Vincent-Guillaume Otis et Guillaume Cyr

7 Jours - - Sommaire -

Mes­sieurs, dans la vie, vous êtes plu­tôt des George ou des Len­nie?

GUILLAUME: Si j’ai à choi­sir, je suis un Len­nie. VINCENT-GUILLAUME: Moi aus­si. On est deux Len­nie!

Se­lon toi, Guillaume, quand Vin­centGuillaume était pe­tit, était-il un pe­tit ange ou un pe­tit diable?

G.: Un pe­tit ange. Vincent, il est très sage, il ne veut pas trop dé­ran­ger, alors je n’ai pas l’im­pres­sion que c’était un de­vil.

V.-G.: J’étais à mon af­faire, mais je par­lais dans la classe pour faire rire les amis. Je vou­lais plaire et, par­fois, je pou­vais mal ju­ger la li­mite, mais je n’étais pas mé­chant. Je pense bien hum­ble­ment que j’étais un bon pe­tit gar­çon.

Et Guillaume, à la même époque, étai­til un fils à pa­pa ou un fils à ma­man?

V.-G.: J’au­rais ten­dance à dire que c’était plu­tôt un fils à ma­man, car il a quand même une grande sen­si­bi­li­té. Je suis cer­tain qu’il était près de sa mère. G.: En fait, j’étais plu­tôt un fils à pa­pa. Mon père était un homme au foyer, ce qui était ex­trê­me­ment rare en Beauce, et c’est ma mère qui tra­vaillait sou­vent à l’ex­té­rieur. Je suis à l’in­verse des autres per­sonnes de ma gé­né­ra­tion. Ce­la dit, ma sen­si­bi­li­té vient vrai­ment des deux.

Vincent, c’est plu­tôt un prag­ma­tique ou un ro­man­tique?

G.: Il est un par­fait mé­lange des deux. En fait, je di­rais un 60/40. Son cô­té in­tel­lec­tuel lui vient de sa grande cul­ture, de son plai­sir de pen­ser et de ré­flé­chir, mais ça reste un ac­teur et un être ex­trê­me­ment sen­sible. Comme pa­pa, comme amou­reux, comme ar­tiste, je pense qu’il est très proche de ses émo­tions. Alors, je di­rais qu’il est plu­tôt ro­man­tique.

V-.G.: C’est pas mal ça. J’aime bien le 60/40, d’ailleurs. C’est ex­cellent!

Guillaume a un fils de trois ans et de­mi. Tu le crois plu­tôt père-poule ou plu­tôt du genre à lais­ser al­ler son gar­çon sans trop le cou­ver?

père-poule! Ça «Guillaume est yeux quand il en pa­raît dans ses aus­si, j’en suis un moi parle. Comme le re­gard.» je sais re­con­naître Vincent-Guillaume -

V.-G.: Il est com­plè­te­ment père-poule! Ça pa­raît dans ses yeux quand il en parle. Comme j’en suis un moi aus­si, je sais re­con­naître le re­gard.

G.: C’est vrai. J’ai en ef­fet l’im­pres­sion qu’on est des pa­pas as­sez si­mi­laires.

Être père-poule, ça vient avec le cô­té sen­sible?

V.-G.: Je pense que c’est faux de pen­ser que le fait qu’on soit près de nos en­fants n’est qu’une ques­tion de sen­si­bi­li­té. Ça vient aus­si avec l’idée d’être terre-à-terre. Moi, si tu me de­mandes de choi­sir entre [me consa­crer à] ma car­rière et être père de fa­mille, je vais choi­sir d’être père d’abord. Ça va tou­jours pas­ser en pre­mier, parce que c’est quelque chose qui me tient an­cré au sol. J’ai bien plus be­soin de ça. Et ça fait ap­pel à quelque chose de plus san­guin, de plus vis­cé­ral que le cô­té ro­man­tique.

Guillaume, crois-tu que ton met­teur en scène est bor­dé­lique ou qu’il est ob­sé­dé d’ordre et d’or­ga­ni­sa­tion dans son es­pace de tra­vail?

G.: Je n’ai ja­mais vu un gars avec les la­cets aus­si dé­faits. (rires) Je vais en­core dire un 60/40. Il donne l’im­pres­sion d’être très épar­pillé, mais en même temps, sur le plan du tra­vail, il sait très bien où il s’en va. Il me fait pen­ser à moi dans le temps où je res­tais tout seul en ap­par­te­ment. Je

ren­trais et c’était bor­dé­lique, mais je sa­vais exac­te­ment où tout était ran­gé.

V.-G.: C’est pas mal juste. Mon bu­reau de tra­vail, c’est ter­rible, mais, à un cer­tain mo­ment, je me mets à tout ran­ger et ça de­vient vrai­ment «Spic and Span». Le bor­del phy­sique, ce n’est pas quelque chose qui me dé­range. L’im­por­tant, c’est que tout est or­ga­ni­sé dans ma tête.

Guillaume est-il plu­tôt ca­sa­nier ou ex­plo­ra­teur-aven­tu­rier?

V.-G.: J’au­rais ten­dance à dire ca­sa­nier. Je vais y al­ler pour un 70/30!

G.: C’est une très bonne es­ti­ma­tion. Avant de ren­con­trer ma blonde, j’étais plu­tôt un 90/10, mais, comme c’est une très grande voya­geuse, elle a com­men­cé à me faire sor­tir un peu plus. Mais c’est vrai que, de na­ture, je suis plu­tôt ca­sa­nier.

Vincent-Guillaume, c’est da­van­tage un ma­ti­nal ou un noc­turne?

G.: Il tourne beau­coup et il a trois en­fants, alors c’est as­su­ré­ment un ma­ti­nal! V.-G.: (Rires) Di­sons que je le suis de­ve­nu par obli­ga­tion. Parce que je ne suis pas un ma­ti­nal à la base. Mon cer­veau est meilleur entre 10 h le soir et 2 h du ma­tin. Quand je fais un tra­vail de créa­tion, je me ré­veille la nuit pour y pen­ser.

De na­ture, Guillaume est-il un so­li­taire ou un gars de gang?

V.-G.: Je di­rais gars de gang, parce que, quand il est dans un groupe, sa pré­sence est pri­mor­diale à l’es­prit de com­mu­nau­té. Il de­vient un ca­ta­ly­seur. Mais je pense qu’il a aus­si be­soin de son temps, de son es­pace à lui. C’est peut-être un heu­reux 50/50 ou un 60/40.

G.: Vincent a rai­son. Je ne veux pas m’en­voyer de fleurs, mais je suis conscient de l’ef­fet que j’ai sur un groupe, et ce, de­puis la gar­de­rie. J’aime être un lea­der, avoir un ef­fet po­si­tif sur un groupe. À l’in­verse, quand je suis seul, j’ai vrai­ment be­soin d’avoir mes mo­ments à moi pour re­char­ger mes bat­te­ries.

Et pour fi­nir, Vincent-Guillaume, d’abord bon cui­si­nier ou bonne four­chette?

G.: Je ne l’ima­gine pas cui­si­ner, je ne sais pas pour­quoi, alors je vais dire bonne four­chette. Tout le monde aime une bonne bouffe au res­to avec une bonne bou­teille de vin.

V.-G.: Je suis vrai­ment les deux. Mon père tra­vaillait, mais c’est aus­si lui qui cui­si­nait chez nous. Ma blonde cui­sine au­tant que moi, mais, quand j’ai le temps, j’aime beau­coup pré­pa­rer les re­pas. J’ai fait beau­coup de sciences avant de faire du théâtre, et j’ai ce cô­té très ra­tion­nel dans la cui­sine. Je ne suis pas quel­qu’un qui se dit: «Ah, je vais y al­ler à peu près.» Je suis conscient que c’est de la chi­mie. Je vais suivre la re­cette et, une fois maî­tri­sée, je vais es­sayer des choses.

G.: Alors en dé­cembre, on se fait un bon sou­per?

V.-G.: N’im­porte quand!

«J’aime être un lea­der, avoir un ef­fet po­si­tif sur un groupe.» - Guillaume

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.