Au Congo, la se­conde vie des ré­si­dus d’hy­dro­car­bures

L’adop­tion par les pays d’afrique cen­trale de normes en­vi­ron­ne­men­tales exi­geantes in­cite des en­tre­prises à in­ves­tir le mar­ché de l’as­sai­nis­se­ment.

Jeune Afrique - - Focus Gestion - ROSE-MA­RIE BOUBOUTOU

Le mi­ni­boom pé­tro­lier d’il y a dix ans, cou­plé à la fai­blesse du nombre d’ac­teurs de la fi­lière, a convain­cu quelques in­dus­triels de l’as­sai­nis­se­ment de faire le pa­ri du Congo. Les fi­liales du groupe fran­çais Or­tec, Te­cor Congo et Loan­go En­vi­ron­ne­ment, sont de­ve­nues lea­ders sur le mar­ché. Leur por­te­feuille de clien­tèle se confond d’ailleurs avec le Who’s Who­de­so­pé­ra­teurs pé­tro­liers dans le pays : To­tal E&P Congo, ENI, la SNPC… Par­mi leurs concur­rents : Sco­mi Oil­tools Ltd, fi­liale du groupe ma­lai­sien Sco­mi, le ca­me­rou­nais Bo­com In­ter­na­tio­nal-congo ou Tank Ser­vices, fon­dé par le Fran­çais Pierre Mi­gnot. Le mar­ché est sou­te­nu par l’adop­tion de normes en­vi­ron­ne­men­tales de plus en plus contrai­gnantes par les pays d’afrique cen­trale. Ceux-ci tendent de­puis cinq ans vers le stan­dard pra­ti­qué en mer du Nord: le ze­ro di­scharge, soit l’in­ter­dic­tion to­tale de re­jet dans l’en­vi­ron­ne­ment. Don­ner une se­conde vie aux ré­si­dus d’hy­dro­car­bures consti­tue en­core un mar­ché de niche. Les hy­dro­car­bures de sub­sti­tu­tion, ces ré­si­dus pé­tro­liers trai­tés afin d’aug­men­ter leur concen­tra­tion pour qu’ils servent de com­bus­tible, sont ab­sents du mar­ché. « L’ar­ri­vée de com­pa­gnies ayant de gros be­soins ther­miques, comme la fon­de­rie de la zone in­dus­trielle de Nkok, au Ga­bon, ou le ci­men­tier Dan­gote, au Congo, pour­rait chan­ger la donne », ana­lyse John Youyatte, de Sco­mi Oil­tools Ltd.

Un coût éle­vé

La­so­cié­té Green Ser­vices Congo, créée en 2013, in­nove en trans­for­mant les boues d’hy­dro­car­bures en fer­ti­li­sants agri­coles bio­lo­giques. Grâce à la tech­no­lo­gie du land far­ming, des bac­té­ries na­tu­relles dé­con­ta­minent les sols et pro­duisent du com­post sui­vant un pro­ces­sus com­plexe. Une tech­nique au coût éle­vé, à la ca­pa­ci­té de trai­te­ment li­mi­tée, mais qui n’en­gendre pas de pol­lu­tions se­con­daires. La so­cié­té saint-ma­ri­naise Bio­tec­no­lo­gie per l’eco­lo­gia e l’agri­col­tu­ra (BEA) four­nit les bac­té­ries à Green Ser­vices Congo. L’en­tre­prise in­ter­vient à la raf­fi­ne­rie de Pointe-noire de la Congo­laise de raf­fi­nage (Co­raf), fi­liale de la SNPC, son client unique de­puis 2014. Elle a dé­jà trai­té avec cette mé­thode plus de 3 000 tonnes d’eaux hui­leuses et de boues. Green Ser­vices Congo in­ves­tit 500 mil­lions de F CFA (700000 eu­ros) pour construire un centre de trai­te­ment à Tan­dou Mbo­ma, au sud de Pointe-noire. D’une ca­pa­ci­té de 2 000 tonnes de dé­chets par an, il s’agit du pre­mier centre de ce type en Afrique cen­trale. Green Ser­vices, pré­sent uni­que­ment au Congo, am­bi­tionne d’ins­tal­ler d’autres bio­centres dans la sous-ré­gion ain­si qu’au Magh­reb.

La raf­fi­ne­rie de To­tal E&P Congo, à Pointe-noire.

Newspapers in French

Newspapers from Benin

© PressReader. All rights reserved.