Équi­té sa­la­riale: il est temps de pas­ser de la ca­rotte au bâ­ton, af­firme la Coa­li­tion

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La Coa­li­tion pour l’équi­té sa­la­riale du Nou­veau-Bruns­wick ré­clame une loi pour ré­duire l’écart dans la ré­mu­né­ra­tion entre les hommes et les femmes dans le sec­teur pri­vé. Ma­thieu Roy-Co­meau

Au Nou­veau-Bruns­wick, les femmes gagnent en gé­né­ral 8% de moins que les hommes.

Ce fos­sé existe en par­tie parce que les mé­tiers ty­pi­que­ment fé­mi­nins sont moins bien payés que les em­plois oc­cu­pés sur­tout par des hommes.

Après des an­nées de sen­si­bi­li­sa­tion au­près des em­ployeurs, il est temps de pas­ser de la ca­rotte au bâ­ton, af­firme la Coa­li­tion.

En pré­vi­sion des élec­tions de sep­tembre 2018, l’or­ga­ni­sa­tion fé­mi­niste de­mande aux par­tis po­li­tiques de s’en­ga­ger à imi­ter le Qué­bec et l’On­ta­rio en adop­tant une loi pour obli­ger les en­tre­prises du sec­teur pri­vé à at­teindre l’équi­té sa­la­riale.

La Coa­li­tion dé­fi­nit l’équi­té sa­la­riale comme «un sa­laire égal pour un tra­vail de va­leur égale ou com­pa­rable».

«Le gou­ver­ne­ment nous ré­pète de­puis des an­nées qu’il en­cou­rage les en­tre­prises (à sous­crire à l’équi­té sa­la­riale)», a dé­cla­ré la pré­si­dente de l’or­ga­nisme, Frances Le­Blanc, mar­di, lors d’une confé­rence de presse à Fre­de­ric­ton.

«Le constat que nous fai­sons, c’est que ces de­mandes res­tent ma­jo­ri­tai­re­ment sans suite. Il faut donc pas­ser à la pro­chaine étape et lé­gi­fé­rer pour as­su­rer l’équi­té sa­la­riale dans le sec­teur pri­vé.»

Au Nou­veau-Bruns­wick, un tech­ni­cien du câble gagne en moyenne 24,77$ l’heure alors qu’une édu­ca­trice en gar­de­rie est payée en­vi­ron 16,16$ l’heure, se­lon la Coa­li­tion.

Un conduc­teur de ca­mion peut ga­gner 19,47$ l’heure alors qu’une pré­po­sée aux ser­vices de sou­tien à do­mi­cile doit se conten­ter de 13,40$ l’heure.

«En ac­cep­tant en­core que l’ini­qui­té sa­la­riale soit si ré­pan­due, nous di­sons aux femmes de cette pro­vince que leur tra­vail n’a pas la même va­leur que ce­lui des hommes. Pour­quoi sommes-nous en­core là au Nou­veau-Bruns­wick?», a com­men­té Mme Le­Blanc.

Lors de la der­nière cam­pagne élec­to­rale, le Par­ti li­bé­ral a pro­mis de mettre en oeuvre in­té­gra­le­ment la Loi sur l’équi­té sa­la­riale dans la fonc­tion pu­blique. Le gou­ver­ne­ment est sur le point de réa­li­ser sa pro­messe et s’est dé­jà en­ga­gé à ver­ser des ajus­te­ments sa­la­riaux de plus de 12 mil­lions $ sur 10 ans.

Les li­bé­raux avaient éga­le­ment pro­mis d’«exi­ger des or­ga­nismes ayant plus de 50 em­ployés qui font af­faire avec le gou­ver­ne­ment (...) qu’ils éta­blissent des plans d’équi­té sa­la­riale», ce qui n’a tou­jours pas été fait.

Mar­di, la mi­nistre des Fi­nances, Ca­thy Ro­gers, a in­di­qué à ce su­jet que le gou­ver­ne­ment avait «l’in­ten­tion de res­pec­ter toutes les pro­messes de (sa) pla­te­forme».

In­ter­ro­gé sur cette même pro­messe le mois der­nier, le pre­mier mi­nistre Brian Gal­lant, qui est aus­si le mi­nistre res­pon­sable de l’Éga­li­té des femmes, s’était conten­té de par­ler de «col­la­bo­ra­tion» avec le sec­teur pri­vé pour «fa­vo­ri­ser» l’équi­té sa­la­riale, sans s’en­ga­ger à res­pec­ter sa pro­messe élec­to­rale.

Mme Ro­gers n’a pas vou­lu dire si son gou­ver­ne­ment pour­rait étendre sa pro­messe à l’en­semble du sec­teur pri­vé, comme le de­mande la Coa­li­tion.

«Nous ai­me­rions voir (l’équi­té sa­la­riale) par­tout dans la pro­vince. En ce qui concerne les en­ga­ge­ments de la pla­te­forme élec­to­rale (pour 2018), nous ne les avons pas en­core com­plé­tés.»

Le chef du Par­ti vert, Da­vid Coon, pré­co­nise une ap­proche par étapes à l’équi­té sa­la­riale dans le sec­teur pri­vé et ne s’en­gage pas non plus à l’im­po­ser di­rec­te­ment aux em­ployeurs.

«C’est une grande ini­tia­tive. Je crois qu’il est im­por­tant d’avoir (d’abord) l’ex­pé­rience avec le sec­teur pri­vé qui re­çoit du fi­nan­ce­ment du gou­ver­ne­ment.»

Per­sonne n’était dis­po­nible, mar­di, chez les pro­gres­sistes-conser­va­teurs pour com­men­ter la de­mande de la Coa­li­tion.

La chef du Nou­veau Par­ti dé­mo­cra­tique, Jen­ni­fer McKen­zie, qui était à l’an­nonce de la Coa­li­tion, est en fa­veur de la pro­po­si­tion.

Le di­rec­teur des af­faires pro­vin­ciales de la Fé­dé­ra­tion ca­na­dienne de l’en­tre­prise in­dé­pen­dante, Louis-Phi­lippe Gau­thier, pré­fère at­tendre d’en­tendre une pro­po­si­tion claire sur l’équi­té sa­la­riale dans le sec­teur pri­vé de la part des prin­ci­paux par­tis po­li­tiques avant de se pro­non­cer for­mel­le­ment sur le su­jet.

«Nous avons bien des choses à ap­prendre de plus grandes ju­ri­dic­tions qui ont plus d’ex­pé­rience dans l’ap­pli­ca­tion de telles me­sures. C’est aux par­tis po­li­tiques de faire leurs de­voirs pour être cer­tains que les in­ten­tions sont à la hau­teur des be­soins des pe­tites et moyennes en­tre­prises du Nou­veau-Bruns­wick», a-t-il dit.

Le Qué­bec et l’On­ta­rio exigent l’équi­té sa­la­riale dans les en­tre­prises de dix em­ployés et plus.

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