LA CRISE PREND DE L’AM­PLEUR

Acadie Nouvelle - - LA UNE - Pa­trick La­celle pa­trick.la­celle@acadienouvelle.com

Le Nou­veau-Bruns­wick et ses mé­de­cins sur­veillent de près l’évo­lu­tion de la crise des opioïdes et ont mis de l’avant plu­sieurs ini­tia­tives.

Un groupe de tra­vail a entre autres été créé avec plu­sieurs par­te­naires du do­maine de la san­té, in­cluant Am­bu­lance NB et le bu­reau de la mé­de­cin-hy­gié­niste en chef.

L’in­for­ma­tion des rap­ports d’au­top­sie est main­te­nant vé­hi­cu­lée plus ra­pi­de­ment et un pro­gramme de sur­veillance des pres­crip­tions a aus­si été im­plan­té. Le guide na­tio­nal de pres­crip­tions des opioïdes a éga­le­ment été mis à jour.

Si beau­coup de choses sont faites en ar­rière-scène, il fau­dra pa­tien­ter avant de voir des ré­sul­tats. La Co­lom­bie-Bri­tan­nique en est l’exemple par­fait.

«On a vu en Co­lom­bie-Bri­tan­nique qu’ils ont com­men­cé à tra­vailler sur le pro­blème dès qu’ils ont re­mar­qué qu’il en avait un. Les nombres de dé­cès et de sur­doses conti­nuent à aug­men­ter mal­gré les ini­tia­tives mises en place. Il faut exa­mi­ner tout ce qui peut contri­buer à ré­gler le pro­blème et cer­taines de ces choses vont prendre plu­sieurs an­nées avant qu’on puisse voir des chan­ge­ments», a in­di­qué la Dre Rus­sell à l’Aca­die Nou­velle.

La So­cié­té mé­di­cale du N.-B. qui re­pré­sente tous les mé­de­cins et chi­rur­giens du Nou­veau-Bruns­wick garde aus­si un oeil sur la si­tua­tion.

«Les mé­de­cins du Nou­veau-Bruns­wick sont très pré­oc­cu­pés par l’im­pact crois­sant des opioïdes sur la po­pu­la­tion et sur le sys­tème de soins de san­té. L’aug­men­ta­tion des taux d’hos­pi­ta­li­sa­tion en rai­son d’un em­poi­son­ne­ment aux opioïdes au Nou­veauB­runs­wick, qui sont les plus éle­vés au Ca­na­da at­lan­tique, dé­montre clai­re­ment que cet en­jeu ne se li­mite plus à l’Ouest ca­na­dien», a avan­cé le Dr Dharm Singh, pré­sident dé­si­gné de la so­cié­té mé­di­cale.

L’or­ga­nisme se dit sa­tis­fait des me­sures prises par le mi­nis­tère de la San­té jus­qu’à pré­sent et ac­cueille fa­vo­ra­ble­ment la créa­tion du pro­gramme de sur­veillance des or­don­nances.

«Ce pro­gramme pré­sen­te­ra des aver­tis­se­ments et des ou­tils aux pres­crip­teurs et aux phar­ma­ciens en temps réel afin d’ap­puyer la pres­crip­tion et l’uti­li­sa­tion ap­pro­priées des mé­di­ca­ments sur­veillés, d’ai­der à pré­ve­nir les mé­faits et d’ai­der à iden­ti­fier les pa­tients qui pour­raient être à risque de dé­pen­dance», a ex­pli­qué le Dr Singh.

Tous ces ef­forts ne por­te­ront pas leur fruit si les au­to­ri­tés ne s’at­taquent pas au mar­ché illi­cite des opioïdes et du fen­ta­nyl illé­gal, re­con­naît l’or­ga­nisme porte-pa­role des mé­de­cins.

«Des re­pré­sen­tants de la San­té pu­blique, des fonc­tion­naires char­gés de faire res­pec­ter la loi et des pro­fes­sion­nels mé­di­caux de­vront conti­nuer de tra­vailler en­semble pour re­le­ver ce dé­fi crois­sant», a conclu le pré­sident de la so­cié­té mé­di­cale.

Cet été le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial étu­diait aus­si la pos­si­bi­li­té d’of­frir gra­tui­te­ment la na­loxone, le mé­di­ca­ment qui per­met de ren­ver­ser les ef­fets d’une sur­dose d’opioïdes, aux gens les plus dans le be­soin de la pro­vince.

Am­bu­lance NB a par ailleurs de la na­loxone dans ses vé­hi­cules de­puis la créa­tion du ser­vice. Son pro­to­cole d’uti­li­sa­tion a été mis à jour afin de mieux re­flé­ter la nou­velle réa­li­té.

«C’est un pro­blème très com­plexe qui né­ces­site aus­si des so­lu­tions très com­plexes», a in­di­qué la mé­de­cin­hy­gié­niste en chef par in­té­rim du Nou­veau-Bruns­wick, la Dre Jen­ni­fer Rus­sel.

Dre Jen­ni­fer Rus­sel - Ar­chives

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