Ha­bib El­louze Per­siste et signe

Cou­tu­mier des pro­vo­ca­tions, cet is­la­miste ra­di­cal fait fi de l’in­ter­dic­tion par les au­to­ri­tés tu­ni­siennes de prê­cher en de­hors des mos­quées.

Jeune Afrique - - LA SEMAINE DE JA LES GENS - FRIDA DAH­MA­NI, à Tu­nis

L’or­ga­ni­sa­tion d’un camp de pré­di­ca­tion à Je­bel Serj, dans les en­vi­rons de Si­lia­na (au sud-est de Tu­nis), le 29 oc­tobre, a été com­bat­tue par la so­cié­té ci­vile lo­cale et in­ter­dite par les au­to­ri­tés, mais ce­la n’a pas em­pê­ché Ha­bib El­louze, 64 ans, pré­sident de l’as­so­cia­tion de la pré­di­ca­tion et de la ré­forme, d’en te­nir un autre au pied le­vé à Za­ghouan (sud de Tu­nis). Cou­tu­mier des pro­vo­ca­tions, l’an­cien élu à la Cons­ti­tuante passe outre l’in­ter­dic­tion de prêche en de­hors des mos­quées et as­sure que son ini­tia­tive est d’en­cou­ra­ger le tou­risme re­li­gieux. Avec une in­ter­pré­ta­tion toute per­son­nelle, ce­lui qui compte par­mi les fau­cons d’en­nahd­ha re­prend à son compte une idée émise par la mi­nistre du Tou­risme, Sel­ma El­lou­mi, cou­rant oc­tobre, qui en­ten­dait par là va­lo­ri­ser cer­tains sites.

EXCISION. El­louze sa­vait que son pro­jet dans une zone mon­ta­gneuse où cir­culent en­core des ter­ro­ristes al­lait sus­ci­ter la po­lé­mique. Mais ce ra­di­cal n’aime rien tant que les contro­verses. « Chantre de la sé­di­tion et du ter­ro­risme », se­lon l’union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT), il avait af­fi­ché ses sym­pa­thies pour les sa­la­fistes et An­sar el-cha­ria, af­fir­mé res­pec­ter cette mou­vance, « car ses par­ti­sans, af­fi­liés au ré­seau Al-qaï­da, mais à la ma­nière tu­ni­sienne, sont des gar­diens ja­loux de l’is­lam », et pro­po­sé de faire adop­ter les en­fants des Tu­ni­siennes par­ties en Sy­rie. Mais ce sont ses pro­pos sur l’excision, qu’il consi­dère com­meu­ne­ba­nale opé­ra­tion es­thé­tique, et ses ap­pels au meurtre d’hommes de gauche, dont Cho­kri Be­laïd, as­sas­si­né en fé­vrier 2013, et Mon­gi Ra­houi, qui lui avaient va­lu, en 2014, d’être écar­té de la scène po­li­tique par En­nahd­ha, la­quelle ten­tait alors de re­do­rer son image en prô­nant la sé­pa­ra­tion du po­li­tique et de la pré­di­ca­tion. Cet en­tre­pre­neur, qui a été briè­ve­ment pré­sident du mou­ve­ment is­la­miste tu­ni­sien en 1991 et a sou­hai­té ins­crire la cha­ria dans la Cons­ti­tu­tion, a en­core du poids : il siège au Conseil consul­ta­tif (Chou­ra) du par­ti, est très in­fluent à Sfax, dont il est ori­gi­naire et où les imams sont à sa botte.

Cet an­cien élu à la Cons­ti­tuante a tou­jours af­fi­ché ses sym­pa­thies pour les sa­la­fistes.

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