Nou­velles ré­vé­la­tions dans l’affaire des fi­nan­ce­ments li­byens : le fils d’El Gued­da­fi en­fonce Sar­ko­zy

El Watan week-end - - Monde - APS

Le fils de Mouam­mar El Gued­da­fi, Seïf El Is­lam, a en­fon­cé l’an­cien pré­sident Ni­co­las Sar­ko­zy dans l’affaire des fi­nan­ce­ments li­byens illé­gaux de sa cam­pagne pré­si­den­tielle de 2007, dans son té­moi­gnage à la jus­tice fran­çaise. En mars der­nier, l’an­cien pré­sident fran­çais a été mis en exa­men par la jus­tice pour «cor­rup­tion pas­sive, fi­nan­ce­ment illé­gal de cam­pagne élec­to­rale et re­cel de dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics», rap­pelle-t-on.

Dans un té­moi­gnage écrit en­voyé à la jus­tice fran­çaise, dont Mé­dia­part a eu ac­cès à l’in­té­gra­li­té du conte­nu ré­vé­lé hier, Seïf El Is­lam El Gued­da­fi, dé­te­nu ac­tuel­le­ment en Li­bye, ap­porte des éclai­rages sur les rap­ports qu’en­tre­te­nait Ni­co­las Sar­ko­zy avec l’Etat li­byen et le rôle de ce der­nier dans le fi­nan­ce­ment de sa cam­pagne élec­to­rale. C’est ain­si que le fils d’El Gued­da­fi confirme, dans son té­moi­gnage trans­mis le 10 août der­nier à la jus­tice fran­çaise par ses avo­cats, la re­mise à Claude Guéant, di­rec­teur de cam­pagne de Sar­ko­zy qui de­vien­dra par la suite le se­cré­taire gé­né­ral de la pré­si­dence de la Ré­pu­blique, d’une somme de 2,5 mil­lions d’eu­ros en es­pèces, par l’an­cien di­rec­teur de ca­bi­net du co­lo­nel El Gued­da­fi, Ba­chir Sa­leh, «afin d’abon­der la cam­pagne pré­si­den­tielle de Ni­co­las Sar­ko­zy en 2007». Claude Guéant, rap­pelle-t-on, est lui aus­si mis en exa­men pour «cor­rup­tion pas­sive», «com­pli­ci­té et re­cel de ce dé­lit», «re­cel de dé­tour­ne­ments de fonds pu­blics» et «com­pli­ci­té de fi­nan­ce­ment illé­gal de cam­pagne élec­to­rale». Seïf El Is­lam confirme le rôle-clé du Fran­co-li­ba­nais Ziad Ta­kied­dine dans le che­mi­ne­ment des fonds, la pro­messe d’une grâce d’Ab­dal­lah Se­nous­si, beau-frère de Mouam­mar El Gued­da­fi condam­né à per­pé­tui­té pour sa «par­ti­ci­pa­tion» à l’at­ten­tat du DC-10 d’UTA, et le rôle de l’avo­cat de Sar­ko­zy, Thierry Her­zog. Il a in­di­qué que des concer­ta­tions ont lieu pour «dé­blo­quer les mon­tants et sou­te­nir l’élec­tion de Sar­ko­zy, à par­tir des fonds al­loués à la po­li­tique ou aux ho­no­raires d’avo­cats dans les af­faires in­ter­na­tio­nales connues».

INSISTANCE

Il confirme éga­le­ment toutes les in­for­ma­tions con­cer­nant le rôle d’Alexandre Djouh­ri, l’in­ter­mé­diaire fran­çais proche de Do­mi­nique de Ville­pin, ac­tuel­le­ment dé­te­nu en Grande-Bre­tagne, dans les pour­par­lers d’achat des avions Air­bus par la Li­bye, évo­quant un fi­nan­ce­ment po­li­tique de l’an­cien Pre­mier mi­nistre. «Une fois les dos­siers des af­faires Lo­cker­bie et UTA clos, la Li­bye a conclu plu­sieurs contrats stra­té­giques, no­tam­ment un contrat pour l’ac­qui­si­tion d’avions Air­bus. Les ins­tances li­byennes en charge de ce contrat ont fait l’ob­jet de plu­sieurs contacts com­mer­ciaux de la part d’agents com­mer­ciaux, d’in­ter­mé­diaires com­mer­ciaux et de po­li­tiques», a-t-il té­moi­gné. «A chaque fois, Sar­ko­zy pro­po­sait avec une étrange insistance à la Li­bye d’ache­ter des avions fran­çais Ra­fale. Nous avons ap­pris par la suite que le pro­prié­taire de l’en­tre­prise Das­sault était pa­tron d’une puis­sante ins­ti­tu­tion mé­dia­tique qui était l’un des sou­tiens de Sar­ko­zy», a-t-il ajou­té. Le fils d’El Gued­da­fi a ré­vé­lé, par ailleurs, que les Qa­ta­ris ont avan­cé des fonds en sou­tien à Ni­co­las Sar­ko­zy lors de l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2007, qu’il a rem­por­tée, «en sus des sommes ré­glées dans l’affaire des in­fir­mières bul­gares ( ), à charge pour ce der­nier de four­nir le feu vert de la France au Qa­tar pour l’ac­qui­si­tion d’une part im­por­tante de la so­cié­té EADS».

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