Le fonds se­cret pour ré­gler un li­tige de har­cè­le­ment

24 Heures Montreal - - ACTUALITÉ - – Mi­chaël Nguyen, Agence QMI

Un an­cien grand pa­tron de la Sû­re­té du Qué­bec au­rait uti­li­sé le fonds se­cret du corps po­li­cier afin de mettre fin à une plainte de har­cè­le­ment d’un haut gra­dé, a-t-il lais­sé en­tendre à son pro­cès hier.

« [La SQ] avait mal agi avec Al­fred Trem­blay, on lui avait mis de la pres­sion pour qu’il prenne sa re­traite, il avait été as­si­gné à des tâches qui n’exis­taient pas et il avait été hu­mi­lié… j’étais mal à l’aise », a ex­pli­qué Ri­chard Des­chenes, hier, au pa­lais de jus­tice de Mont­réal.

L’ex-di­rec­teur gé­né­ral du corps po­li­cier pro­vin­cial s’est ain­si dé­fen­du à son pro­cès pour fraude, vol et abus de confiance, re­la­ti­ve­ment à l’uti­li­sa­tion du fonds se­cret cen­sé être uti­li­sé, entre autres, pour des en­quêtes sur le crime or­ga­ni­sé. Il est ac­cu­sé en com­pa­gnie de Ste­ven Cha­bot et d’al­fred Trem­blay.

Se­lon la pour­suite, Cha­bot se se­rait ac­cor­dé une dé­pense se­crète de 167 931 $ à quelques jours de sa re­traite, en 2010, tan­dis que Trem­blay au­rait re­çu 79 877 $.

Pou­voir

Or, Des­chenes a af­fir­mé que le fonds se­cret ser­vait éga­le­ment à des dé­penses ad­mi­nis­tra­tives, ou pour des ur­gences. Lors de la pré­sen­ta­tion de la preuve de la Cou­ronne, le suc­ces­seur de M. Des­chenes, Ma­rio La­prise, avait d’ailleurs re­con­nu que ce fonds était uti­li­sé de ma­nière « li­bé­rale », avant qu’il n’en­tre­prenne de chan­ger les fa­çons de faire. « De ma com­pré­hen­sion, le di­rec­teur gé­né­ral a un pou­voir dis­cré­tion­naire, le [fonds se­cret] peut être uti­li­sé, mais il faut que ce soit dans les in­té­rêts de la SQ », a té­moi­gné M. Des­chenes, tout en af­fir­mant n’avoir ja­mais eu de for­ma­tion sur l’uti­li­sa­tion de ce fa­meux fonds.

Dédommagement

C’est donc dans ce cadre que M. Des­chenes a dit être convain­cu qu’il avait le pou­voir d’au­to­ri­ser des en­tentes « au cas par cas ». Elles sont confi­den­tielles, et il de­vait faire en sorte de li­mi­ter le nombre de per­sonnes qui en avaient connais­sance, a-t-il dit.

En tant que di­rec­teur gé­né­ral, il a ain­si dé­ci­dé de dé­dom­ma­ger Al­fred Trem­blay, l’équi­valent des « six ou sept » mois pen­dant les­quels il avait été « mis au garde-robe ». L’en­tente a été né­go­ciée entre les par­ties, a-t-il ajou­té.

Le té­moi­gnage de Ri­chard Des­chenes se pour­suit au­jourd’hui.

- PHO­TOS D’AR­CHIVES

Al­fred Trem­blay et Ri­chard Des­chenes sont ac­cu­sés d’avoir illé­ga­le­ment uti­li­sé le fonds se­cret de la SQ.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.