Des me­sures pas tou­jours res­pec­tées

24 Heures Montreal - - ACTUALITÉ - SA­RAH DAOUST-BRAUN

Après avoir com­bat­tu un feu, les pom­piers doivent se la­ver et se chan­ger à leur re­tour à la ca­serne. « Ma­jo­ri­tai­re­ment, ce n’est pas le cas », sou­tient le pré­sident de l’as­so­cia­tion des pom­piers de Mon­tréal Ro­nald Mar­tin, qui constate en­core plu­sieurs bé­mols dans l’ap­pli­ca­tion des pro­to­coles de sé­cu­ri­té.

De­puis 2002, la Com­mis­sion des normes, de l’équi­té, de la san­té et de la sé­cu­ri­té du tra­vail (CNESST) a ac­cep­té 87 cas de ré­cla­ma­tion pour des can­cers chez des pom­piers, dont neuf cas en­core ac­tifs.

Par­mi ceux-ci, on compte Mar­tin Sa­lois, pom­pier dans l’ar­ron­dis­se­ment de Ver­dun, at­teint d’un grave can­cer du pou­mon.

Se­lon le di­rec­teur du Ser­vice de sé­cu­ri­té in­cen­die de Mon­tréal Bru­no La­chance, un chan­ge­ment de culture ma­jeur s’est tout de même im­plan­té dans les der­nières an­nées chez les pom­piers, qui re­con­naissent main­te­nant les risques de san­té as­so­ciés à leur pro­fes­sion.

Pas par­fait

« On a une bonne col­la­bo­ra­tion de nos ef­fec­tifs, même si ce n’est pas par­fait, a-til concé­dé. Il y a peut-être quelques écarts mi­neurs par­fois, par exemple pour le port de gants. »

Bru­no La­chance a pré­sen­té, hier, de­vant la Com­mis­sion de la sé­cu­ri­té pu­blique, les me­sures mises en place dans les der­nières an­nées pour ré­duire les risques de ma­la­dies pro­fes­sion­nelles.

Les pro­cé­dures ciblent plus par­ti­cu­liè­re­ment les risques de conta­mi­na­tion croi­sée et d’in­toxi­ca­tion cu­ta­née par la fu­mée, les gaz et la suie.

Im­pos­sible à chif­frer

Les quelque 2300 pom­piers mont­réa­lais sont obli­gés de por­ter in­té­gra­le­ment leur te­nue de com­bat, qu’ils pos­sèdent en double, sur les sites d’in­cen­die.

Leurs vê­te­ments sont aus­si net­toyés en pro­fon­deur une fois par an­née par des firmes pro­fes­sion­nelles.

Le Ser­vice d’in­cen­die sou­haite aus­si ache­ter d’ici les pro­chaines an­nées 35 ca­mions au­to­pompes avec des douches por­ta­tives et mu­nir les sièges des vé­hi­cules de housses fa­ci­le­ment net­toyables.

Bru­no La­chance n’a pas été ca­pable de chif­frer le coût de toutes ces me­sures. « Sur le

Nour­ri­ture em­bal­lée, linge,e ne,oyante et douche obli­ga­toire sont quelques-unes des me­sures aux­quelles les pom­piers de Mon­tréal doivent se soume,re pour pré­ve­nir les risques de can­cer, quoi­qu’elles ne soient tou­te­fois pas tou­jours res­pec­tées.

long terme, ça re­pré­sente plu­sieurs mil­lions de dol­lars. »

Le lien entre le dé­ve­lop­pe­ment du can­cer et le mé­tier de pom­pier a été confir­mé en 2007 par l’ins­ti­tut at­lan­tique de re­cherche sur le can­cer.

Ce n’est qu’en 2016 que la CNESST a re­con­nu sept can­cers liés au mé­tier, dont les can­cers du pou­mon, de la ves­sie et du rein.

– PHO­TO SA­RAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES

Le di­rec­teur du Ser­vice de sé­cu­ri­té in­cen­die de Mon­tréal Bru­no La­chance, hier, alors qu’il pré­sen­tait son plan d’ac­tion et les me­sures pour ré­duire le nombre de ma­la­dies pro­fes­sion­nelles et de can­cers chez les pom­piers.

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