Bill Con­don mène la danse des Dream­girls

PA­RIS L’Amé­ri­cain Bill Con­don, 51 ans, est un scé­na­riste dans l’âme, mais un scé­na­riste qui veut im­po­ser sa vi­sion. C’est la rai­son pour la­quelle il s’est mis à la réa­li­sa­tion. Avec l’Os­car du meilleur scé­na­rio d’adap­ta­tion et les autres no­mi­na­tions de ‘G

Metro (French Edition) - - Movie - Ch­ris Craps

Quand on re­garde l’his­toire des co­mé­dies mu­si­cales au ci­né­ma, ilya­la­pé­rio­deRo­bertWi­se­dans les an­nées 60 et le triomphe de Bob Fosse dans les an­nées 70. ‘Chi­ca­go’ re­monte clai­re­ment à l’époque Fosse. Mais où si­tue­riez-vous ‘Dream­girls’, mon­sieur Con­don? Bill Con­don:

«A mon avis, dans la tra­di­tion de la der­nière époque des­backs­ta­ge­mu­si­cals­de­san­nées 50, juste avant l’époque de Ro­bert Wise. On y a at­teint des som­mets avec ‘A Star is Born’, ‘Love me or Leave me’ et ‘Fun­ny Face’, par exemple. Et c’était l’époque de réa­li­sa­teurs comme Stan­ley Do­nen, Charles Wal­ters et Vin­cente Min­nel­li. Ce sont des ci­néastes quej’ad­mi­rais­quandj’étais­jeune. Ils avaient une ap­proche ‘backs­tage’ très clas­sique sur le plan des cou­leurs et de la ca­mé­ra et il y avait tou­jours une veine sombre à tra­vers l’his­toire, bien qu’il s’agis­sait tout de même da­van­tage d’une pré­sen­ta­tion ro­man­tique du show-biz que d’une ra­dio­sco­pie cy­nique comme chez Fosse.»

Vous par­lez de ‘A Star is Born’. L’his­toire de ‘Dream­girls’ y res­sem­bleun­peu…

«Ab­so­lu­ment. Il y a d’ailleurs dans ‘Dream­girls’ des clins d’oeil à ‘A Star is Born’. Et tout le concept fait pen­ser à ‘A Star is Born’. C’est très donc clai­re­ment avec une tra­di­tion de ces 35 der­nières an­nées. Car quel­qu’un m’a dit que toutes les­co­mé­dies­mu­si­ca­les­de­puis‘Ca­ba­ret’ se passent tou­jours en Al­le­magne ou, du moins, dans une Al­le­magne sym­bo­lique. Il est clair que ‘Dream­girls’ ne se si­tue pas cette tra­di­tion de dé­cons­truc­tion. rouge et l’or, que dans le noir et le brun.»

Cer­taines per­sonnes pensent Ber­ry Gor­dy. Ont-elles rai­son?

- té­ra­le­ment de Ber­ry Gor­dy. Mais je pense ce­pen­dant qu’il est clair que toute l’his­toire est ins­pi­rée du­phé­no­mè­neMo­town.EtGor­dy était le per­son­nage cen­tral de Mo­town. Je peux donc par­fai­te­ment com­prendre que des gens font le rap­port avec lui.»

Com­ment­se­fait-il­qu’iln’ya­pas eu de co­mé­dies mu­si­cales comme ‘Dream­girls’ ou ‘Chi­ca­go’ dans les an­nées 80 et 90?

«Les stu­dios ne vou­laient pas faire - ment.C’est­la­rai­son­pour­la­quelle, en tant que scé­na­riste, j’ai cou­ru après ‘Chi­ca­go’ lorsque j’ai ap­pris qu’il y avait un in­té­rêt pour une ver­sion ci­né­ma. Je voyais quelque chose dans le do­maine de la co­mé­die mu­si­cale. Eh bien, grâce au suc­cès de ‘Chi­ca­go’ ET de ‘Mou­lin Rouge’, la porte s’est rou­verte pour les co­mé­dies mu­si- cales. Au­jourd’hui, on fait da­van­tage de co­mé­dies mu­si­cales qu’à n’im­porte quel mo­ment de­puis les an­nées 70. Si vous vou­liez faire une co­mé­die mu­si­cale à l’époque, d’ani­ma­tion.»

Quelle est votre phi­lo­so­phie à pro­pos du dé­cou­page des sé­quences de danse? Peut-on dé­cou­pe­ru­ne­danse?

«Je com­prends toute la po­lé­mique. Dans cer­taines scènes de ‘Chi­ca­go’, que je n’ai donc pas mis en scène moi-même, j’avais par­fois des pro­blèmes par rap­port àce­la.Car­des­gen­sont­dit­quel’on avait­cou­péu­ne­dan­se­pour­ca­cher les im­per­fec­tions ou l’in­com­pé­tence. Mais c’est ab­surde. Re­née Zell­we­ger et Ca­the­rine Ze­ta-Jones au­raient pu pré­sen­ter le spec­tacle à Broad­way, après les ré­pé­ti­tions de faire ‘en live’ chaque nu­mé­ro j’ai moi-même vé­cu le pro­ces­sus de la mise en scène, je réa­lise que le rythme du mon­tage est très im­por­tant. Per­son­nel­le­ment, je trouve qu’il faut mon­trer les dan­seurs des pieds à la tête. Ou du moins le plus pos­sible. Mais, con­trai­re­ment à ‘Chi­ca­go’, tout ne tourne pas au­tour de ‘la danse’ dans‘Dream­girls’.C’est­pa­reillorsque ‘Dream­girls’ était en­core une co­mé­die mu­si­cale de scène. Les - nent sur­tout des mou­ve­ments de ca­mé­ra au­tour des ac­teurs sur le pla­teau. C’est donc de la danse peu de cho­ré­gra­phie.»

Beyoncé joue le rôle de ‘Dia­na de­vient la star. N’était-ce pas un rôle à risque pour Beyoncé?

«Très cer­tai­ne­ment. Beyoncé es­saye pen­dant toute la du­rée d’un n’est pas aus­si beau et spé­cial et plan. Je trouve dom­mage que cer­taines per­sonnes uti­lisent le tour de force de Jen­ni­fer pour mi­ni­mi­ser la per­for­mance de Beyoncé. Beyoncé joue le rôle exac­te­ment comme il faut. C’est un rôle qui ac­ca­pare moins l’at­ten­tion, mais c’est tout de même un très beau rôle. Mais comme les gens veulent tout voir en termes de com­pé­ti­tion, ce­la leur échappe.»

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