La mu­sique, en­core et tou­jours

Jeune Afrique - - GRAND ANGLE | THOMAS SANKARA -

Par le co­lo­nel Ber­nard Sa­nou, an­cien di­rec­teur du gé­nie mi­li­taire et ex-membre du Conseil na­tio­nal de la ré­vo­lu­tion (CNR)

« À la fin des an­nées 1970, Tho­mas était le com­man­dant du Centre na­tio­nal d’en­traî­ne­ment com­man­do (CNEC) de Pô, dans le sud du pays. Comme il jouait de la gui­tare, il a eu l’idée de mon­ter un groupe avec ses hommes. À une di­zaine, nous avons donc créé le Mis­sile Band de Pô. Nous jouions de tout : rum­ba, mu­sique congo­laise, mu­sique cu­baine… Nous or­ga­ni­sions des bals le week-end, aux­quels par­ti­ci­paient les fa­milles de sol­dats. Se­lon Tho­mas, c’était un bon moyen pour que ses troupes se dé­tendent. Et puis c’était un pas­sion­né de mu­sique. Quand nous dis­cu­tions et qu’une gui­tare traî­nait à cô­té de lui, par­fois il s’ar­rê­tait, jouait quelques ac­cords, puis re­pre­nait la conver­sa­tion. Quand il est de­ve­nu pré­sident, nous avons conti­nué à jouer entre vieux ca­ma­rades au Pa­lais, par­fois jus­qu’à l’aube. Ces soi­rées le met­taient de bonne hu­meur. Et ses mi­nistres aus­si : quand nous pas­sions la nuit à jouer, Tho­mas ne les convo­quait pas à 8 heures le sa­me­di ma­tin, comme il avait par­fois l’ha­bi­tude de le faire ! »

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