Pierre La­pointe SANS CONCES­SION

Le chan­teur lance ces jours-ci un tout nou­vel al­bum fait de 11 chan­sons pour les­quelles il a pous­sé son pro­ces­sus créa­tif en­core plus loin. Pierre La­pointe se ra­conte sur la pré­pa­ra­tion de cet al­bum, sur sa par­ti­ci­pa­tion à La Voix et sur sa car­rière en Fr

7 Jours - - Choix - Par Pa­trick PHO­TOS: BRU­NO PETROZZA

Pierre, en quoi cet al­bum est-il spé­cial pour toi? C’est la pé­riode de créa­tion où j’ai le mieux réus­si à prendre mon idée de base et à al­ler au bout de l’ex­pé­rience. Je vou­lais faire le pont entre la tra­di­tion de la chan­son fran­çaise — une fa­çon un peu an­cienne d’ar­ran­ger, d’écrire des textes —, tout en fai­sant des chan­sons contem­po­raines. Pour y ar­ri­ver, il me fal­lait ren­con­trer la bonne per­sonne qui al­lait me per­mettre de faire tout ça, et je l’ai trou­vée. Cette per­sonne, c’est David-Fran­çois Mo­reau, le frère de Pa­trick Bruel... Oui, ç’a été toute une ren­contre pour moi! J’ai sen­ti que c’était exac­te­ment la moi­tié de cer­veau qu’il me fal­lait pour faire ce que je vou­lais faire. À moi seul, je n’ai pas les connais­sances tech­niques et mu­si­cales pour y ar­ri­ver. Ce disque est le ré­sul­tat d’une grande ren­contre. C’est l’abou­tis­se­ment de tout ce que j’ai ap­pris dans les 15 der­nières an­nées. Comment dé­cri­rais-tu cet al­bum? Avant, je fai­sais ce que j’ap­pelle de la «poé­sie va­po­reuse». À par­tir de l’al­bum

Punkt (2013), j’ai com­men­cé à in­té­grer du réa­lisme dans mes chan­sons. Pour moi, l’al­bum fait ré­fé­rence à des villes, à des ar­tistes, je parle au «tu» et au «je», il y a une confu­sion entre ce qui est vrai et ce qui est ro­man­cé. Il y a des trucs qui sont du pur fan­tasme parce que je consi­dère que ma vie n’est pas as­sez in­té­res­sante pour que je me per­mette de la ra­con­ter. Qu’avais-tu en­vie de ra­con­ter? C’est ar­ri­vé sans que je m’en rende compte, mais ça tourne au­tour de l’amour. L’idée était d’abord de tra­vailler des ar­ran­ge­ments et des mé­lo­dies. C’était un trip es­thé­tique. Une ob­ses­sion de faire des chan­sons émou­vantes pour les gens et de trou­ver un équi­libre là-de­dans. L’amour est le thème par­fait, c’est uni­ver­sel. Parle-moi un peu du pro­ces­sus de créa­tion du disque. Ça s’est fait très ra­pi­de­ment: en l’es­pace de deux mois, tout était fait. J’avais la chan­son La science du coeur de­puis trois ans. Puis on s’est mis, David et moi, à se lan­cer la balle: il m’en­voyait des mu­siques, j’en­voyais des textes... Da­niel Bé­lan­ger est pré­sent aus­si sur le disque. C’est une de tes idoles? Oui, je l’ap­pelle le Doyen. Son disque

Les in­som­niaques s’amusent est le pre­mier al­bum que j’ai ap­pris par coeur. C’est l’al­bum que j’ai le plus écou­té du­rant ma sixième an­née. Pour moi, c’est un gros sym­bole de l’avoir sur mon disque, car il est une de mes grandes in­fluences. C’est sur­réel de réa­li­ser que le des­tin m’a ame­né à tra­vailler avec lui. Est-ce vrai qu’en plus de cet al­bum, tu as fait d’autres disques dans la même pé­riode de créa­tion? Oui, c’est vrai. J’ai en­re­gis­tré trois disques en six mois, mais les autres al­bums sont dif­fé­rents. J’aime tra­vailler dans la sur­abon­dance. J’aime me saou­ler avec plein d’af­faires qui m’ins­pirent et lais­ser quelque chose s’en dé­ga­ger. Je n’ai au­cune idée du mo­ment où les autres disques se­ront lan­cés. Ce n’est pas une tri­lo­gie. Ce sont trois pro­jets dis­tincts qui se sont faits dans un sen­ti­ment d’ur­gence. J’aime créer à un rythme ef­fré­né. Tu pars pour Pa­ris bien­tôt. Ça se passe comment pour toi là-bas? Est-ce qu’on te re­con­naît dans la rue? Pas vrai­ment. Je suis connu d’un pe­tit ré­seau de gens qui aiment la chan­son et qui fouillent. J’ai fait des en­tre­vues pour des jour­naux et quelques té­lés, dont On n’est pas cou­ché. Mais je suis ca­pable de mar­cher dans la rue... Est-ce que tu t’y fe­rais si tu avais une aus­si grosse po­pu­la­ri­té? J’ima­gine que oui, parce que ça vient par étape. Mais en même temps, j’aime al­ler à l'épi­ce­rie. Je prends le mé­tro. Je ne suis pas du tout là-de­dans. C’est cer­tain que faire La Voix, ça change un peu les choses. Mais j’ai dé­ci­dé de ne pas faire de conces­sions. Je fais ma vie comme avant et ça me fait plai­sir de m’ar­rê­ter pour par­ler aux gens. Je suis content d’avoir pu vivre

La Voix, sur tous les plans. Ça m’a per­mis d’exis­ter dans la tête des gens et de m’an­crer dans leur mé­moire. Aus­si, je n’ai ja­mais écou­té au­tant de mu­sique di­ver­si­fiée. C’est très sain, et je pense que mon disque dé­coule aus­si de ce­la. Je suis re­con­nais­sant d’avoir pu vivre cette ex­pé­rience.

L’al­bum La science du coeur est of­fert en ligne et en ma­ga­sin. Pour connaître les dates des spec­tacles du chan­teur, vi­si­tez pier­re­la­pointe.com.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.