Ah­med Be­naïs­sa dans «Frères en­ne­mis» de Da­vid Oel­hof­fen

El Watan week-end - - Scène - Pa­ris, Me­ziane Abane ma­bane@el­wa­tan.com

La sor­tie of­fi­cielle de ce film fran­çais est pré­vue le 3 oc­tobre, soit mer­cre­di der­nier, mais El Wa­tan Week-end a vu pour vous l’avant-pre­mière, à Pa­ris, le 24 sep­tembre der­nier. Re­tour sur ce th­riller qui a vu la par­ti­ci­pa­tion de quatre Al­gé­riens.

Frères En­ne­mis est l’his­toire d’une bande d’amis d’en­fance qui ont gran­di en­semble dans la même ci­té de la ban­lieue pa­ri­sienne et qui, adultes, ont pris cha­cun un che­min dif­fé­rent de l’autre. Ma­nuel (Mat­thias Schoe­naerts) et Im­ran (Adel Ben­che­rif) sont de­ve­nus ven­deurs de drogue. Driss (Re­da Ka­teb), ar­tiste fran­co-al­gé­rien, lui, est po­li­cer à la bri­gade des stu­pé­fiants. Il est, même, choi­si pour ce sec­teur d’ac­ti­vi­tés pour son ori­gine ban­lieu­sarde. Dif­fi­cile de com­prendre ce lien d’ami­tié entre ses en­fants de la ban­lieue de­puis le dé­but du film. Ce­ci n’a été pos­sible que quand Im­ran, qui s’ap­prê­tait à vendre sa car­gai­son de co­caïne en com­pa­gnie de Ma­nuel et d’un autre membre de la bande, se fait as­sas­si­ner en plein rue par des per­sonnes in­con­nues. Seul Ma­nuel est sor­ti in­demne du bra­quage. Ef­frayé et ne croyant plus que son ami in­time est dé­cé­dé, il prend la fuite et dé­cide de prendre ses dis­tance avec la ci­té. Ce­lui­là ne se cache pas long­temps fi­na­le­ment puisque des ru­meurs courent sur lui dans la ci­té, le fai­sant pas­ser pour ce­lui qui en sait quelque chose sur la mort de Im­ran ou qui est im­pli­qué dans cette affaire. Ami de la fa­mille de Im­ran dont ses deux en­fants et sa femme Mou­nia, in­car­né par la Fran­co-Al­gé­rienne Sa­bri­na Ou­za­ni, Ma­nuel dé­cide de les voir en ca­chette et jure de trou­ver l’as­sas­sin d’Im­ran et de prendre sa re­vanche. Ce­lui qui l’aide dans une pre­mière pé­riode, qui est aus­si membre de la bande des ven­deurs de drogue, n’est que la star du rap fran­çais, le Fran­co-Al­gé­rien Fian­so, de son vrai nom So­fiane Zer­ma­ni. Ce der­nier, qui par­ti­cipe dans son pre­mier film, a ma­jes­tueu­se­ment as­su­ré son rôle.

CHA­GRIN

En réa­li­té, Im­ran, iden­ti­fié et re­pé­ré par la po­lice, a ac­cep­té de col­la­bo­rer avec son ami d’en­fance Driss pour re­mon­ter toute la fi­liale de vente de drogue. En échange, Driss lui a as­su­ré d’ef­fa­cer son dos­sier et de lui épar­gner la pri­son. Sa mort l’a for­te­ment af­fec­té et l’a plon­gé dans ses sou­ve­nirs de la ci­té. Il dé­cide d’y re­ve­nir et d’an­non­cer la nou­velle de sa mort à sa femme. Mais pas que. Driss a re­vu Ma­nuel qui ne vou­lait pas le re­voir. Pour lui Driss n’est plus le même pour avoir ac­cep­té de de­ve­nir flic. Driss a convain­cu Ma­nuel de col­la­bo­rer avec lui. La po­lice le cher­chait lui aus­si, non seu­le­ment, par ce qu’il est ac­cu­sé de plu­sieurs choses mais aus­si de la mort de Im­ran. Driss sauve à plu­sieurs re­prises Ma­nuel de pri­son. Il l’a même lais­sé s’échap­per quand la po­lice a failli l’in­ter­pel­ler. Il l’a ai­dé même à re­mon­ter la piste de l’as­sas­sin jus­qu’à ce que Ma­nuel dé­couvre que c’est le par­rain des ven­deurs de drogues dans le quar­tier Ra­ji, in­car­né par le maes­tro Ah­med Be­naïs­sa, qui a as­sas­si­né Im­ran, qui est aus­si son ne­veu. Ra­ji, en sa­chant que la bri­gade des stu­pé­fiants est der­rière son dos, a dé­ci­dé de tuer Im­ran pour pré­ser­ver son bu­si­ness. Ema­nuel n’en re­ve­nait pas. Mais comme il n’a que la ven­geance dans sa tête, il n’a pas écou­té, cette fois-ci, les conseils de Driss qui lui a de­man­dé de s’en char­ger lui-même de Ra­ji et évi­ter la pri­son à Ma­nuel. Ce der­nier est en­tré par ré­frac­tion chez Ra­ji et l’as­sas­sine lui et ses hommes. Mais aus­si­tôt sor­ti, il se fait lui aus­si as­sas­si­né par un in­con­nu.

TOUR­NÉE

Driss ar­rive à la fin et vois son ami d’en­fance par terre. Ef­fon­dré, il a tout per­du. Ses amis d’en­fance, ses parents qui ne veulent plus le re­voir lui qui est long­temps par­ti sans don­ner signe de vie. Son cha­grin est pro­fond. Sur le cô­té cri­tique du film. Contrai­re­ment à ce qu’a été avan­cé par cer­tains mé­dias fran­çais, le film ne donne au­cu­ne­ment le sen­ti­ment de trai­ter des cli­chés puis­qu’il nous montre les trans­for­ma­tions des ci­tés, qui ne sont plus les ghet­tos qu’elles étaient avant. Les liens forts ex­pri­més dans ce film ne sont pas d’ordre eth­niques ou cultu­rels mais plu­tôt éco­no­miques et re­lèvent de la di­gni­té. C’est la ci­té des temps mo­dernes, où comme l’ex­plique dans une dis­cus­sion avec El Wa­tan Week-end lors la col­la­tion qui a sui­vi le film, le réa­li­sa­teur Da­vid Oel­hof­fen : «c’est le ca­pi­ta­lisme qui s’em­pare de la ci­té». Fier de sa pre­mière ap­pa­ri­tion dans le ci­né­ma, Fian­so sou­haite vrai­ment que son film passe en Al­gé­rie. Il faut dire que le réa­li­sa­teur comme le pro­duc­teur du film, Marc du Pon­ta­vice, ont une chance, se­lon les échos, s’ils sou­haitent réel­le­ment le dif­fu­ser en Al­gé­rie du­rant le fes­ti­val du film en­ga­gé d’Al­ger pré­vu pour dé­cembre. «Je sou­haite vrai­ment qu’il se­ra dif­fu­sé en Al­gé­rie. Je don­ne­rai tout pour ça», es­père Fian­so. Par­mi les in­vi­tés ve­nus as­sis­ter au film, on re­trouve le jeune en­fant de Staoue­li, Sool­king, de son vrai nom, Fouad, ve­nu voir le film de son ami Fian­so, qui est aus­si son pro­duc­teur. Sool­king nous af­firme qu’il est très pos­sible dans le voir dans les mois pro­chains à Al­ger où une tour­née et un grand pu­blic l’at­tendent de­puis quelques mois.

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