Le com­plexe du pou­voir et son cy­nisme sont dé­sor­mais très an­crés dans les men­ta­li­tés

Il est l’au­teur du ro­man La Faille, Edi­tions à pa­raître aux édi­tions L’Har­mat­tan. Il s’agit de son pre­mier ro­man.

El Watan week-end - - Idées - Na­dir Id­dir na­dir­che­rif2@gmail.com

#Votre pre­mier ro­man La Faille, qui se­ra prêt pour le SILA, ra­conte l’his­toire d’un tau­lard, éva­dé de pri­son, et qui est pris dans l’en­gre­nage d’un pays en crise. Pour­quoi un tel choix ? «Ecrire pour sor­tir de l’en­fer» di­sait Ar­taud. A l’image du hé­ros du ro­man, j’ai choi­si de m’at­ta­quer à cette fiction pour voir au-de­là des murs de l’im­mense pri­son qui nous en­toure. Au sens mé­ta­pho­rique, cette «pri­son» c’est l’en­nui quo­ti­dien, l’exil in­té­rieur, l’ab­sence de pers­pec­tives, la mal-vie qui sclé­rosent notre jeune et beau pays. Doit-on rap­pe­ler éga­le­ment que, chez nous, nul n’est à l’abri d’une «em­brouille» ou d’un abus de pou­voir pour se re­trou­ver illi­co-pres­to en pri­son ? Certes, on n’a pas les chiffres, mais des innocents et de faux cou­pables en dé­ten­tion, il doit y en avoir cer­tai­ne­ment. In­car­cé­ré sous de fausses al­lé­ga­tions, notre tau­lard n’au­ra d’autre is­sue que de s’éva­der à la pre­mière oc­ca­sion. Il en­tre­prend alors sa ca­vale presque par déses­poir…

# La vio­lence est om­ni­pré­sente dans le texte. L’his­toire na­tio­nale de ces der­nières an­nées im­prègne les faits et gestes des per­son­nages, sur­tout, le hé­ros, qui «va faire une ren­contre sur­pre­nante, une de celle qui change un des­tin». La vio­lence est par­tout ! C’est une ten­dance mor­bide qui s’est ins­tal­lée dans la so­cié­té. D’un cô­té, on use et on abuse de la vio­lence lé­gale pour gar­der le pou­voir, et de l’autre, on dé­nonce les in­jus­tices et les dé­rives des élites tout en as­pi­rant se­crè­te­ment à en faire par­tie. Le com­plexe du pou­voir et son cy­nisme sont dé­sor­mais très an­crés dans les men­ta­li­tés. Et là aus­si, le ma­laise so­cial et les in­ti­mi­da­tions en tous genres échap­pe­ront aux sta­tis­tiques. Mal­gré ses ra­vages, la vio­lence, ce mal in­si­dieux et mul­ti­forme, ne consti­tue pas en­core une réelle pré­oc­cu­pa­tion. Comme si on vou­lait don­ner rai­son à tous ceux qui pré­tendent, ici et là, que la vio­lence est «cultu­relle», voire in­née chez nous. Ce­la dit, vous convien­drez avec moi que nous vi­vons vé­ri­ta­ble­ment dans un pays dan­ge­reux. Les ex­perts doivent d’ailleurs nous éclai­rer sur les causes de ce phé­no­mène. Est-ce un ré­si­du du ter­ro­risme ou la consé­quence des agres­sions co­lo­niales ? Ou est-ce les deux ? Pour ma part, je me re­fuse à l’idée qu’on soit mal-nés. On est des êtres hu­mains comme les autres avec tout ce que ce­la com­porte comme bê­tise hu­maine. # Il y a des pas­sages sur le football. C’est l’oc­ca­sion pour le nar­ra­teur de s’in­ter­ro­ger sur cette autre religion qui fas­cine l’un des per­son­nages, Kad­dour CRB, mais aus­si, vous en convien­drez, tous les Al­gé­riens. Vous ne man­quez pas l’oc­ca­sion d’étriller les fans de ce sport. Pour­quoi ? Sur­tout ne dites pas ça ! Vous al­lez me mettre à dos le monde en­tier. Je les aime bien moi les sup­por­ters de foot ! (rires). Même s’ils ne vous connaissent pas, ils en­gagent vo­lon­tiers avec vous la conver­sa­tion sur le match de la veille ou ce­lui à ve­nir. Avant, on par­lait de la pluie et du beau temps, au­jourd’hui, c’est le foot. C’est d’une ba­na­li­té in­sup­por­table. Le pire néan­moins est que lorsque l’on parle foot, l’ombre de la «chka­ra» n’est ja­mais loin. Celle du pou­voir po­li­tique aus­si. La vio­lence n’est pas en reste : les jours de grands matchs comme par exemple les der­bies, mêmes ceux qui tirent les fi­celles sont sur le qui-vive et craignent les dé­bor­de­ments. Les in­ci­dents en marge des ren­contres de foot sont de­ve­nus si cou­rants que le dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té est qua­si­ment, à chaque fois, an­ti-in­sur­rec­tion­nel. La ville est alors en état de siège. Cette si­tua­tion, un vé­ri­table psy­cho­drame s’il en est, montre à quel point les «foo­teux» peuvent être ma­ni­pu­lables à sou­hait…

# L’in­fluence du jour­na­lisme est là. L’écri­ture est im­pré­gnée du style propre au mé­tier que vous conti­nuez à exer­cer… Vous sa­vez, quand un jour­na­liste, ha­bi­tué à cou­vrir l’ac­tua­li­té, dé­cide d’écrire un ro­man, il ne peut dès lors que prendre du re­cul, de la dis­tance, si­non de la hau­teur. Ce­la n’est pas tou­jours fa­cile, du reste. La réa­li­té à la­quelle vous vous consa­crez quo­ti­dien­ne­ment fi­nit par vous rat­tra­per au dé­tour d’une phrase, une al­lé­go­rie. Vous avez beau vou­loir y échap­per, la réa­li­té s’in­si­nue tou­jours dans vos mots et vos per­son­nages. Pour un pre­mier ro­man, on va dire que c’est une fiction très ins­pi­rée de la réa­li­té. Il ne pou­vait en être au­tre­ment.

# D’autres pro­jets en vue ? Je tra­vaille sur un texte théâ­tral au­tour d’une ren­contre im­pro­bable entre Saint Au­gus­tin et l’Emir Ab­del­ka­der. L’idée est de réunir mal­gré le temps qui les sé­pare et qui nous sé­pare, ces deux fi­gures de l’his­toire al­gé­rienne aux uni­vers de prime abord dif­fé­rents mais en réa­li­té pas si éloi­gnés. En ef­fet, ces deux in­tel­li­gences hu­maines, éclai­rées par la foi, au ha­sard d’une ren­contre, qu’au­raient-ils pu se dire ? Cette pro­duc­tion se pro­pose de re­don­ner vie aux deux cé­lèbres per­son­nages au cours d’une conver­sa­tion fi­dèle à leurs pen­sées res­pec­tives. Le texte, qui doit pui­ser sa sub­stance dans les ci­ta­tions des deux au­teurs est des­ti­né à être théâ­tra­li­sé et d’en faire un spec­tacle vi­vant.

Une fi­nale de Coupe d’Eu­rope n’a rien d’anec­do­tique dans un pays où le foot est une deuxième religion. De­hors, la terre cesse de tour­ner. En pri­son, le temps s’ar­rête. Seul le bal­lon a le droit de vi­re­vol­ter. Cette pause, si at­ten­due, per­met aux dé­te­nus de s’éva­der, peu ou prou, de leurs pé­nibles condi­tions de dé­ten­tion. Il faut dire qu’un but de foot au gnouf, ce­la vous pul­vé­rise l’ho­ri­zon. Ça réus­sit à vous rendre heu­reux dans la mi­sère ! Non seu­le­ment ça vient rompre l’or­di­naire mais ce­la donne du rêve à ceux qui n’en ont plus. Dans l’An­ti­qui­té, c’était, pa­raît-il, les jeux du cirque qui fai­saient ou­blier au bon peuple - comme au mau­vais ses en­nuis du quo­ti­dien. Dé­ci­dé­ment, il flotte au­tour de ce match comme un par­fum d’ir­ra­tion­nel. On parle d’une fi­nale de Ligue des clubs cham­pions d’Eu­rope op­po­sant le F.C. Bar­ce­lone au Bayern Le­ver­ku­sen. Un duel épique do­mi­né par un cer­tain Mes­si qui fait fi­gure de de­mi-dieu. Sur ce point pré­cis, du foot et de la religion, beau­coup dé­plore ici que ce Mes­si(e)-là ne se soit pas conver­ti à l’is­lam «triom­phant». D’ailleurs, avant chaque match, l’équipe fa­vo­rite à sou­te­nir est soi­gneu­se­ment choi­sie au nombre de mu­sul­mans qu’elle com­porte. Nous voi­là re­ve­nus à l’ère des croi­sades : il s’agit bien de vaincre des in­fi­dèles. Bref, pour moi, Mes­si, ce sor­cier du bal­lon rond n’est que le re­flet d’une ul­time illu­sion, un faux pro­phète, une fausse idole quoi ! On ne va, tout de même, pas consi­dé­rer le foot comme une vraie religion ! Mais si, Mes­si, … Non, mais puis quoi en­core ? En ces temps de dé­rai­son, est-il en­core rai­son­nable de se po­ser ce genre de ques­tions ? Certes, je m’in­ter­roge sou­vent sur cet en­goue­ment pla­né­taire, ce ca­rac­tère oe­cu­mé­nique qui me fas­cine étran­ge­ment. Com­ment ex­pli­quer une telle dé­vo­tion ? D’où vient cette ju­bi­la­tion ? D’où vient cette fer­veur ? D’où vient ce pou­voir ? Quelle en est sa pro­fonde si­gni­fi­ca­tion ? On pré­tend que c’est la «religion» qui se dé­ve­loppe le plus au monde. C’est aus­si celle qui exige, en tous cas, le moins de pra­tique mis à part le ri­tuel ca­tho­dique. Ain­si, au lieu de s’es­sayer au jog­ging, au tir ou au dribble, la plu­part de ses ouailles pré­fèrent re­gar­der, vau­trés sur un di­van et gri­gno­tant de­vant un écran, d’autres cou­rir der­rière un bal­lon. Ce qui est, du reste, très mau­vais pour la santé. En­fin, fran­che­ment, moi, quand je re­garde un match de foot, j’ai comme l’im­pres­sion de sou­te­nir une or­ga­ni­sa­tion cri­mi­nelle. C’est plus fort que moi ! A mes yeux, il s’agit d’une com­pé­ti­tion qui tente de jus­ti­fier la vio­lence dou­blée d’une vaste en­tre­prise d’abru­tis­se­ment. Je suis convain­cu que ce bal­lon-là ne tourne pas rond. Je n’ai pas at­ten­du les scan­dales re­ten­tis­sants pour sa­voir que der­rière le di­ver­tis­se­ment, il y a beau­coup de ma­ni­pu­la­tion, du fric, de la po­li­tique, de la cor­rup­tion, de la pu­bli­ci­té, des matchs tru­qués, du blan­chi­ment d’ar­gent, du do­page, des sa­laires in­dé­cents… Et que sais-je en­core ? Tant pis si l’on conclu­ra que je suis un par­ti­san de la théo­rie du com­plot et qu’il m’au­rait été dif­fi­cile, dans mon cas, de ne pas connaître dans ce pays – où l’in­trigue est éri­gée en mode de ges­tion - les tristes murs de ses pri­sons. Du foot, dont tout le monde est fou, moi, je m’en fous roya­le­ment. Non, je n’aime pas le foot. Alors-là, vrai­ment pas ! C’est, di­sons, un su­jet un peu trop... cou­ru pour moi, une grosse arnaque. C’est pour­quoi, je n’ar­rive pas à choi­sir un camp et en­dos­ser un maillot qui n’est pas le mien. Je re­fuse de de­ve­nir, à mon tour, un ar­dent sup­por­ter. On m’en fait sou­vent le re­proche, comme pour un tas d’autres su­jets d’ailleurs. De­puis tout pe­tit dé­jà, on a tou­jours vou­lu m’em­pê­cher de prendre les che­mins de tra­verse. On m’a sou­vent re­fu­sé d’al­ler vivre ma vie où bon me semble. La preuve : au­jourd’hui, je suis sous les ver­rous ! Rien à foot du foot. Je n’en ai que faire, moi, des passes ma­giques, des joueurs my­thiques, des tirs fa­bu­leux et autres dribbles lé­gen­daires. Mon manque d’in­té­rêt me re­lègue, et j’en suis conscient, en deux temps, trois mou­ve­ments, au rang de mar­gi­nal. De toute ma­nière, je ne cherche ja­mais à faire comme les autres uni­que­ment pour être ac­cep­té. Et s’il était écrit que la pri­son s’im­po­se­rait à moi comme une évi­dence, j’as­sume, au­jourd’hui, cette sup­po­sée dé­viance. C’est pour­quoi, je ne cache ja­mais mon dé­dain pour le sport-roi. En fait, le seul in­té­rêt que je peux prê­ter au foot et au fou­tu fou­toir qu’on en fait au­tour est que «n’im­porte qui» peut de­ve­nir très vite «quel­qu’un». En ce­la, le sport reste de­puis tou­jours, un as­sez bon «as­cen­seur so­cial» même si l’échelle des va­leurs va­rie d’une discipline à l’autre, d’une équipe à l’autre, d’une époque à l’autre. Il n’y a qu’à voir par exemple ces com­men­ta­teurs in­cultes qui, l’air de rien, se donnent l’air de vrais spé­cia­listes. Pour­tant des connais­seurs, des vrais, moi, j’en connais ! Comme mon ami, Kad­dour, mon com­pa­gnon d’in­for­tune, mon com­père de «gour­bi» pour qui j’ai beau­coup d’ad­mi­ra­tion. Le foot coule dans ses veines. Pour lui, c’est beau­coup plus que du sport : c’est une ma­nière de vivre, une vé­ri­table quête. Sans le foot, sa vie n’au­rait plus de sens. Il res­pire le foot. Quand il en parle, on di­rait qu’il s’agit d’un «pro­jet de so­cié­té». C’est tou­jours un beau pro­gramme. A trop l’écou­ter, il me fe­rait presque ai­mer le foot. Et quand il n’en parle pas, pour se dé­tendre un peu, Kad­dour lit ou feuillette, plus exac­te­ment, la presse spor­tive (pour ne pas dire foo­teuse). Il re­con­naît néan­moins que s’in­té­res­ser avec au­tant d’as­si­dui­té au football ne fait pas de lui un bon tech­ni­cien, un as du bal­lon du rond. S’il fait fi­gure réel­le­ment ici d’avant-centre, en po­si­tion of­fen­sive ou comme un ex­cellent me­neur de jeu, un bon mi­lieu de ter­rain, il n’en avoue pas moins qu’en tant que joueur, lui-même, il est plu­tôt un piètre foot­bal­leur. Et s’il ne joue d’au­cun ins­tru­ment, Kad­dour n’est pas moins consi­dé­ré ici comme un bon mu­si­cien, un vir­tuose. Avec sa car­rure im­po­sante, on pour­rait lui de­vi­ner un pas­sé spor­tif. Il est grand et ath­lé­tique. Il a le phy­sique de Zi­ne­dine Zi­dane mais en moins dé­gar­ni. Avec son men­ton vo­lon­taire, son vi­sage éma­cié, ses yeux noirs et ses che­veux lis­sés en ar­rière, il a le re­gard in­quiet d’un per­son­nage tout droit sor­ti d’un th­riller ou tout au moins de la tête d’un scé­na­riste bien ins­pi­ré. Mal­gré ses an­nées de dé­fonce et de vie tour­men­tée, ce qua­dra­gé­naire, tou­jours bien mis de sa per­sonne, a plu­tôt la forme. Il s’en­tre­tient, d’ailleurs, chaque ma­tin, par des exer­cices de mus­cu­la­tion. Fi­gure des stades de la ca­pi­tale, il est con­nu pour être un sup­por­ter achar­né du CRB. L’at­ta­che­ment qu’il voue à son club re­lève d’un vé­ri­table code d’hon­neur. Sa loyau­té lui vaut l’es­time de tous. Tout le monde l’ap­pelle ici

Kad­dour CRB. Con­nu pour être un «sage du football» avec tout ce que ce­la com­porte comme amour du beau jeu et de fair-play,

Kad­dour CRB n’en est pas, mal­gré ce­la, un ba­gar­reur pug­nace qui ne fait ja­mais dans la den­telle, un ba­rou­deur qui n’est pas ici pour beur­rer des tar­tines ni pour s’amu­ser à des ba­tailles de po­lo­chons. Se battre, c’est sa ma­nière à lui, de s’in­di­gner et de s’af­fir­mer. Un vrai sa­cer­doce dont il s’ac­quitte re­mar­qua­ble­ment. J’en­vie même par­fois le na­tu­rel avec le­quel il exerce son art, un bou­lot, au de­meu­rant, très pre­nant. Je re­con­nais sou­vent le bien-fon­dé et la per­ti­nence de ses in­ter­ven­tions et sur­tout leur re­dou­table ef­fi­ca­ci­té que je sa­lue du reste fré­quem­ment. Sa co­lère me pa­raît tou­jours jus­ti­fiée, évi­dente, lim­pide. C’est tou­jours pour la bonne cause ! En réa­li­té, Kad­dour CRB n’est pas une tête brû­lée, il est juste un peu «bor­der line», comme di­rait un ami fran­çais. Il n’est ni agres­sif, ni que­rel­leur, ni même co­lé­rique. Seu­le­ment face à la ho­gra, Kad­dour voit rouge et son sang ne fait qu’un tour. Ce se­rait donc ses vais­seaux san­guins qui, par­fois, trop sol­li­ci­tés, le conduisent à ces si­tua­tions ex­trêmes. Pour se dé­fendre d’être quel­qu’un de violent, il as­sure sim­ple­ment qu’il ne sup­porte pas la mé­chan­ce­té gra­tuite et ceux qui s’en prennent aux plus faibles. Il se sent, dit-il, à chaque fois, ou­tra­gé. Ce qui est, concé­dons-le, fort ac­cep­table. Et dès qu’il prend ce­la comme un af­front per­son­nel, alors, ni une ni deux, il se rue sur le ma­lo­tru. (…)

a exer­cé tout d’abord dans le sec­teur pu­blic éco­no­mique pour en­ta­mer dès les an­nées 90, une car­rière de gran­dre­por­ter dans la presse écrite al­gé­rienne. Après avoir si­gné son pre­mier ro­man, ce na­tif d’An­na­ba, dans l’Est al­gé­rien est tou­jours jour­na­liste.

Newspapers in French

Newspapers from Algeria

© PressReader. All rights reserved.