LE MONSTRE: LA SUITE d’In­grid Fa­laise

7 Jours - - Les Choix -

En oc­tobre 2015, la lu­mi­neuse co­mé­dienne In­grid Fa­laise pu­bliait

Le monstre, un livre qui re­la­tait sa ren­contre avec ce­lui qu’elle croyait être son prince char­mant. L’homme al­lait tou­te­fois se ré­vé­ler être tout le contraire. Deux ans plus tard, elle lance la suite, dans la­quelle elle ra­conte sa lente re­mon­tée vers la lu­mière.

In­grid, quel est le but de ce se­cond livre?

Après la sor­tie du Monstre, ma page Fa­ce­book s’est rem­plie de mil­liers de mes­sages. J’ai créé une con­fé­rence, pré­sen­tée aux quatre coins du Qué­bec, et chaque fois, les mêmes ques­tions re­ve­naient: «Comment puis-je me re­bâ­tir? As-tu eu des an­goisses, toi aus­si? Comment as-tu réus­si à ai­mer de nou­veau?» Je me suis mise à nue, et l’ac­cueil que j’ai re­çu a été ex­tra­or­di­naire. La moindre des choses était de rendre la pa­reille aux gens. Ces lec­trices font par­tie de ma re­cons­truc­tion. Et l’écri­ture est thé­ra­peu­tique. Il faut bri­ser le si­lence. Pour gué­rir, il faut ra­con­ter nos bles­sures, nos failles. C’est grâce au pre­mier livre que je suis tom­bée en­ceinte; main­te­nant, je peux don­ner un en­vi­ron­ne­ment sain à cet en­fant à ve­nir. C’est fa­bu­leux de gué­rir par l’écri­ture!

Qu’as-tu res­sen­ti une fois ce livre-ci ter­mi­né?

Une fier­té et un poids en­le­vé de mes épaules. Je me suis dit: «Je l’ai fait. Cette fois, c’est ter­mi­né.» Je pou­vais en­fin pas­ser à une autre étape de ma vie, au­tant pour moi que pour mes proches.

Était-ce aus­si dif­fi­cile d’écrire ce­lui-ci?

Ça l’était beau­coup plus, en fait! Le pre­mier a vé­cu dans ma tête du­rant des an­nées, il était prêt à sor­tir. J’ai mis mon his­toire sur pa­pier en deux mois. Mais ma re­cons­truc­tion s’est faite sur plu­sieurs an­nées. Et ç’a été une re­cons­truc­tion en soi de l’écrire, parce que j’ai vé­cu des prises de conscience à ré­pé­ti­tion. C’était épui­sant.

Quels sont tes es­poirs en tant que fu­ture ma­man?

Je vais mettre au monde un fils, qui va de­ve­nir un homme. Je m’en­toure d’hommes ai­mants, doux et at­ten­tion­nés. Je trouve ça for­mi­dable de mettre au monde un gar­çon! La vie est ex­tra­or­di­naire. Je veux lui ap­prendre que l’amour est im­por­tant mais, sur­tout, que le res­pect est vi­tal. Sans res­pect, le mot «amour» n’a pas la même cou­leur. L’es­time de soi, re­con­naître sa propre va­leur tout en en don­nant aux autres aus­si, c’est es­sen­tiel. J’ai l’es­poir qu’il connaî­tra mon his­toire, qu’il se­ra sen­si­bi­li­sé. Et je se­rai là pour ré­pondre à toutes ses ques­tions. Je fe­rai de mon mieux tout en pro­té­geant son en­fance. J’ai un sen­ti­ment de pro­tec­tion très fort. Je suis une lionne pour ceux que j’aime.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.