DAN S MON SAC Mes en­fants sont or­di­naires

24 Heures Montreal - - ACTUALITÉ -

torts puisque, comme on dit, je ne le « pousse pas ». Avant l’ap­pa­ri­tion d’une mous­tache de du­vet, je trouve le concept de com­pé­ti­tion mal­sain et ab­surde. S’amu­ser de­vrait être le seul mo­teur uti­li­sé pour at­ti­rer les jeunes loin d’un écran.

Parce que les écrans, mon gars adore ça. Il est vrai­ment doué à Mi­ne­craft et ce jeu contri­bue sans doute à dé­ve­lop­per son ima­gi­na­tion dé­bor­dante. Bon, il ne ga­gne­ra pas de No­bel avec ça et risque de re­pous­ser dan­ge­reu­se­ment la perte de sa vir­gi­ni­té, mais bon. (...)

Ma fille

J’ai une fille aus­si. Elle a cinq ans et est aus­si as­sez ave­rage. Sa chambre est rose, c’est une prin­cesse et elle prend des cours de danse. Elle chante comme une cas­se­role – elle tient ça de sa mère – et n’a pas l’air par­tie pour être membre de la Men­sa. La preuve, elle s’est in­sé­ré des billes dans les na­rines pour le fun l’autre soir et il a fal­lu uti­li­ser la pa­tente pour as­pi­rer la morve pour les faire sor­tir de là. Pas fort.

Quand je pense qu’à son âge, Mo­zart écri­vait ses pre­mières oeuvres, je dé­prime un peu. Même chose pour Ju­lie Payette, qui de­vait dé­jà par­ler six ou sept langues, in­cluant le grec an­cien, alors que ma fille a en­core be­soin d’aide pour s’es­suyer les fesses.

Si mes en­fants sont or­di­naires, c’est peut-être parce que je suis un pa­rent or­di­naire, qui a re­çu une édu­ca­tion or­di­naire. Je ne suis pas plus fin que les autres. Un peu plus beau que la moyenne peut-être, sans plus.

Pas in­digne

Pas in­digne non plus, parce que ce terme fa­bri­qué pour faire croire aux bour­geois qu’ils sont ir­ré­vé­ren­cieux m’hor­ri­pile.

Au moins, ma barre de fier­té est basse. Mes en­fants n’ont qu’à faire leur lit tout croche, se cou­per une pomme sans se vi­der de leur sang ou mettre leur tête en dessous de l’eau deux se­condes à la pa­tau­geoire sans se noyer pour que je les re­garde avec la face de Ma­nuel Ta­dros quand Xa­vier a sor­ti son pre­mier film.

Et même s’ils sont in­grats, même s’ils se lavent aus­si souvent qu’un pen­sion­naire de CHSLD, même s’ils sont pro­fon­dé­ment or­di­naires, ça ne m’em­pêche pas de les trou­ver par­faits.

C’est peut-être la seule af­faire un peu ex­tra­or­di­naire là-de­dans.

Texte com­plet au jdem.com/sac­de­chips

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