QUE VAUT L’ENA KIN­SHA­SA

Jeune Afrique - - L’ENQUÊTE ÉDUCATION -

Dans les lo­caux pas­sa­ble­ment dé­ca­tis du Bâ­ti­ment ad­mi­nis­tra­tif de la fonc­tion pu­blique, dans le centre de la ca­pi­tale congo­laise, se trouve, au deuxième étage, une sorte d’oa­sis. Là, la cli­ma­ti­sa­tion ron­ronne agréa­ble­ment, le car­re­lage brille et le mo­bi­lier est neuf. Bien­ve­nue à l’école na­tio­nale d’ad­mi­nis­tra­tion (ENA) de Kin­sha­sa, une grande école pu­blique qui se veut un mo­dèle! Créée en 2014 avec l’ap­pui de Ma­ta­ta Po­nyo Ma­pon, alors Pre­mier mi­nistre, elle trans­forme chaque an­née une cen­taine d’étu­diants en hauts fonc­tion­naires. Comme chez son ho­mo­logue fran­çaise, chaque pro­mo­tion est bap­ti­sée d’un nom illustre. La pre­mière porte ce­lui de Patrice Lu­mum­ba. La grande dif­fé­rence est que L’ENA congo­laise at­tire de très nom­breux can­di­dats, ve­nus de toutes les pro­vinces : pas moins de 12000 en 2017. Il faut dire qu’elle offre des condi­tions de vie et d’études en prin­cipe idyl­liques. On y re­crute des en­sei­gnants qua­li­fiés ve­nus du monde en­tier; on y oc­troie des bourses aux étu­diants – 558000 francs con­go­lais (285 eu­ros) par mois – pen­dant toute la du­rée de leur cur­sus (un an) ; on y aide même les jeunes pro­vin­ciaux à s’ins­tal­ler dans la ca­pi­tale. En­fin, les étu­diants sont af­fec­tés à leur sor­tie dans une grande ad­mi­nis­tra­tion, en fonc­tion de leur clas­se­ment. L’ENA Kin­sha­sa n’est pour­tant pas épar­gnée par les dif­fi­cul­tés. Les cours n’ont cette an­née com­men­cé qu’en sep­tembre, au lieu de juillet ha­bi­tuel­le­ment. Et les étu­diants se plaignent de sé­rieux re­tards – deux mois, dé­jà – dans le ver­se­ment des bourses. D’au­tant que le mon­tant de ces der­nières a sé­vè­re­ment pâ­ti de la chute du franc con­go­lais (dont la va­leur est pas­sée de près de 500 à moins de 300 eu­ros de­puis la créa­tion de l’école). En­fin, les ad­mi­nis­tra­tions concer­nées tardent par­fois à em­bau­cher les nou­veaux di­plô­més con­for­mé­ment aux en­ga­ge­ments pris. Pour­tant, les aban­dons res­tent rares, même si leur nombre a lé­gè­re­ment aug­men­té. Car, s’il est une chose dont les étu­diants ne se plaignent pas, c’est l’ex­cel­lence de leur for­ma­tion.

L’école na­tio­nale d’ad­mi­nis­tra­tion, dans la ca­pi­tale de la RD Con­go.

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