Ma­rie-So­leil Mi­chon!

On dit d’elle qu’elle est brillante, cu­rieuse et gé­né­reuse. Ma­rie-So­leil Mi­chon est tout ça et bien plus en­core. Pré­sente dans le pay­sage qué­bé­cois de­puis main­te­nant 20 ans, l’ani­ma­trice est d’abord et avant tout une femme de coeur, une «vraie fine». C’es

7 Jours - - GRANDE RENCONTRE - PHO­TOS: JU­LIEN FAUGÈRE • MA­QUILLAGE- COIF­FURE: SYLVY PLOURDE

Ma­rie-So­leil, lors­qu’on écrit ton nom sur un mo­teur de re­cherche, il y a une mul­ti­tude de pro­jets qui ont fa­çon­né ta car­rière qui sortent. Une des choses qui m’im­pres­sionnent chez toi, c’est ta constance. (Rires) Cet au­tomne, ça fe­ra 20 ans que j’ai fait ma pre­mière ap­pa­ri­tion té­lé dans La fin du monde est à 7 heures. Mon ob­jec­tif a tou­jours été de du­rer et de me dé­mar­quer, même lorsque j’étais une étu­diante en jour­na­lisme. Dans ce do­maine, plus les an­nées passent, moins il y a de gens qui peuvent se van­ter d’avoir une car­rière qui dure. Quel est ton se­cret? Oh! mon Dieu... Tra­vailler fort, peu­têtre? Je ne suis pas une fille ex­tra­va­gante. C’est plu­tôt ma ri­gueur au tra­vail qui fait que j’ai cette place. Un de mes trucs pour du­rer, c’est de ne pas trop m’em­bal­ler avec les éloges, mais aus­si de ne pas trop dé­mo­ra­li­ser lors de mau­vaises cri­tiques ou d’échecs. Tous ces hauts et ces bas peuvent de­ve­nir très dif­fi­ciles à vivre. Un con­seil que je don­ne­rais, c’est d’avoir d’autres formes d’iden­ti­tés, de ne pas seule­ment se dé­fi­nir par son mé­tier. Lorsque tu re­gardes en ar­rière, réa­lises-tu la chance que tu avais? Ab­so­lu­ment. J’ai eu la chance aus­si de ren­con­trer les bonnes per­sonnes au bon mo­ment. Aimes-tu le fait d’être connue? Je ne cherche pas ce­la à tout prix. C’est cer­tain qu’il y a des pri­vi­lèges très agréables as­so­ciés au fait d’être une per­son­na­li­té pu­blique. Mais ce que j’aime par-des­sus tout, c’est de m’im­pli­quer à fond dans le conte­nu de chaque émis­sion que je fais, à la ra­dio comme à la té­lé­vi­sion. À la ra­dio, tu pour­suis ton aven­ture à Rythme FM avec un grand ami! Me re­trou­ver à la ra­dio en fin de jour­née pour coa­ni­mer Des hits dans l’tra­fic avec Sé­bas­tien Be­noit fait par­tie des plai­sirs de mon mé­tier! Tra­vailler avec un ami, avec qui une com­pli­ci­té est dé­jà éta­blie de­puis une quin­zaine d’an­nées, ça vaut de l’or. Sé­bas­tien a la force de pou­voir se re­vi­rer sur un dix cennes; il est à la fois spon­ta­né et ul­tra pré­pa­ré. Ça fait long­temps que tu fais de la ra­dio; que trouves-tu de dif­fé­rent au­jourd’hui com­pa­ra­ti­ve­ment à tes dé­buts? C’est sur­tout l’in­ter­ac­tion avec le pu­blic qui a chan­gé. Il y a quelques an­nées, par exemple, dans Les mi­dis de Vé­ro, on fai­sait beau­coup ap­pel au pu­blic avec des lignes ou­vertes. Dans les an­nées qui ont sui­vi, je trou­vais que les gens ap­pe­laient moins, mais tex­taient de plus en plus. C’est re­pré­sen­ta­tif de la vie d’au­jourd’hui. Une chose qui ne change pas, c’est que, lors­qu’on entre dans le coeur des gens via la ra­dio, on y reste pour long­temps. J’ai­me­rais t’en­tendre sur ton image. Quel rap­port as-tu avec ta beau­té? Je ne fe­rai pas sem­blant que je ne suis pas pré­oc­cu­pée par ça. Je trouve que c’est de l’ou­vrage et qu’il faut le dire!

(rires) Quand je lis les grandes ve­dettes qui nous disent qu’il ne faut que boire de l’eau, bien dor­mir et faire du yo­ga, je ne les crois pas trop. On sou­haite tou­jours se pré­sen­ter sous son meilleur jour! Je viens d’avoir 40 ans et je suis en­core très en paix avec l’image que je vois lorsque je fais de la té­lé. Je prends soin de moi, mais j’ai aus­si beau­coup de chance, j’ai une belle hé­ré­di­té. Je re­garde ma mère, mes tantes, ma grand-mère, elles sont toutes de belles femmes qui ont pris soin d’elles. La beau­té pour moi, c’est tel­le­ment plus glo­bal que le vi­sage! En fait, ma san­té me pré­oc­cupe plus que ma beau­té. Com­ment vis-tu avec les ré­seaux so­ciaux? Bien qu’il y ait beau­coup de faux ou de pho­tos «em­bel­lies», je sens une vague d’au­then­ti­ci­té. Sur Ins­ta­gram, il y a les deux cou­rants en même temps: une

Cet au­tomne, ça fe­ra 20 ans que j’ai fait ma pre­mière ap­pa­ri­tion té­lé­vi­suelle…

re­cherche d’au­then­ti­ci­té et du fake plus que ja­mais. Tu es très ac­tive sur tes ré­seaux so­ciaux. Ce sont les nou­veaux per­rons d’églises! Je na­vigue là-de­dans, mais pas tant en images. On di­rait que je suis un peu à l’an­cienne, dans le sens où je suis en­core une per­sonne qui vit les mo­ments plu­tôt que de tou­jours les prendre en pho­to. En voyage sur­tout, on se dit par­fois, mon ma­ri et moi: «Ça, c’est juste pour les yeux.» C’est un mo­ment qu’on vit juste pour nous. Tu réus­sis à dé­cro­cher en voyage? J’ai vrai­ment be­soin de pé­riodes de dé­con­nexion. En va­cances, je suis très pro­tec­trice de ces mo­ments, je ferme mon Wi-Fi et je me mets en mode avion, car c’est tel­le­ment fa­cile de se lais­ser en­va­hir! On at­tache sou­vent aux per­son­na­li­tés pu­bliques un rôle de dé­fen­seur de causes. Sens-tu que tu as ce de­voir? C’est in­té­res­sant, car je me suis beau­coup po­sé la ques­tion per­son­nel­le­ment en tant que femme lorsque j’ai réa­li­sé que je ne pour­rais pas avoir d’en­fants. J’avais la mi-tren­taine et j’avais tou­jours pen­sé que je sui­vrais le che­min de la ma­ter­ni­té. Je te di­rais même que je n’ai pas en­core toutes les ré­ponses face à mes ques­tion­ne­ments. Il a fal­lu que je me trouve un autre «che­min de femme» qui ne pas­se­rait pas par avoir des bé­bés. Je me suis beau­coup ou­verte aux autres sur l’in­fer­ti­li­té au cours des der­nières an­nées et j’ai sen­ti le bien que je fai­sais à ceux et celles qui vi­vaient cette même si­tua­tion. Est-ce qu’on en parle as­sez se­lon toi? On parle beau­coup d’adop­tion, d’in vi­tro, mais on parle ra­re­ment de mon genre de par­cours. Pour toutes sortes de cir­cons­tances, je me suis re­trou­vée face à ces choix-là et, pour toutes sortes de rai­sons, j’ai choi­si une autre voie, soit celle de dire qu’à deux, on peut être une «fa­mille». Tu veux donc dire à deux avec ton ma­ri? Oui. Je pense que j’ai ga­gné le gros lot de l’amour! Érick et moi, on est une su­per équipe. J’ai eu du mal à trou­ver le bon gars car, en fait, je ne cher­chais pas la bonne per­sonne. Ja­mais je n’au­rais pen­sé avoir ce ni­veau d’in­ti­mi­té ni cette com­pli­ci­té avec un amou­reux. Le plus beau ca­deau de ma vie a été de le ren­con­trer, ce gars-là. Pour­quoi êtes-vous une bonne équipe? J’ai­me­rais ça être plus in­sou­ciante, mais ce n’est pas un de mes traits de ca­rac­tère! (rires) Mon ma­ri com­prend bien ce cô­té de moi, et c’est ce qui fait qu’on est un si bon match. Lui, c’est un pe­tit so­leil, bon vi­vant, qui ne s’en fait pas trop avec la vie. Il m’équi­libre. Moi, j’ai be­soin de quel­qu’un qui m’élève, et

«Au mo­ment où mon frère a com­men­cé à fon­der sa fa­mille, j’étais dans mon deuil de la ma­ter­ni­té.»

«Mon chum m’équi­libre. J ’ai be­soin de quel­qu’un qui m’élève, et mon ma­ri est par­fait pour ça. »

mon ma­ri est par­fait pour ça. Vous ne par­ta­gez pas de pho­tos de vous deux en­semble, pour­quoi? On en par­tage très peu ef­fec­ti­ve­ment, mais il ne faut ja­mais dire ja­mais! Érick est le réa­li­sa­teur de Ri­car­do de­puis plu­sieurs an­nées; il tra­vaille en té­lé­vi­sion, mais dans l’ombre. Ce n’est pas qu’on se cache, on est juste ca­sa­niers et pro­tec­teurs de notre in­ti­mi­té. Ton rôle de tante est im­por­tant. Tu t’im­pliques beau­coup dans la vie de tes ne­veux et de ta nièce. Peut-être que, si j’avais eu mes propres en­fants, je ne se­rais pas aus­si proche d’eux. Au mo­ment où mon frère a com­men­cé à fon­der sa fa­mille, j’étais dans mon deuil de la ma­ter­ni­té. J’ai donc eu beau­coup de chance quand ces pe­tits êtres sont ar­ri­vés; ils m’ont ai­dée à gué­rir. Je sais très bien qu’ils ne sont pas mes en­fants ni des en­fants de rem­pla­ce­ment, et j’ai le bon­heur de par­ti­ci­per à ma fa­çon, en of­frant de mon temps à mon frère et à ma belle-soeur. Je réa­lise le pri­vi­lège que j’ai eu et que j’ai en­core d’avoir cette place dans leur jeune vie. Sens-tu l’im­pact que tu as sur eux? C’est pas toi qui choi­sis si tu se­ras si­gni­fiant dans leur vie, mais moi je sais dé­jà le bien qu’ils me font. Lorsque je m’ima­gi­nais avec des en­fants, je me voyais tou­jours avec une fille. Ç’a donc été une sur­prise d’avoir deux ne­veux au dé­part, puis une nièce par la suite. Avec eux, j’ai re­dé­cou­vert le plai­sir du jeu et du sport. J’ai 15 tantes, et elles ont toutes été for­mi­dables pour moi. Et plu­sieurs ont été si­gni­fi­ca­tives pour moi, c’est donc un rôle im­por­tant que je n’ai ja­mais pris à la lé­gère et qui est d’une grande im­por­tance. Oui, je sou­haite être un mo­dèle pour eux, mais je vou­drais sur­tout être quel­qu’un sur qui ils peuvent comp­ter. Que veux-tu leur trans­mettre? Je veux juste qu’ils aient confiance en la vie! Je veux qu’ils sachent que ma porte se­ra tou­jours ou­verte. J’ai­me­rais qu’ils re­tiennent qu’il y a des so­lu­tions à tous les pro­blèmes. Je va­lo­rise aus­si l’ef­fort et la per­sé­vé­rance; ce sont des va­leurs qui m’ont été trans­mises par mes pa­rents. As-tu peur de quelque chose? Les ques­tions en­vi­ron­ne­men­tales me pré­oc­cupent. J’ai de la dif­fi­cul­té à conce­voir que ce ne soit pas une prio­ri­té mon­diale. De sen­si­bi­li­ser des gens sur de saines ha­bi­tudes de vie fait par­tie des mis­sions que je me donne. Tu mets sou­vent la lu­mière sur les autres. Tu es l’une des pre­mières qui m’ont com­pli­men­tée au dé­but de L’amour est dans le pré... Quand je le pense, je le dis. Je ne fais ja­mais de faux com­pli­ments. Si je vois quel­qu’un qui fait un bon coup à la ra­dio ou à la té­lé­vi­sion, je le dis. Je trouve ça im­por­tant, car je sais com­bien ça fait du bien. En pu­blic ou en pri­vé, ça n’a pas d’im­por­tance. L’im­por­tant, c’est que c’est très sin­cère. Quelle est ta plus grande force dans ce mé­tier? Je suis cu­rieuse et je m’in­té­resse aux autres. J’at­tire beau­coup la confi­dence et, pour une rai­son que je ne m’ex­plique pas, on me fait confiance et on me confie des se­crets. J’ai éga­le­ment bâ­ti cette re­la­tion avec le pu­blic, et c’est im­por­tant pour moi de ne pas la tra­hir. Der­rière toi, il y a une tonne de réus­sites. Qu’est-ce qu’il y a de­vant toi? Tu es une fille de listes, j’ima­gine donc que tu en as une... Oui, j’ai une liste de sou­haits! À 40 ans, je me sens com­blée, mais c’est bien cer­tain qu’il y a des choses que je vou­drais faire que je n’ai pas en­core faites. J’ai­me­rais ani­mer un jeu té­lé­vi­sé dans le­quel on ap­prend des choses tout en s’amu­sant. C'est rare qu’on confie des quiz à des ani­ma­trices. J’adore jouer, je suis al­lée à tous les jeux à la té­lé. Je suis éga­le­ment la plus grande fan au monde de So You Think You Can Dance. La danse me fait tel­le­ment pleu­rer! En fait, le ta­lent m’émeut beau­coup, et j’aime le mettre en va­leur.

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