ÊTRE VI­VANT, C’EST...

7 Jours - - Grande Rencontre -

Nous avons de­man­dé à Jé­ré­my quel était le sens du titre de son tout nou­veau spec­tacle, Vi­vant. «Il y a quelques mois, j’ai lu cette phrase d’Os­car Wilde: “Peu de gens vivent, la plu­part ne font qu’exis­ter.” Ça m’a tou­ché. J’ai com­men­cé à me de­man­der ce que ça si­gni­fiait pour moi, être vi­vant. Ça veut d’abord dire être connec­té sur soi. Moi, j’ai pas­sé une par­tie de ma vie à ne pas res­sen­tir les émo­tions. Je ré­pé­tais tou­jours que tout al­lait bien, même quand ce n’était pas le cas. Il y a des pé­riodes pen­dant les­quelles j’ai res­sen­ti de la co­lère, de la frus­tra­tion et de la peine, mais je ne me suis pas per­mis de vivre ce qui m’ha­bi­tait. Être vi­vant, ça passe aus­si par le fait d’ac­cep­ter que ma vie est le ré­sul­tat des choix que j’ai faits. Ça si­gni­fie aus­si d’ac­cep­ter que je vieillis et qu’un jour, je ne se­rai plus là. Être vi­vant, c’est ap­prendre à me dé­ta­cher de mon image. J’ai pas­sé une par­tie de ma vie à créer une autre image de moi, à ne mon­trer que les bons cô­tés pour me faire ai­mer des autres. J’ai ap­pris à me dire que je n’ai pas que de bons cô­tés. Des fois, j’ai aus­si le goût de gueu­ler, je suis par­fois im­pa­tient et fa­ti­gué. Au­jourd’hui, j’ai vrai­ment en­vie d’ap­prendre à être moi, en en­tier, avec ma face brillante, mais aus­si celle qui est par­fois plus sombre.»

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