CRYS­TAL VENTURES, PAS SI CLAIR

Jeune Afrique - - ENTREPRISES MARCHÉS - O.C.

Paul Ka­game gère son pays comme une en­tre­prise. Au sens propre. En plus d’être pré­sident de la Ré­pu­blique et chair­man du Front pa­trio­tique rwan­dais (FPR), il est éga­le­ment le pa­tron de fac­to de Crys­tal Ventures, fonds d’in­ves­tis­se­ment et bras fi­nan­cier du par­ti. Créée en 1995 sous l’ap­pel­la­tion Tri-star In­vest­ments, avant d’être re­bap­ti­sée en 2009, « cette com­pa­gnie pri­vée fi­nan­cée par la dia­spo­ra a été à la base de la re­cons­truc­tion du pays au len­de­main du gé­no­cide », rap­pelle le po­li­to­logue Jean-paul Ki­mo­nyo. In­con­tour­nable dans l’éco­no­mie rwan­daise, Crys­tal Ventures est au­jourd’hui le deuxième em­ployeur du pays der­rière l’état, avec un ca­pi­tal es­ti­mé à 500 mil­lions de dol­lars, grâce à ses par­ti­ci­pa­tions dans les prin­ci­paux sec­teurs d’ac­ti­vi­té, de l’agroa­li­men­taire à la sé­cu­ri­té en pas­sant par les té­lé­coms, les ser­vices fi­nan­ciers et le BTP. Au point que de nom­breux ex­perts n’hé­sitent pas à cri­ti­quer son po­si­tion­ne­ment qua­si mo­no­po­lis­tique sur cer­taines fi­lières. « À l’heure où le pou­voir cherche à dé­ve­lop­per le sec­teur pri­vé lo­cal et à faire venir les in­ves­tis­seurs étran­gers, la ques­tion se pose de sa­voir si le hol­ding ne joue pas un rôle de re­pous­soir, s’in­ter­roge la Banque mon­diale. Le gou­ver­ne­ment doit res­ter un fa­ci­li­ta­teur éco­no­mique avant de se re­ti­rer pour lais­ser place à l’ini­tia­tive pri­vée. » La no­mi­na­tion à sa tête, en juin, du Sin­ga­pou­rien Kok Foong Lee a peut-être jus­te­ment pour but d’ap­pli­quer au Rwan­da le même prag­ma­tisme éco­no­mique qui a fait, dans le pas­sé, le suc­cès de l’île-état.

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