Sa­lo­mé Le­clerc en so­lo

Sa­lo­mé Le­clerc si­gne­son troi­sième al­bum avec l’ur­gence de prou­ver à son ar­tiste in­té­rieur et au monde ex­té­rieur qu’elle est ca­pable de grandes choses.

24 Heures Montreal - - La Une - - Ma­ri­ka Si­mard, 24 h

L’ar­tiste plu­ri­dis­ci­pli­naire pro­pose une di­zaine de pièces is­sues de son ré­per­toire qu’elle pré­sente au­jourd’hui sur Les choses ex­té­rieures.

Par­mi toutes les choses qu’elle sou­hai­tait voir s’af­fir­mer en elle : sa voix. Sur ce souffle nou­veau, elle im­pose un timbre lim­pide et as­su­mé qu’elle com­pare à ce­lui de Char­lotte Gains­bourg sur son al­bum Rest.

À tort ou à rai­son, Sa­lo­mé Le­clerc a tou­jours créé ses chan­sons de la même fa­çon : elle com­po­sait la mu­sique puis elle ajou­tait le texte. Cette fois-ci, elle s’y est prise dif­fé­rem­ment. Pour une rare fois - si ce n’est la pre­mière -, elle a vou­lu pro­té­ger la chan­teuse de la mu­si­cienne. Elle a vou­lu pro­té­ger sa voix, en écri­vant les pa­roles d’abord et en ajou­tant la mu­sique en­suite.

Un pour tous

« Trois jours avant d’en­trer en stu­dio, je ré­écou­tais les ar­ran­ge­ments que j’avais créés avec les mu­si­ciens et je sen­tais que quelque chose m’échap­pait. Je leur ai té­lé­pho­né, un à un, pour leur dire de ne pas se pré­sen­ter à l’en­re­gis­tre­ment », avoue-t-elle ti­mi­de­ment, le re­gard po­sé vers la fe­nêtre ex­té­rieure.

« Il n’y avait pas d’autre ex­pli­ca­tion : je de­vais écou­ter ma voix in­té­rieure qui me di­sait d’es­sayer par moi-même ».

Seule, dans une bulle de créa­tion presque mé­di­ta­tive, Sa­lo­mé Le­clerc s’est lan­cé le dé­fi de créer les sons et les vi­bra­tions qui se ma­rie­raient avec ses textes. La ligne di­rec­trice était claire : le mixage so­nore de­vait être le plus brut, le plus na­tu­rel pos­sible.

Au­cune confu­sion n’était pos­sible puis­qu’en plus d’écrire les pa­roles, de com­po­ser la mu­sique et de por­ter la voix, l’ar­tiste te­nait à réa­li­ser ce troi­sième opus.

« Je me suis tou­jours dit qu’un jour, j’al­lais réa­li­ser un de mes al­bums. Ç’a été une évi­dence, dès le dé­but de ma car­rière. C’est ve­nu de fa­çon tout à fait na­tu­relle : en 2011, je me suis oc­cu­pée de tous les ar­ran­ge­ments de mon pre­mier al­bum, Sous les arbres, et en 2014, j’ai co­réa­li­sé le deuxième, 27 fois l’au­rore, avec Phi­lippe Brault », ex­plique-t-elle.

Tous pour un

Mal­gré la grande so­li­tude qui en­tou­rait la créa­tion de cet al­bum, Sa­lo­mé Le­clerc s’est en­tou­rée de pré­cieux col­la­bo­ra­teurs, dont Phi­lippe Brault, Ghis­lain Luc Lan­ge­vin au mixage so­nore et An­toine Cor­ri­veau à la di­rec­tion ar­tis­tique.

« Quand tu joues au­tant de rôles, c’est dif­fi­cile d’avoir du re­cul, alors les gars étaient là pour m’écou­ter lorsque le doute m’en­va­his­sait, se sou­vient-elle. En même temps, c’était une tâche in­grate pour eux parce qu’ils sen­taient que j’avais be­soin d’al­ler au bout de ce pro­jet-là toute seule et ils ne vou­laient pas s’im­po­ser ».

Le fait de por­ter au­tant de cha­peaux sur Les choses ex­té­rieures l’a conduite à un état per­pé­tuel de doutes. Elle sa­lue tou­te­fois les doutes qui l’ont pous­sée à créer, à se sur­pas­ser. Ce­pen­dant, elle s’ex­plique en­core mal ceux qui l’ont ra­len­tie.

Avec le re­cul, l’au­teure-com­po­si­trice-in­ter­prète es­time que la somme de toutes les res­pon­sa­bi­li­tés au­ra par­fois été lourde à por­ter du­rant ce pro­ces­sus qui au­ra du­ré presque deux ans. Même si elle ne compte pas réa­li­ser el­le­même son pro­chain al­bum, elle au­ra ga­gné as­sez d’as­su­rance - et d’in­té­rêt - pour réa­li­ser ceux des autres.

« Je ne suis pas cer­taine que c’était la meilleure chose à faire, dit-elle avec un sou­rire en coin. En même temps, j’avais be­soin d’al­ler au bout de cette aven­ture, de me prou­ver que j’étais ca­pable. Ja­mais je n’au­rais pen­sé al­ler aus­si loin dans le pro­ces­sus de créa­tion ».

Le ré­sul­tat fi­nal de cet ef­fort mu­si­cal se­ra pré­sen­té sur la scène du Mi­nis­tère le 9 no­vembre. Sa­lo­mé Le­clerc se­ra, pour l’oc­ca­sion, en­tou­rée de ses mu­si­ciens sur scène.

« Ce n’est pas pour rien que Les choses ex­té­rieures s’ap­pelle ain­si, je de­vais être seule pour al­ler cher­cher cer­taines choses et en lais­ser par­tir d’autres. J’avais be­soin de cette so­li­tude pour voir les choses ex­té­rieures sous un angle dif­fé­rent », conclut-elle.

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