ge­ment ? Les jours à ve­nir nous le di­ront.

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