DANS LES COU­LISSES DE V

El Watan week-end - - Cqfd - So­fia Oua­hib

en­dre­di der­nier. Il est un peu plus de mi­di. Une pa­tiente, la ving­taine, ar­rive aux ur­gences de l’hô­pi­tal Mus­ta­pha Pa­cha. Dans la ma­ti­née, elle avait fait un ma­laise. Aux ur­gences car­dio­lo­gie, on l’in­forme qu’elle doit préa­la­ble­ment pas­ser chez le gé­né­ra­liste et c’est à lui de l’orien­ter vers le ser­vice adé­quat. Ré­cit de la ma­lade : «Je me di­rige alors vers les ur­gences. 45 mi­nutes plus tard, mon tour ar­rive en­fin. J’étais agréa­ble­ment sur­prise par le mé­de­cin as­su­rant la garde. Elle était à l’écoute et sur­tout très hu­maine. N’ayant pas le ma­té­riel né­ces­saire, elle m’oriente vers les ur­gences de car­dio­lo­gie avec men­tion de faire un ECG.» La pa­tiente se di­rige alors vers ce ser­vice. Sur place, le mé­de­cin lui si­gni­fie clai­re­ment son re­fus d’ef­fec­tuer l’élec­tro­car­dio­gramme. «Elle m’a clai­re­ment dit qu’elle re­fu­sait de le faire, car ce­ci n’est pas son tra­vail, mais ce­lui du tech­ni­cien, qui était ab­sent. Puis, elle a évo­qué qu’il n’y avait pas suf­fi­sam­ment de pa­pier dans l’ap­pa­reil et si par mal­heur, une ur­gence sur­vient la nuit, ils se­ront dans l’in­ca­pa­ci­té d’ef­fec­tuer un ECG», ré­vèle la pa­tiente, tou­jours cho­quée. «Je me rap­pelle être res­tée calme au dé­part, car je ne réa­li­sais pas ce qu’elle me di­sait. Puis la co­lère s’est em­pa­rée de moi. J’ai es­sayé de lui ex­pli­quer que j’avais fait un ma­laise le ma­tin même et qu’elle avait de­vant elle une ur­gence. Elle n’a rien vou­lu en­tendre et m’a pro­po­sé de me plaindre au­près de ses res­pon­sables, si je le sou­hai­tais», ra­conte-t-elle en­core. La pa­tiente confie que c’est grâce à un mé­de­cin du ser­vice de ré­ani­ma­tion qu’elle a pu avoir son

ECG : «Elle m’a en­ten­du crier. J’étais hors de moi. Pour me cal­mer, elle m’a gen­ti­ment pro­po­sé de me le faire dans son ser­vice, or, elle n’était pas obli­gée.» Exa­men en main, la pa­tiente avoue qu’elle n’a pas pu re­tour­ner voir le car­dio­logue qui l’a «gen­ti­ment» en­voyé ba­la­der en re­fu­sant d’ef­fec­tuer un exa­men pour­tant im­por­tant, vu l’ur­gence de la si­tua­tion. «La res­pon­sable des gardes m’a conseillé de re­tour­ner voir le mé­de­cin et si elle re­fuse de m’aus­cul­ter, il y au­ra sanc­tions. Ce que j’ai ca­té­go­ri­que­ment re­fu­sé, vu le trai­te­ment que j’ai eu. Je lui ai clai­re­ment fait com­prendre que si je de­vais mou­rir le soir-même, je n’irai ja­mais la voir, car pour moi, elle n’était pas mé­de­cin», conclut la pa­tiente.

Des ur­gences mé­di­cales, di­tes­vous ?

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