Les cy­clistes mont­réa­lais di­vi­sés par des barres d’ap­pui

Après avoir vu 28 barres d’ap­pui ap­pa­raître dans Ro­se­mont-la Pe­tite-pa­trie au cours des deux der­nières an­nées, les cy­clistes mont­réa­lais sont mi­ti­gés sur cet in­ves­tis­se­ment qui se fait au dé­tri­ment de la sé­cu­ri­té, se­lon cer­tains.

24 Heures Montreal - - Actualité - FRAN­CIS PI­LON

« Il y a ceux qui aiment ces barres, ceux qui trouvent que c’est une perte to­tale en in­ves­tis­se­ment et les autres qui sont neutres. C’est très mi­ti­gé », af­firme Pierre Ro­gué, cy­cliste et fon­da­teur de l’as­so­cia­tion pour la mo­bi­li­té ac­tive de Ro­se­mont-la Pe­tite-pa­trie.

Se­lon ce der­nier, l’ar­ron­dis­se­ment au­rait in­té­rêt à in­jec­ter de l’ar­gent dans la sé­cu­ri­té et les sta­tion­ne­ments pour cy­clistes avant de mi­ser sur leur confort.

Cha­cune des 28 barres d’ap­pui coûte près de 700 $. Le prix to­tal du lot est donc d’en­vi­ron 19 600 $. À ce mon­tant, il faut ajou­ter un autre 110 $ par barre pour l’ins­tal­la­tion au prin­temps et le dé­mon­tage pour l’hi­ver chaque an­née.

«C’est un trip per­so du maire ces barres-là. On nous les a pré­sen­tées en di­sant, voi­là, le Co­pen­hague ar­rive à Mon­tréal. On a juste un mi­mé­tisme qui n’est pas jus­ti­fié ici parce qu’on n’est pas dans la même ville et ça n’a rien à voir. On part de loin à Mon­tréal com­pa­ré à Co­pen­hague dans l’amé­na­ge­ment des pistes cy­clables », cri­tique M. Ro­gué.

Par­mi les cy­clistes ren­con­trés à l’in­ter­sec­tion des rues Boyer et Bel­le­chasse, les avis étaient par­ta­gés. Cer­tains les aiment et les trouvent utiles alors que pour d’autres, la bor­dure de trot­toir fai­sait dé­jà le tra­vail.

Le 24 Heures s’est ins­tal­lé au coin des rues Boyer et Bel­le­chasse, du­rant une de­mie-heure en fin d’après-mi­di, pour consta­ter que plus de la moi­tié des cy­clistes n’uti­lisent pas les barres d’ap­pui.

Le maire ré­agit

Fran­çois Cro­teau, maire de l’ar­ron­dis­se­ment Ro­se­mont-la Pe­tite-pa­trie, in­dique que les opi­nions des cy­clistes par rap­port aux barres d’ap­pui sont plu­tôt po­si­tives.

« Cer­tains cy­clistes n’uti­li­se­ront pas les barres et c’est cor­rect. Ça ne change rien à leur par­cours. […] Par contre, pour cer­tains cy­clistes, c’est très utile comme pour les pa­rents et les per­sonnes qui ont de moins longues jambes ou d’autres qui aiment s’ap­puyer en at­ten­dant le feu rouge », sou­ligne M. Cro­teau.

Il se dé­fend d’ailleurs de né­gli­ger la sé­cu­ri­té des per­sonnes à vé­lo avec cet in­ves­tis­se­ment puisque le fi­nan­ce­ment des barres d’ap­pui vient d’un bud­get dif­fé­rent.

– PHO­TO FRAN­CIS PI­LON/24 H

Une des 28 barres d’ap­pui pour cy­clistes ins­tal­lées dans Ro­se­mont-la Pe­tite-pa­trie de­puis deux ans.

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