Les pé­rils de la re­pré­sen­ta­ti­vi­té par quar­tiers

Acadie Nouvelle - - FORUM PUBLIC -

Gilles Cor­mier Saint-An­dré-LeB­lanc (Beau­bas­sin-est)

L’Union nous rend plus forts, la di­vi­sion nous rend plus faibles!

Ce vieux dic­ton re­pré­sente bien le ma­laise qui existe dans la struc­ture mu­ni­ci­pale de la com­mu­nau­té ru­rale de Beau­bas­sin-est de­puis ses tout dé­buts. Et mal­heu­reu­se­ment, la der­nière par­tie de ce dic­ton est celle qui pa­raît me­ner aux pé­rils tous beaux ac­com­plis­se­ments qui pour­raient voir le jour sur notre ter­ri­toire.

Comment une struc­ture construite sur le prin­cipe de di­vi­sion peut-elle ras­sem­bler une com­mu­nau­té vers une vi­sion com­mune, une vi­sion d’en­traide et de com­pas­sion fra­ter­nelle?

La forme et la struc­ture de gou­verne exis­tante avec les conseillers élus par quar­tiers, ou an­cienne pe­tite lo­ca­li­té, ne se porte pas bien à la re­pré­sen­ta­ti­vi­té égale et équi­table pour tous les ci­toyens de la mu­ni­ci­pa­li­té, puisque mal­heu­reu­se­ment, cette forme de re­pré­sen­ta­tion in­duit la pen­sé que cha­cun des élus tra­vail pour et ne sont re­de­vable qu’aux ci­toyens dans les li­mites de leur quar­tier res­pec­tif, ce qui est à l’en­contre de la loi sur les mu­ni­ci­pa­li­tés ain­si que le conte­nu de l’as­ser­men­ta­tion af­fir­mé par cha­cun des élus à leur en­trée en fonc­tion.

Ce genre de struc­ture mu­ni­ci­pale donne de fausses at­tentes aux ré­si­dents de quar­tier et donne de fausses im­pres­sions aux élus qui pensent de­voir fonc­tion­ner comme des mi­ni­maires pour leurs quar­tiers en ne dé­fen­dant que les in­té­rêts de leur lo­ca­li­té aux dé­pens du bon fonc­tion­ne­ment de la grande col­lec­ti­vi­té. Nous en vi­vons, mal­heu­reu­se­ment, l’exemple de­puis les dé­buts de notre jeune mu­ni­ci­pa­li­té, mais ce, je tiens à le men­tion­ner, sans por­ter blâme à qui­conque des per­sonnes qui ont sié­gé ou qui siège main­te­nant au con­seil mu­ni­ci­pal.

En plus, si la struc­ture exis­tante est dé­fi­ciente, ce­la ne sup­pose pas que ces der­niers n’ont pas le coeur et l’in­té­rêt bien pla­cé de ser­vir la po­pu­la­tion dans le meilleur de leur ca­pa­ci­té. En d’autres mots, il ne fau­drait pas blâ­mer les ef­fets pour la cause, mais au lieu es­sayer de re­mé­dier cette cause.

Tou­te­fois, il est de mise de com­prendre que les élus mu­ni­ci­paux ont la res­pon­sa­bi­li­té pre­mière de re­pré­sen­ter les in­té­rêts de tous les ci­toyens avec éga­li­té et avec équi­té et non re­pré­sen­ter uni­que­ment les ré­gions pour le­quel ils sont dé­si­gnés. Ce­ci est par­fois dif­fi­cile dans le contexte d’élec­tion par quar­tier, mais non im­pos­sible si les gens au­tour la table pos­sède les ou­ver­tures d’es­prit re­quises pour pen­ser col­lec­ti­ve­ment au lieu de lo­ca­le­ment. Est-il temps de re­pen­ser la struc­ture de gou­verne pour notre belle com­mu­nau­té ru­rale qui est Beau­bas­sin-est et d’abo­lir la re­pré­sen­ta­tion par quar­tier pour une nou­velle re­pré­sen­ta­ti­vi­té en gé­né­ral (at large)?

Beau­bas­sin-est se doit et mé­rite la chance d’exis­ter de fa­çon pro­duc­tive et in­clu­sive. Mais pour ce faire, il va fal­loir en­tre­prendre une sé­rieuse in­tros­pec­tion par toute la com­mu­nau­té sur son fonc­tion­ne­ment et sa struc­ture de gou­ver­nance. Il est im­por­tant de se rap­pe­ler que chaque ci­toyen fai­sant par­tie des li­mites de Beau­bas­sin-est paye les mêmes frais de base d’im­pôt fon­cier et ont droit, à parts égales et équi­table, à une re­pré­sen­ta­ti­vi­té glo­bale avec tous les ser­vices de base of­ferts par la mu­ni­ci­pa­li­té, peu im­porte la po­pu­la­tion et l’as­siette fis­cale de leur lo­ca­li­té, à l’in­té­rieure de la col­lec­ti­vi­té.

De ce prin­cipe, il en­combre que la to­ta­li­té des membres du con­seil puisse tra­vailler en unis­son pour le bien de toute la com­mu­nau­té et soient re­de­vable à toute la com­mu­nau­té, ce qui peut se faire plus na­tu­rel­le­ment avec des re­pré­sen­tants élus en gé­né­ral (at large), où le pu­blic choi­sit les meilleurs can­di­dats, peu im­porte leur ré­gion, sa­chant bien que le man­dat de ces élus est de re­pré­sen­ter les in­té­rêts de toute la col­lec­ti­vi­té à parts égales et juste. Ce concept pro­gres­siste pour Beau­bas­sin-est éli­mi­ne­rait pos­si­ble­ment les ba­tailles ter­ri­to­riales constantes qui nuisent au dé­ve­lop­pe­ment po­si­tif de notre belle com­mu­nau­té et amè­ne­rait un es­prit d’en­traide et de confré­rie qui abou­ti­rait à de beaux pro­jets agré­men­tant da­van­tage notre beau style de vie dans Beau­bas­sin-est.

Fi­na­le­ment, cette nou­velle struc­ture pour­rait en­cou­ra­ger une ré­duc­tion de la com­po­si­tion du con­seil à cinq ou six conseillers élus en gé­né­ral (at large) et un maire, puisque cha­cun des membres du con­seil se­rait res­pon­sable et re­de­vable à toute la com­mu­nau­té en­tière, ain­si éli­mi­nant la né­ces­si­té d’un si grand nombre de re­pré­sen­tants pour com­bler tous les postes de quar­tiers ren­dus non exis­tants par cette nou­velle struc­ture sug­gé­rée.

Celle-ci est une opi­nion sin­cère et rai­son­nable que je pré­sente, avec le plus grand res­pect pour des opi­nions di­ver­gentes, tout sim­ple­ment pour en­ta­mer une dis­cus­sion saine et pro­duc­tive sur une nou­velle forme de gou­ver­nance pour ma com­mu­nau­té ru­rale, une struc­ture qui en­cou­ra­ge­rait une col­la­bo­ra­tion saine et po­si­tive pour tous les ci­toyens ain­si que nos élus mu­ni­ci­paux, et qui, je le sou­haite, fi­ni­rait tout ce va­carme in­terne et ex­terne qui se passe dans notre mu­ni­ci­pa­li­té.

La si­tua­tion pré­sente risque, si ce­la conti­nue, de se­mer la di­vi­sion par­mi les ci­toyens des lo­ca­li­tés fai­sant par­tie de notre grande col­lec­ti­vi­té ce qui se­rait dom­mage et à l’en­contre de la mis­sion pre­mière de toute en­ti­té mu­ni­ci­pale.

Le temps est op­por­tun pour du lea­der­ship com­mu­nau­taire cou­ra­geux et dé­dié pour en­ta­mer un pro­ces­sus de re­nou­vel­le­ment po­si­tif et in­clu­sif dans la struc­ture mu­ni­ci­pale qui est mon Beau­bas­sin-est. Sommes-nous prêts?

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.