Les stars fé­mi­nines et la jus­tice

Long­temps te­nues au si­lence par le ma­chisme ré­gnant à Hol­ly­wood, les ve­dettes fé­mi­nines n’ont main­te­nant plus peur de faire va­loir leurs droits et de crier au scan­dale lors­qu’elles sont vic­times de com­por­te­ments abu­sifs. Voi­ci trois exemples pro­bants de c

7 Jours - - SOMMAIRE - Tay­lor Swift Re­bel Wil­son

Le 2 juin 2013, le DJ Da­vid Muel­ler ne s’at­ten­dait cer­tai­ne­ment pas à de­voir su­bir les consé­quences de ses actes quand il s’est per­mis d’em­poi­gner les fesses de Tay­lor Swift lors d’une séance pho­to or­ga­ni­sée dans le cadre d’un spec­tacle au Pep­si Cen­ter de Den­ver. Ex­pul­sé de la salle et congé­dié par la radio lo­cale qui l’em­ployait, Muel­ler a pris om­brage de ses mal­heurs et ac­cu­sé la chan­teuse d’avoir cau­sé sa perte. Les hos­ti­li­tés étaient lan­cées.

In­ébran­lable au tri­bu­nal

Deux ans après les évé­ne­ments, le DJ a dé­po­sé une pour­suite contre l’in­ter­prète de Red, qu’il ren­dait res­pon­sable de sa dé­bâcle pro­fes­sion­nelle. Cette der­nière, loin d’être in­ti­mi­dée par cette ma­noeuvre ju­di­ciaire, a ré­pli­qué en por­tant plainte pour coups et bles­sures. Le pro­cès au ci­vil, qui a dé­bu­té le 7 août, a été sui­vi dans le monde en­tier. Swift a li­vré un té­moi­gnage sans faille. «Vous pou­vez me po­ser des mil­lions de ques­tions, ma ver­sion des faits ne chan­ge­ra pas. Elle a tou­jours été la même», a-t-elle ré­pli­qué avec aplomb à l’avo­cat de Muel­ler, Gabe McFar­land, qui re­met­tait en ques­tion sa ré­ac­tion après les­dits évé­ne­ments. Le 11 août, le juge William Mar­ti­nez a dé­bou­té Muel­ler, ar­guant que ce der­nier n’avait pas réus­si à prou­ver que la star avait pro­vo­qué son congé­die­ment. Quelques jours plus tard, les membres du ju­ry don­naient rai­son à la chan­teuse en lui oc­troyant le dol­lar sym­bo­lique qu’elle ré­cla­mait en dom­mages et in­té­rêts.

Pour la cause

Tay­lor a ga­gné son pro­cès, mais elle ne compte pas s’ar­rê­ter là. «Je suis consciente d’être pri­vi­lé­giée de pou­voir ab­sor­ber les frais énormes né­ces­saires pour se dé­fendre lors d’un tel pro­cès. Je nour­ris l’es­poir de pou­voir ai­der les voix qui de­vraient aus­si être écou­tées à se faire en­tendre», a-t-elle dé­cla­ré au ma­ga­zine People. Joi­gnant le geste à la pa­role, la star a fait un don im­por­tant à la Joy­ful Heart Foun­da­tion, un or­ga­nisme fon­dé par l’ac­trice Ma­ris­ka Har­gi­tay (La loi et l’ordre:

Crimes sexuels) qui vient en aide aux vic­times d’agres­sion sexuelle. Les membres de la gent fé­mi­nine qui peinent à faire va­loir leurs droits peuvent dé­sor­mais comp­ter sur une al­liée de taille.

Hles ve­dettes fé­miol­ly­wood n’a pas le par­don fa­cile en­vers dans quatre ma­ga­nines. Ain­si, des ar­ticles pa­rus en 2015 de La note par­faite zines, qui ac­cu­saient l’ac­trice et ve­dette son en­fance, ont d’avoir men­ti au su­jet de son âge et de Après avoir vu plu­sieurs cau­sé un tort ir­ré­pa­rable à sa car­rière. a dé­po­sé une pour­suite rôles lui échap­per, la star aus­tra­lienne le conglo­mé­rat pour dif­fa­ma­tion contre Bauer Me­dia Group, au­quel ap­par­tiennent les ma­ga­zines fau­tifs.

Un long com­bat

ju­ry d’un tri­bu­nal de Il au­ra fal­lu trois se­maines pour que le Wil­son — qui a no­tamMel­bourne donne rai­son à la jeune femme. son âge exact en évo­quant ment af­fir­mé avoir né­gli­gé de pré­ci­ser les actrices — a li­vré un le fait que le mi­lieu est sans pi­tié en­vers du bien-fon­dé de sa té­moi­gnage co­lo­ré et a convain­cu les ju­rés ob­te­nu jus­tice. «Je suis dé­marche. Le 15 juin, elle a fi­na­le­ment peau et j’ai sen­ti que me une per­sonne qui est très bien dans sa la star à l’is­sue du pro­dé­fendre était la chose à faire», a dé­cla­ré Re­bel Wil­son pré­voit cès. Forte de cette vic­toire contre Go­liath, l’avait lais­sée. main­te­nant re­prendre sa car­rière où elle

La chan­teuse savait qu’elle ris­quait gros en ac­cu­sant le pro­duc­teur Dr. Luke d’agres­sion sexuelle et en s’adres­sant à un tri­bu­nal new-yor­kais pour faire ré­si­lier son contrat avec la mul­ti­na­tio­nale So­ny, pour qui of­fi­cie son agres­seur pré­su­mé. Dé­bou­tée par la juge Shir­ley Korn­reich en avril 2016, la jeune femme n’a eu d’autre choix que de se tour­ner vers la mu­sique pour ré­gler ses comptes.

So­li­da­ri té fé­mi­nine

De nom­breuses ve­dettes fé­mi­nines, dont Adele, La­dy Ga­ga, Anne Ha­tha­way et Tay­lor Swift, qui a of­fert 250 000 $ à sa col­lègue pour fa­ci­li­ter ses dé­marches ju­di­ciaires, ont pu­bli­que­ment ap­por­té leur sou­tien à Ke­sha. Cette der­nière vient tout juste de sor­tir un nou­vel al­bum, Rain­bow, qui fait ré­fé­rence à l’ex­pé­rience trau­ma­ti­sante qu’elle a vé­cue. «La chan­son Praying est importante parce qu’elle parle du fait que j’ai tra­ver­sé des épreuves très dif­fi­ciles et que je n’ai pas re­non­cé. Cet al­bum m’a lit­té­ra­le­ment sau­vé la vie!» a-t- elle confié lors de son ré­cent pas­sage à l’émis­sion Good

Mor­ning Ame­ri­ca. Faute d’avoir ob­te­nu jus­tice au tri­bu­nal, Ke­sha a op­té pour une arme de choix: la mu­sique.

Les pho­to­graphes n’avaient pas ac­cès au tri­bu­nal, mais les cro­quis es­quis­sés par les ex­perts sur place montrent une Tay­lor sé­rieuse et ha­billée so­bre­ment.

Le pro­cès a été dif­fi­cile pour Ke­sha, qui n’a pas ob­te­nu le ver­dict es­pé­ré. Ke­sha

À la sor­tie du tri­bu­nal, l’ac­trice s’est ré­jouie de sa vic­toire.

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