Les ser­vices pu­blics sont les « big ones » du re­cru­te­ment

Chez Me­tro, on les ap­pelle les « big ones ». Pour­quoi ? Tout sim­ple­ment parce que ce sont les plus im­por­tants re­cru­teurs du pays. Nous vou­lons par­ler des ser­vices pu­blics. L’époque des fonc­tion­naires ri­vés à une chaise du­rant leurs qua­rante an­nées de carr

Metro (French Edition) - - Débat Big Ones -

Les ser­vices pu­blics sont les plus grands re­cru­teurs du pays, mais pour quelles fonc­tions re­cru­tez-vous au­jourd’hui ? S’agit-il de fonc­tions tra­di­tion­nel­le­ment liées à votre ‘core bu­si­ness’ ou avez-vous éga­le­ment d’autres be­soins ?

Mi­reille Pro­tin (SNCB Hol­ding):

Les be­soins en re­cru­te­ment du groupe SNCB sont es­ti­més à 2.000 per­sonnes sup­plé­men­taires en 2007. Ils sont es­sen­tiel­le­ment liés à ses mis­sions de base. Nous avons be­soin de conduc­teurs de trains, de conduc­teurs de ma­noeuvres, de sous-chefs de gare, de tech­ni­ciens, d’agents d’ac­cueil, de per­son­nel d’ac­com­pa­gne­ment des trains. Mais nous re­cher­chons aus­si du per­son­nel ad­mi­nis­tra­tif et des res­pon­sables in­for­ma­tiques avec des pro des conseillers ju­ri­diques. Bref, c’est un large éven­tail.

Lieve Ro­haert (STIB):

Nous en­ga­ge­rons cette an­née en­vi­ron 250 chauf­feurs de bus. Cette em­bauche est no­tam­ment liée à la créa­tion d’un ré­seau de nuit en avril pro­chain. Nous avons en­re­gis­tré de nom­breuses can­di­da­tures lors des ‘job days’ que nous avons or­ga­ni­sés en jan­vier. A cô­té de ce­la, nous cher­chons en­core une soixan­taine de chauf­feurs de trams, mais aus­si des po­seurs de voies et des peintres, car nous sommes en train de chan­ger les cou­leurs de tout notre char­roi. Par­mi les autres nous vou­lons éga­le­ment em­bau­cher des spé­cia­listes en IT, des in­gé­nieurs in­dus­triels, des - mer­cial, des mé­ca­ni­ciens, des tech­ni­ciens, etc. La fonc­tion de tech­ni­cien est réel­le­ment une fonc­tion cri­tique à Bruxelles. Au to­tal, nous en­ga­ge­rons en­vi­ron 500 per­sonnes en 2007.

Alain Goer­gen (Po­lice):

Il y a ac­tuel­le­ment 47.000 per­sonnes qui tra­vaillent à la po­lice. Comme dans beau­coup de ser­vices py­ra­mide des âges pour consta­ter que de nom­breux dé­parts sont pro­gram­més dans les pro­chaines an­nées. Nous avons en- ga­gé 2.200 per­sonnes en 2006 et l’an­née 2007 se­ra dans la même veine. Nous em­bau­che­rons en­vi­ron 1.300 po­li­ciers, dont la grosse ma­jo­ri­té se­ront des ins­pec­teurs. Ils de­vront au mi­ni­mum avoir ache­vé leurs hu­ma­ni­tés su­pé­rieures. Des comp­tables et des in­for­ma­ti­ciens in­té­gre­ront éga­le­ment le cadre moyen spé­cia­li­sé, avec une fonc­tion de management à la clé. Pour les non po­li­ciers, nous pré­voyons en­vi­ron 900 en­ga­ge­ments, pour dif­fé­rentes fonc­tions. La liste est nous re­cher­chons ac­tuel­le­ment, avec l’aide du Se­lor, des mal voyants pour tra­vailler en chambre d’écoute, ain­si que du per­son­nel pour nos la­bo­ra­toires

Pe­ter Scheur­we­gen (Dé­fense):

Je vous épargne la liste des pro est fort va­riée. Nous en­ga­ge­rons 1.466 mi­li­taires en 2007, aux­quels il faut ajou­ter 70 ci­vils et en­vi­ron 300 mi­li­taires de ré­serve. Ces der­niers sont des spé­cia­listes qui sont dis­po­sés à ve­nir exer­cer leurs com­pé­tences pen­dant une cer­taine pé­riode à la dé­fense. Je pense par exemple à des ma­çons ou des mé­de­cins, qui peuvent ve­nir don­ner un coup de mains tem­po­raire aux - tion hu­ma­ni­taire.

Cin­dy De­waele (Se­lor):

Nous cher­chons sou­vent des pro l’ar­chi­tecte au géo­graphe et du te­nan­cier de res­tau­rant au jar­di pro­chai­ne­ment une vaste cam­pagne de re­cru­te­ment de mé­de­cins. Le be­soin de mé­de­cins au sein du sec­teur pu­blic est pres­sant, mais les mé­de­cins qui en­vi­sagent de tra­vailler pour le sec­teur pu­blic ne sont pas as­sez nom­breux. Nous vou­lons chan­ger les choses.

Les pro­cé­dures de re­cru­te­ment et de sé­lec­tion des ser­vices pu­blics ont par­fois la ré­pu­ta­tion d’être longues et ré­bar­ba­tives. A quoi doivent s’at­tendre les can­di­dats qui viennent frap­per à votre porte ?

Cin­dy De­waele (Se­lor):

C’est vrai que nous ne pou­vons pas dire du jour au len­de­main à un bon can­di­dat qu’il est em­bau­ché dans un ser­vice pu­blic. Il y a tou­jours des dé­lais et des étapes

à res­pec­ter. Mais ce­la ga­ran­tit au can­di­dat qu’il au­ra la pos­si­bi­li­té de dé­mon­trer ses com­pé­tences. Tous ceux qui ré­pondent aux condi­tions peuvent mon­trer ce qu’ils valent, qu’ils soient 10.000 comme pour une ré­cente sé­lec­tion d’agents pé­ni­ten­tiaires, ou qu’ils ne soient que cinq !

La pro­cé­dure est-elle plus ob­jec­tive que dans le pri­vé ?

Cin­dy De­waele (Se­lor) :

Tout le monde est cer­tain d’être trai­té de la même ma­nière. J’es­père en tout cas que l’on est aus­si ob­jec­tif dans le pri­vé !

Pe­ter Scheur­we­gen (Dé­fense):

A la Dé­fense, le per­son­nel ci­vil est re­cru­té via le Se­lor. Les can­di­dats mi­li­taires doivent s’ins­crire à une ses­sion de tests, qui va­rient se­lon la fonc­tion pos­tu­lée. A l’is­sue de celle-ci, les meilleurs d’entre eux re­çoivent une pro­po­si­tion d’em­ploi. Les autres peuvent se ré­ins­crire à une ses­sion ul­té­rieure. L’ob­jec­ti­vi­té est ga­ran­tie par le fait que lors de la pro­cé­dure, les can­di­dats sont en­re­gis­trés par un nu­mé­ro dans une banque de don­nées. Au­cun fa­vo­ri­tisme n’est pos­sible.

Cin­dy De­waele (Se­lor):

Dans les ser­vices pu­blics, aux dif­fé­rentes étapes de toutes les pro­cé­dures, ce sont tou­jours les com­pé­tences et les cri­tères ob­jec­tifs qui priment. Même au stade ul­té­rieur de l’en­tre­tien ‘face-to-face’, il faut mo­ti­ver pour­quoi un can­di­dat a réus­si ou ra­té une épreuve de sé­lec­tion.

Alain Goer­gen (Po­lice):

Dans le pri­vé, la pres­sion et la pré­ci­pi­ta­tion peuvent par­fois ame­ner l’en­tre­prise à faire de mau­vais choix. L’idéal, c’est de faire un com­pro­mis entre des pro­cé­dures de sé­lec­tion qui per­mettent à tous les can­di­dats de mettre leurs com­pé­tences en évi­dence et des pro­cé­dures qui per­mettent de res­ter réa­listes sur le mar­ché du tra­vail, pour ne pas perdre les meilleurs élé­ments. Pour les fonc­tions de po­li­cier, les pro­cé­dures sont très stan­dar­di­sées. Il y a quatre épreuves de sé­lec­tions éta­lées sur quatre mois, sui­vies d’une an­née de for­ma­tion ré­mu­né­rée. Pour les fonc­tions ci­viles, cer­taines pro­cé­dures dé­bou­chant sur des contrats à du­rée dé­ter­mi­née sont par contre très ra­pides.

Lieve Ro­haert (STIB):

Nous en­ga­geons des chauf­feurs en per­ma­nence. Les can­di­dats passent d’abord par un ‘pre-scree­ning’, puis par une sé­rie de tests, avant de suivre une for­ma­tion ré­mu­né­rée. Les cri­tères les plus im­por­tants sont l’at­ti­tude et la per­son­na­li­té (l’in­tel­li­gence émo­tio­nelle). Les exa­mens qui dé­pendent des com­pé­tences de­man­dées. Chaque can­di­dat doit pas­ser une ou plu­sieurs in­ter­views au ser­vice de re­cru­te­ment et un test de per­son­na­li­té .Il y a aus­si tou­jours un en­tre­tien pré­vu par le ma­na­ger di­rect de l’in­té­res­sé.

Mi­reille Pro­tin (SNCB Hol­ding):

La fonc­tion la plus connue de la SNCB est celle de conduc­teur de trains. La pro­cé­dure, du­rant la­quelle se suc­cèdent une séance d’in­for­ma­tion, un test de com­pé­tences, un test de per­son­na­li­té, une épreuve orale et une vi­site mé­di­cale, dure de trois à quatre mois. Après quoi, le can­di­dat qui a réus­si de­vient membre du per­son­nel sta­tu­taire et suit une for­ma­tion de 18 mois du­rant la­quelle il est payé comme un conduc­teur de trains en ser­vice. Pour des rai­sons de sé­cu­ri­té, c’est la pro­cé­dure la plus longue. A cô­té de ce­la, il existe des pro­cé­dures plus ra­pides, de contrac­tuels ou de sta­tu­taires, pour faire face à des be­soins ur­gents.

De gauche à droite: Pe­ter Scheur­we­gen (Dé­fense), Lu­do Meu­le­brouck (Dé­fense), Cin­dy De­waele (Se­lor), Mi­reille Pro­tin (SNCB Hol­ding), Lieve Ro­haert (STIB) et Alain Goer­gen (Po­lice)

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