UNE RÉ­SI­LIENTE

7 Jours - - Télé -

Ce qui est fas­ci­nant avec Guy­laine, c’est son in­croyable ré­si­lience. Au dé­but de sa car­rière, elle est al­lée chan­ter en France à l’in­vi­ta­tion d’un pro­duc­teur. Pen­dant un été, elle a fait une tour­née qui to­ta­li­sait 28 spec­tacles. C’était l’ar­gent qu’elle de­vait amas­ser pour payer ses frais de sco­la­ri­té. Lorsque le pro­duc­teur est al­lé la re­con­duire à l’aé­ro­port avec sa mère pour leur re­tour, il a pré­tex­té avoir ou­blié son car­net de chèques dans sa voi­ture... et il n’est ja­mais re­ve­nu! Elle n’a ja­mais été payée. Vingt ans plus tard, elle a dé­ci­dé qu’elle re­tour­ne­rait en France pour le re­trou­ver. Avec son ma­ri, Carl, elle est par­tie à sa re­cherche. Elle a fi­ni par com­prendre que le jour où il s’était en­fui, il avait lais­sé sa femme, sa mai­son et qu’il était par­ti vivre avec une autre femme. Au fi­nal, elle ne l’a ja­mais re­trou­vé. C’était la pre­mière fois qu’elle se li­vrait avec au­tant de dé­tails sur son en­fance et sur sa re­la­tion avec son père. Sa fa­mille n’était pas très for­tu­née. Un soir que son père était re­ve­nu saoul d’une soi­rée, il était en­tré dans sa chambre pour lui dé­ro­ber son ar­gent de poche. Elle était dans son lit quand elle a vu son père lui vo­ler son ar­gent. Elle nous a ra­con­té des his­toires d’hor­reur, mais cette image d’un père qui vole son en­fant n’a au­cun sens pour moi. Lorsque

Guy­laine a com­men­cé à tra­vailler et à ga­gner son propre ar­gent, elle a vou­lu ai­der sa mère et sa fa­mille à me­ner une vie nor­male. Elle ame­nait donc ses frères à la cré­me­rie et elle leur ache­tait des vê­te­ments.

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