QUAND LAMAMRA VOIT ROUGE

Jeune Afrique - - MAGHREB MOYEN-ORIENT ALGÉRIE - F.A.

Jeu­di 14 mai 2015. Ab­de­la­ziz Bou­te­fli­ka pro­cède à un énième re­ma­nie­ment mi­nis­té­riel. Sur­prise, il dé­signe deux per­sonnes à la tête de la di­plo­ma­tie. Ram­tane Lamamra est re­con­duit à la tête des Af­faires étran­gères tan­dis qu’ab­del­ka­der Mes­sa­hel hé­rite du por­te­feuille de mi­nistre des Af­faires magh­ré­bines et afri­caines et de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Une pre­mière dans les an­nales de la po­li­tique al­gé­rienne, au point que cer­tains parlent d’une bourde ou d’un ca­fouillage au som­met de l’état. Mais il est plus vrai­sem­blable que le pré­sident, qui garde la haute main sur la di­plo­ma­tie, vou­lait mé­na­ger à la fois Lamamra et son ami Mes­sa­hel. Quand il ap­prend la nou­velle, Lamamra entre dans une co­lère noire. Le vieux bris­card n’ac­cepte pas ce qu’il prend pour une double hu­mi­lia­tion : par­ta­ger ses fonc­tions, qui plus est avec son meilleur en­ne­mi. Il ré­dige une lettre de dé­mis­sion et l’en­voie au pré­sident. Ce­lui-ci la garde quelques jours et re­fuse de la va­li­der. « On ne dé­mis­sionne pas chez Bou­te­fli­ka, dit un an­cien mi­nistre. C’est lui qui vous fait par­tir. » Après cinq jours de confu­sion, un nou­veau re­ma­nie­ment est opé­ré. Lamamra est éle­vé au rang de mi­nistre d’état, mi­nistre des Af­faires étran­gères et de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, alors que Mes­sa­hel hé­rite du dé­par­te­ment des Af­faires magh­ré­bines, de l’union afri­caine et de la Ligue arabe. Cette di­plo­ma­tie bi­cé­phale du­re­ra deux ans, avant que Lamamra ne soit congé­dié. Il ap­pren­dra son li­mo­geage à 10 heures du ma­tin… par té­lé­phone.

Ab­del­ka­der Mes­sa­hel avec son pré­dé­ces­seur, le 7 fé­vrier 2016, à Al­ger.

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