CA­THE­RINE-ANNE TOU­PIN

La der­nière an­née a été plus que char­gée pour Ca­the­rine-Anne Tou­pin. Deux rôles mar­quants à la té­lé­vi­sion, une pièce qu’elle a écrite et dé­fen­due sur scène: l’ac­trice et au­teure n’a pas ar­rê­té. Et cette fin d’an­née ar­rive avec une belle sur­prise, qu’elle

7 Jours - - Sommaire - Par Pas­cale Wil­hel­my PHO­TOS: JU­LIEN FAUGÈRE • STY­LISME: KA­RINE LA­MON­TAGNE MA­QUILLAGE-COIF­FURE: ANA­BELLE DESC­HAMPS

L’au­teure et co­mé­dienne a été très oc­cu­pée cette an­née. Elle se confie à notre col­la­bo­ra­trice Pas­cale Wil­hel­my sur son nou­veau bé­bé, une émis­sion spé­ciale d’une heure de Boo­me­rang, et sur ce que lui ré­serve l’ave­nir.

Au cours de la der­nière an­née, Ca­the­rine-Anne a dû com­po­ser avec un agen­da char­gé, mul­ti­pliant les rôles au pe­tit écran et sur scène. Et ce­la, sans comp­ter les mul­tiples en­tre­vues où elle a évo­qué ses pro­jets d’écri­ture et ses pièces de théâtre, qui connaissent un grand suc­cès au­tant ici qu’un peu par­tout dans le monde. Des pro­jets qui lui tiennent à coeur et qui pour­raient l’ame­ner à tra­vailler ailleurs — mais Ca­the­rine-Anne est bien ici, par­mi les siens, avec le pu­blic qu’elle aime. Pro­fon­dé­ment, ça s’en­tend, ça se palpe. Ici, il n’y a pas de jeu. Et pour cet en­tre­tien, elle a en­vie de par­ler d’une émis­sion toute spé­ciale de Boo­me­rang, cette té­lé­sé­rie qu’elle a créée et sur la­quelle elle veille tou­jours avec beau­coup d’af­fec­tion...

Ca­the­rine-Anne, le tour­nage de la qua­trième sai­son de Boo­me­rang est ter­mi­né et vous nous of­frez une émis­sion toute spé­ciale...

Oui, cette an­née, on a vou­lu faire une sur­prise aux gens. Nous avons tour­né un épi­sode d’une heure, qui est un spé­cial de Noël. Et, sin­cè­re­ment, jus­qu’à pré­sent nous avons 48 épi­sodes de Boo­me­rang, ce­lui-ci est mon pré­fé­ré. Nous avions en­vie de don­ner aux té­lé­spec­ta­teurs la ge­nèse de Boo­me­rang, c’est-à-dire comment étaient les per­son­nages il y a huit ans. Ça se passe donc en dé­cembre 2010, avant que Pa­trick et Ka­rine se ren­contrent.

On va ain­si as­sis­ter à la nais­sance de votre couple...

L’épi­sode suit, entre autres, la toute pre­mière ren­contre de Pa­trick et Ka­rine. Comment ils se croisent pour la pre­mière fois et comment ils tombent en amour. On voit aus­si Pa­trick en­trer pour la pre­mière fois dans la fa­mille Ber­nier et, évi­dem­ment, ça va mal se pas­ser.

On l’ima­gine un peu...

On se re­trouve donc à Noël 2010 et, ce qui est très drôle, c’est qu’on est tous trans­for­més phy­si­que­ment. Les gens à la coif­fure, au ma­quillage, aux

cos­tumes ont fait un tra­vail ex­tra­or­di­naire. On a tous l’air jeunes!

Et on dé­couvre quoi?

Il y a Ka­rine qui se cherche quel­qu’un. Elle ra­mène plein de chums à la mai­son et ça ne marche ja­mais. Toute la fa­mille est dé­cou­ra­gée. Pen­dant ce temps-là, Pa­trick et Syl­vain vivent une vie d’ado­les­cents at­tar­dés dans un de­mi-sous­sol. Syl­vain s’ha­bille en père Noël dans les centres com­mer­ciaux, Pa­trick est li­vreur dans une piz­ze­ria... Et Pierre et Mo­nique se di­rigent vers la re­traite, confiants, en se di­sant sur­tout qu’ils ont pla­cé de l’ar­gent, que ça ira bien. Tout ça, bien sûr, avant la faillite et la perte de toutes leurs éco­no­mies.

Bref, un épi­sode char­gé...

Oui, et ça nous a tel­le­ment ren­dus heu­reux de tour­ner cet épi­sode! C’était tel­le­ment mi­gnon! C’est comme une co­mé­die ro­man­tique. Ce sont les pre­miers ins­tants de Pa­trick et Ka­rine, la fa­çon dont ils tombent en amour. Ce re­tour dans le pas­sé nous fait dé­cou­vrir ces per­son­nages de ma­nière très dif­fé­rente de ce que l’on connaît d’eux au­jourd’hui.

C’est toi qui as eu cette idée?

En fait, c’est en tra­vaillant tout le monde en­semble. À force d’écrire sur ces per­son­nages, les au­teurs Yan Tan­guay et Ka­ri­na Go­ma se sont ima­gi­né tout leur pas­sé. Et ils ont écrit ce pe­tit chef-d’oeuvre. Sou­vent, entre ac­teurs, on par­lait de ce que nous étions avant d’être en­semble. Je l’avais aus­si écrit dans ce qu’on ap­pelle «la bible des per­son­nages». Nous avions en­vie d’ex­plo­rer ce pas­sé pour que les gens sachent. Puis on s’est dit que ce se­rait le fun qu’on les voie avant que tout aille mal, lors­qu’ils étaient jeunes et naïfs. C’est riche. C’est beau. C’est hy­per tou­chant.

Ça se passe dans le temps des fêtes. C’est une pé­riode que tu aimes?

Pas vrai­ment. (rires) Mais, ce que j’aime de ce pro­jet, ce n’est pas la pé­riode, c’est plus l’émo­tion qui en res­sort. Sin­cè­re­ment, An­toine et moi,

lors­qu’on a vu le mon­tage, on s’est mis à pleu­rer tous les deux au même mo­ment. Ça nous a émus, pas parce que c’est nous, mais parce qu’on aime ces per­son­nages. Et on était heu­reux qu’ils se trouvent. Ça nous a tel­le­ment tou­chés de voir Pa­trick et Ka­rine tom­ber en amour.

Quand même, c’est sans doute aus­si parce que vous vous êtes trou­vés dans la vraie vie...

Il y a peut-être un peu de ça... Sur les quatre ans de Boo­me­rang, c’est l’épi­sode qui me touche le plus. Je le dis sin­cè­re­ment, c’est un pe­tit bi­jou qui fait du bien.

Cet épi­sode bou­cle­ra un cycle de créa­tion in­tense. Tu vis ac­tuel­le­ment une pé­riode de tran­si­tion, puisque la plu­part des pro­jets que tu mènes sont soit en train de prendre fin, soit dé­jà ter­mi­nés.

J’ai l’im­pres­sion d’être al­lée au bout de plu­sieurs pro­jets et d’avoir me­né mon pe­tit ba­teau à bon port. Uni­té 9, qui est une aven­ture ex­tra­or­di­naire, se ter­mine cette an­née. Et ça m’a tel­le­ment en­ri­chie comme co­mé­dienne. On se croise les doigts pour une cin­quième an­née de Boo­me­rang, mais c’est quand même un pro­jet qui va vers sa fin. Et ma pièce La meute, qui était la chose que je por­tais en moi de­puis long­temps, d’abord comme au­teure, puis, comme pa­role de femme, c’était im­por­tant que je la porte et que je la dé­fende sur scène.

Alors qu’est-ce qui se des­sine pour ce nou­veau cycle? Sur quoi tra­vailles-tu en ce mo­ment?

Je suis tou­jours en train de tra­vailler sur de nou­veaux pro­jets. Parce que, quand on est un créa­teur, il faut avoir deux, trois af­faires en même temps, qui se­ront peut-être vues par les gens. Et sou­vent, ça se pro­duit trois ou cinq ans après qu’on a com­men­cé à tra­vailler. C’est comme ça. Tu sais, je ne parle ja­mais des choses sur les­quelles je suis en train de tra­vailler... Mais c’est sûr que j’ai le dé­sir de conti­nuer à abor­der des su­jets que je trouve im­por­tants. Je veux conti­nuer de par­ler aux gens, au pu­blic, que j’aime et qui me font l’hon­neur d’en­tendre ce que j’ai à leur dire. C’est un im­mense pri­vi­lège que je prends avec res­pect.

Ta toute pre­mière pièce, À pré­sent, a connu un grand suc­cès ici, a été tra­duite en plu­sieurs langues et jouée dans plu­sieurs pays. La meute semble vouée à un bel ave­nir. As-tu en­vie d’une car­rière à l’étran­ger?

Si on veut en­tre­te­nir une car­rière à l’étran­ger, il faut être là-bas. Il faut y in­ves­tir toutes ses éner­gies. Ce n’est pas quelque chose que j’ai en­vie de faire. Même à temps par­tiel, c’est im­pos­sible. Moi, j’aime ma vie et ma car­rière ici. J’aime les gens. Et j’ai en­vie de conti­nuer de m’adres­ser à eux. Mon an­crage n’est pas ailleurs, il est vrai­ment ici.

C’est un choix as­su­mé, tu ne mets pas une croix sur un rêve...

À mon âge, ça ne me parle plus. Peu­têtre que si tout ça était ar­ri­vé lorsque j’avais 25 ou 30 ans, ç’au­rait été autre chose. Mais ma fa­mille, mes amis, ma vie sont près de moi et je n’ai au­cun dé­sir d’ailleurs. Et on est pri­vi­lé­giés, ici. On tra­vaille dans de belles condi­tions...

Tu as dit ré­cem­ment que, toute pe­tite, tu avais eu un coup de foudre pour la scène.

Jeune, j’étais très ti­mide. À cette époque, la per­sonne qui n’osait pas trop prendre de place dans la vie de tous les jours re­trou­vait qui elle était vrai­ment. On di­rait que sur scène, il y a quelque chose de fort, de fon­da­men­tal, qui ne s’ex­plique pas. Comme une évi­dence.

Sur les pla­teaux de tour­nage, tu re­trouves le même plai­sir que sur la scène?

Je pré­fère les pla­teaux de tour­nage à la scène, parce qu’on est dans l’ins­tan­ta­néi­té. Au théâtre, on re­fait tou­jours la même chose. Oui, chaque soir c’est dif­fé­rent, mais c’est comme un che­min qui est dé­jà tra­cé. Ce que j’aime beau­coup de la ca­mé­ra, c’est qu’elle nous per­met de nous aban­don­ner com­plè­te­ment, l’es­pace d’une ou deux mi­nutes. L’es­pace d’une prise. Elle nous per­met d’al­ler tou­cher des zones qui sont pro­fondes. Que ce soit l’ex­trême vio­lence, que ce soit le fou rire to­tal, que ce soit une in­ti­mi­té com­plète avec quel­qu’un. Et cette es­pèce d’aban­don entre le «Ac­tion!» et le «Cou­pez!», c’est ça qui me fait tri­per.

On te voit dans des rôles très op­po­sés en ce mo­ment à la té­lé­vi­sion. Est-ce que c’est le même ef­fort de jouer dans Boo­me­rang que dans Uni­té 9?

La co­mé­die est plus dif­fi­cile, plus éner­gi­vore! Ça de­mande plus de pré­pa­ra­tion. La co­mé­die ne par­donne rien. On le dit sou­vent, mais un quart de se­conde peut faire toute la dif­fé­rence. Si le mot ne sort pas, ou la ré­plique, ou la ré­ac­tion, la scène tombe. Pour moi, en drame, ce n’est pas ça. On a juste à être dans l’émo­tion avec son par­te­naire, et ça marche. En co­mé­die, il y a une tech­nique très forte, mais qu’on doit com­plè­te­ment ou­blier. Et, quand ç’a l’air fa­cile, c’est qu’on a tra­vaillé avant en ta­ba­rouette pour que ça n’ait pas l’air for­cé. Je sais que, sou­vent, les gens sont plus tou­chés par le drame. Ils pensent que c’est plus dur et que pleu­rer, c’est la chose la plus dif­fi­cile. Mais tel­le­ment pas! Ce qui est le plus dur, c’est l’es­pèce de pe­tite bulle ef­fer­ves­cente où on est to­ta­le­ment connec­tée à l’autre, où on se per­met de faire des niai­se­ries, mais où, en même temps, il faut qu’on soit vraie...

Donc, lorsque tu tournes Boo­me­rang,

tu tra­vailles fort...

Oui, mais nous avons aus­si un plai­sir énorme! Nous sommes une équipe de feu! Une équipe d’ac­teurs ex­traor­di­naires qui donnent le meilleur d’eux-mêmes dans de très longues et exi­geantes jour­nées. Et il y a l’équipe tech­nique, qui est aus­si im­por­tante que les ac­teurs. Ce qui est for­mi­dable, c’est qu’au fil des sai­sons, nous avons gar­dé la même équipe. Je pense que tout le monde aime cette gang que nous for­mons.

On en­tend sou­vent par­ler de cli­mat de tra­vail dif­fi­cile sur les pla­teaux de tour­nage. Tu ne vis donc pas ça...

Je n’ai eu que de belles ex­pé­riences. C’est sûr qu’avec les bud­gets qui sont de moins en moins éle­vés, ça nous force à de­voir tra­vailler plus ra­pi­de­ment. Mais je dois dire que, sur Uni­té 9 et Boo­me­rang, j’ai deux pla­teaux ex­traor­di­naires avec des gens for­mi­dables.

Vous sem­blez bien vous en­tendre, même hors du pla­teau...

On s’aime beau­coup. Avec Boo­me­rang, on se fait sou­vent des sou­pers. Ma­rieT­hé­rèse (For­tin) est une hô­tesse for­mi­dable, elle nous re­çoit constam­ment. On se re­trouve avec plai­sir à l’ex­té­rieur du pla­teau. Et cette fa­mille-là, de Boo­me­rang, que les gens ap­pré­cient à l’écran, elle existe dans la vie. On ne joue pas; on s’aime pour vrai.

Boo­me­rang, lun­di 19 h 30, à TVA.

L’émis­sion spé­ciale Boo­me­rang: Noël chez les Ber­nier se­ra pré­sen­tée le 9 dé­cembre à 19 h 30, à TVA.

Uni­té 9, mar­di 20 h, à Ra­dio-Ca­na­da.

«Si on veut en­tre­te­nir une car­rière à l’étran­ger, il faut être là-bas. Ce n’est pas quelque chose que j’ai en­vie de faire.»

«An­toine et moi, lors­qu’on a vu le mon­tage, on s’est mis à pleu­rer tous les deux au même mo­ment. Ça nous a émus, parce qu’on aime ces per­son­nages-là.» Lors de l’émis­sion spé­ciale Boo­me­rang: Noël chez les Ber­nier, les té­lé­spec­ta­teurs au­ront l’oc­ca­sion de vivre la toute pre­mière ren­contre de Ka­rine et Pa­trick.

Dans le pro­chain épi­sode de Boo­me­rang, Ka­rine et Sté­pha­nie doivent toutes deux an­non­cer une dure nou­velle à leur homme.

Au prin­temps pro­chain, avec l’an­nonce de la fin de la sé­rie, Ca­the­rine-Anne de­vra dire adieu à son per­son­nage dans Uni­té 9. La voi­ci aux cô­tés de la co­mé­dienne Ge­ne­viève Sch­midt.

Aux cô­tés de son amou­reux, An­toine Ber­trand, au Ga­la des prix Gé­meaux.

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