Édu­ca­tion Êtes-vous pu­blic ou pri­vé ?

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Jeune Afrique - - SOMMAIRE - MI­CHAEL PAURON

Le pri­vé doit-il se sub­sti­tuer au pu­blic ? Le dé­bat n’est pas tran­ché, mais la ques­tion vaut d’être po­sée. Car un constat s’im­pose : l’édu­ca­tion na­tio­nale est à la peine et laisse de plus en plus le champ libre à une li­bé­ra­li­sa­tion – par­fois sau­vage, comme le montre notre re­por­tage à Kin­sha­sa (lire pp. 28-30) – de l’ap­pren­tis­sage. Au Ma­li, par exemple, les au­to­ri­tés tentent tant bien que mal de sup­pri­mer les sub­ven­tions à l’école pri­vée, qui sont très loin d’avoir abou­ti aux ré­sul­tats es­comp­tés… L’école est pour­tant, per­sonne n’en dis­con­vient jusque dans les plus hautes sphères des États, la clé de l’ave­nir. Les bud­gets qui lui sont al­loués aug­mentent glo­ba­le­ment de­puis dix ans et font l’ob­jet d’in­tenses cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion, comme pour don­ner l’im­pres­sion que les gou­ver­nants s’en pré­oc­cupent. Hé­las ! les réa­li­tés du ter­rain ne sont pas tou­jours con­formes aux dis­cours. Lorsque au Tchad l’im­mense ma­jo­ri­té des élèves dis­pose seule­ment d’un livre pour trois et que la moi­tié d’entre eux dis­pose d’une place as­sise pour trois, com­ment s’éton­ner que ceux qui ont les moyens d’étu­dier dans le pri­vé aient deux fois plus de chance d’ac­qué­rir le sa­voir mi­ni­mum re­quis? L’étude d’où sont ti­rés ces chiffres a été réa­li­sée en 2014 dans dix pays d’afrique fran­co­phone par la Confé­rence des mi­nistres de l’édu­ca­tion des États et gou­ver­ne­ments de la Fran­co­pho­nie (Con­fe­men). On y dé­couvre que le mal est équi­ta­ble­ment ré­pan­du et que la si­tua­tion au Ca­me­roun, par exemple, ne dif­fère en rien de celle qui pré­vaut au Tchad. Le Fran­çais Odon Val­let ne blâme ce­pen­dant pas les gou­ver­ne­ments concer­nés, parce qu’ils sont, ex­plique-t-il, confron­tés à une in­fla­tion gé­né­rale des coûts (lire in­ter­view pp. 24-26). Pour lui, le pri­vé peut par­fai­te­ment être com­plé­men­taire du pu­blic. À condi­tion que ce der­nier soit de qua­li­té, faute de quoi les in­éga­li­tés so­ciales ne man­que­ront pas de se creu­ser. En Tu­ni­sie, les fa­milles doivent se sai­gner à blanc pour of­frir à leurs en­fants des cours par­ti­cu­liers afin de pal­lier les ca­rences d’un sec­teur pu­blic ex­sangue (lire p. 33). Les en­sei­gnants, qui ma­ni­festent de ma­nière ré­cur­rente (comme au Bur­ki­na Fa­so et au Sé­né­gal, ré­cem­ment) pour exi­ger da­van­tage de moyens, n’ont par­fois d’autre choix que de re­joindre le pri­vé pour pou­voir joindre les deux bouts. Pour­tant, combien d’étu­diants non bour­siers ont-ils les moyens d’ac­quit­ter plus de 6 000 eu­ros par an pour suivre les cours d’une uni­ver­si­té aus­si pres­ti­gieuse que Mun­dia­po­lis, à Ca­sa­blan­ca (lire pp. 32-33) ? Notre en­quête montre aus­si que le pro­blème n’est pas tant le ni­veau des élèves que les moyens dont ces der­niers dis­posent pour ex­ploi­ter au mieux leurs ca­pa­ci­tés. Mais a contra­rio le ni­veau des pro­fes­seurs, qui ont ma­ni­fes­te­ment le plus grand mal à se for­mer de ma­nière sa­tis­fai­sante, pose ques­tion, no­tam­ment au Ni­ger (lire p. 31). Qua­li­té des in­fra­struc­tures et des en­sei­gnants, im­por­tance des moyens mis à la dis­po­si­tion de ces der­niers… Le pri­vé s’es­time en me­sure de re­le­ver le dé­fi. Au sec­teur pu­blic de réus­sir à faire mieux. Et c’est pos­sible, car de nom­breux ex­perts s’ac­cordent à consi­dé­rer que le pro­blème est moins la dis­po­ni­bi­li­té des res­sources que leur ges­tion.

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