Au nom du père

Jeune Afrique - - CULTURE MÉDIAS EN VUE - FRIDA DAHMANI

Ched­ly, le fils de Ta­har Ben Am­mar (1889-1985), émi­nent homme po­li­tique et pre­mier chef du gou­ver­ne­ment de la Tu­ni­sie in­dé­pen­dante, pour­suit son de­voir de mé­moire et de ré­ha­bi­li­ta­tion en pu­bliant Ta­har Ben Am­mar, homme d’état : la force de la per­sé­vé­rance. Un ou­vrage dense et ri­che­ment do­cu­men­té qui com­plète l’édi­tion en langue arabe pa­rue en 2015 et qui fe­ra l’ob­jet d’une in­ter­ven­tion à l’ins­ti­tut du mon­dea­rabe(ima), à Pa­ris, cet au­tomne. Ched­ly Ben Am­mar re­vient sur le rôle pri­mor­dial du si­gna­taire des ac­cords d’au­to­no­mie in­terne (1955) et du pro­to­cole d’in­dé­pen­dance (1956) dans le mou­ve­ment na­tio­nal tu­ni­sien. En ré­ta­blis­sant les faits his­to­riques, étayés par des ar­chives in­édites, il met aus­si en exergue la face obs­cure de Ha­bib Bour­gui­ba, qui, face au re­fus de Ta­har Ben Am­mar de té­moi­gner contre le bey dé­chu, avait ten­té de je­ter l’op­probre sur l’un des fon­da­teurs du Des­tour par un pro­cès inique, en 1958. Plu­sieurs fi­gures po­li­tiques, dont Mo­ha­med Mas­mou­di, Ched­ly Zoui­ten et Bé­chir Ben Yah­med, fon­da­teur de Jeune Afrique, ain­si que Pierre Men­dès France, Ed­gar Faure et Pierre Ju­ly, s’étaient éle­vées contre l’in­fa­mie faite à cet homme qui, ébran­lé par cette épreuve, se re­ti­re­ra de la vie pu­blique.

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