« In­ves­tis­sez en Afrique fran­co­phone »

Jeune Afrique - - LA SEMAINE DE JA DÉCRYPTAGE - Et Pro­pos re­cueillis par FRÉ­DÉ­RIC MAU­RY (JA) JEAN-PIERRE BO­RIS (RFI)

Do­mi­nique La­font a, il y a trois ans, quit­té le groupe Bol­lo­ré, dont il avait me­né la (forte) crois­sance en Afrique pen­dant près d’une dé­cen­nie. Mais il n’a pas pour au­tant dé­lais­sé le conti­nent, ac­com­pa­gnant­dé­sor­mais les in­ves­tis­seurs in­ter­na­tio­naux dé­si­reux de s’y im­plan­ter. Au­teur d’un ré­cent rap­port de l’ins­ti­tut Mon­taigne in­ti­tu­lé « Prêts pour l’afrique d’au­jourd’hui ? », il est le grand in­vi­té de l’éco­no­mie Rfi-jeune Afrique.

Po­ten­tiel consi­dé­rable Il y a un réel in­té­rêt pour les in­ves­tis­seurs à se pen­cher sur l’afrique fran­co­phone, car cette zone est plus com­pli­quée et moins in­tel­li­gible. Les grilles d’ac­cès sont plus com­plexes et, du coup, il y a eu moins d’in­ves­tis­se­ments. Les op­por­tu­ni­tés y sont donc fortes, et la concur­rence, moindre. Il ne faut pas ou­blier aus­si l’avan­tage de la sta­bi­li­té du F CFA : je pense sou­vent à ceux qui avaient cru bon de miser sur le Ni­ge­ria et le Gha­na il y a quelques an­nées, juste avant l’ef­fon­dre­ment de leurs mon­naies res­pec­tives.

Ren­dez-vous man­qué Si l’on jette un re­gard sur la pé­riode 2000-2010, les pays afri­cains n’en ont pas pro­fi­té au­tant qu’ils au­raient pu, no­tam­ment pour dé­ve­lop­per mas­si­ve­ment l’in­dus­trie. Toutes les re­cettes éco­no­miques ti­rées du boom des ma­tières pre­mières ont été in­suf­fi­sam­ment uti­li­sées, dans le sec­teur se­con­daire comme dans l’édu­ca­tion.

Chefs d’état Avant que je de­vienne le pa­tron de Bol­lo­ré Afri­ca, Vincent Bol­lo­ré avait dé­jà mis beau­coup de dis­tance entre l’afrique et lui, et c’est d’ailleurs à ce mo­ment-là que Mi­chel Rous­sin l’avait re­joint. Re­gar­dez ce qu’il s’est pas­sé à Da­kar, où nous étions en conflit avec le pré­sident Wade et son fils. Je pense qu’on a beau­coup exa­gé­ré l’im­por­tance des re­la­tions entre Vincent Bol­lo­ré et les chefs d’état afri­cains.

L’af­faire du port de Co­na­kry Le groupe Bol­lo­ré ne don­nait pas d’ins­truc­tion à l’ar­mée [qui en 2010 a évin­cé ma­nu mi­li­ta­ri le groupe Ne­co­trans du port gui­néen]. Après, pour être tout à fait clair, si ce­la n’avait te­nu qu’à moi, j’au­rais pro­cé­dé dif­fé­rem­ment.

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