Marc Her­vieux: «Mon père vou­lait qu’on ait confiance en moi»

Marc Her­vieux a dé­ci­dé de faire plai­sir à son pu­blic en met­tant sur disque les de­mandes spé­ciales de ses fans dans un al­bum en­re­gis­tré de­vant pu­blic, Nos chan­sons. Avec ce pro­jet, le chan­teur de 49 ans est de­ve­nu big aux yeux de ses filles.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

L.D.: Comment est né le pro­jet Nos chan­sons? M.H.: «Après les spec­tacles, je ren­contre tou­jours le pu­blic et on me parle sou­vent de chan­sons. Je me fai­sais une pe­tite liste toutes les fois. Par la suite, j’ai uti­li­sé Fa­ce­book pour de­man­der aux gens ce qu’ils avaient en­vie que je chante. Je me suis ren­du il y a un an aux Stu­dios Pic­co­lo avec Gre­go­ry Charles pour en­re­gis­trer un disque de Noël et j’ai de­man­dé si on pou­vait ac­cueillir du pu­blic. On a alors cal­cu­lé le nombre de places et loué des chaises. Je l’ai donc fait comme un concert, une seule prise par chan­son, sans lo­gi­ciel qui vient cor­ri­ger le tout. Le disque compte 19 chan­sons. J’en ai en­le­vé une seule et c’est La vie en rose, car j’étais moins de­dans. Deux jours avant la date où on de­vait re­mettre la po­chette, je n’ai­mais plus l’idée. Je suis donc re­tour­né faire des pho­tos. On a fi­ni en dé­but de soi­rée, et la gra­phiste at­ten­dait les images chez elle pour ter­mi­ner.» Comme le disque est en­re­gis­tré de­vant pu­blic, est-ce que le trac était ter­rible? «Zé­ro. Je n’ai pas le trac. Je l’ai dé­jà eu beau­coup lors de mes pre­mières an­nées à l’opé­ra. La res­pon­sa­bi­li­té était dif­fé­rente, car j’étais jeune et j’ar­ri­vais de­vant un or­chestre sym­pho­nique. Tu dois ar­ri­ver en pleine forme. Mais main­te­nant, avec tout le ba­gage tech­nique que j’ai, je suis ca­pable de mieux me maî­tri­ser. Je sais comment ma voix va ré­agir.» Dès sa sor­tie, l’al­bum a très bien fonc­tion­né; tes filles ont-elles été fières du ré­sul­tat? «Les jour­nées où j’étais en pre­mière po­si­tion au Ca­na­da, on voyait Ed Shee­ran et tous les chan­teurs que mes filles écoutent en des­sous de moi. Ma plus vieille m’a dit que j’étais vrai­ment big. Ça m’a fait bien rire!» Sur l’al­bum, on re­trouve La quête, qui te fait pen­ser à ton père; pour­quoi? «Je suis un ti-cul d’Ho­che­la­ga-Mai­sonneuve. Je viens d’une fa­mille d’ou­vriers. Mon père tra­vaillait à l’usine de sucre. Je suis ar­ri­vé sur le tard et j’étais un ac­ci­dent. J’étais une ca­tas­trophe sur le plan mo­né­taire. Lorsque j’ai eu 16 ans, je suis al­lé voir mon père pour lui dire que je vou­lais être chan­teur et ac­teur. Il m’a dit: "Très bien Mar­co, mais que veux-tu faire pour ga­gner ta vie?" Je me suis donc ins­crit en gra­phisme au cé­gep. Après deux ou trois mois,

«On veut faire un très gros party.»

j’ai vou­lu em­prun­ter 20 000 $ pour ache­ter des or­di­na­teurs et me lan­cer en af­faires. J’ai mon­té mon dos­sier, je suis al­lé à la banque et, trois jours plus tard, on m’a dit que mon prêt était ac­cep­té. J’ai donc lan­cé mon en­tre­prise. Quelques mois plus tard, mon père est en­tré à l’usine et on lui a dit que c’était ter­mi­né après 42 ans. Lors de son re­tour, il était dé­bous­so­lé, mais j’ai dé­ci­dé de l’en­ga­ger dans ma com­pa­gnie. Le temps des Fêtes sui­vant, il a fait un in­farc­tus et est dé­cé­dé. Trois ans plus tard, j’ai fait mon der­nier paie­ment de mon prêt, alors que je l’avais pris sur 10 ans. La dame à la banque s’est éclip­sée pour faire des pho­to­co­pies et c’est à ce mo­ment que j’ai vu la si­gna­ture de mon père par­tout sur les do­cu­ments. Je suis en­suite al­lé chez ma mère et je lui ai de­man­dé pour­quoi. Elle m’a ra­con­té que mon père était al­lé ren­con­trer la per­sonne de la banque et avait vou­lu m’en­dos­ser sans que je le sache, parce qu’il vou­lait qu’on ait confiance en moi. Quand j’étais pe­tit et que je di­sais que j’al­lais chan­ter sur les plus grandes scènes, j’ai fait rire de moi en masse. Pour moi, chan­ter La quête, c’est mon mer­ci à mon père.» Il y a un an, tu as de­man­dé ton amou­reuse, Ca­ro­line, en ma­riage au Centre Bell; comment as-tu eu cette idée? «Nos filles nous le ré­cla­maient sans ar­rêt. J’ai en­suite re­fait chez nous la de­mande en pri­vé. Chaque fois qu’on al­lait en voyage, mes filles me di­saient que c’était le bon mo­ment. Je leur ré­pon­dais que ce n’était pas as­sez big comme en­droit et on riait un peu avec ça. Après le pre­mier Centre Bell avec Gre­go­ry, j’ai eu le flash! J’en ai par­lé avec lui et Ni­cole en ca­chette et on a cher­ché la bonne fa­çon. C’est Gre­go­ry qui a pro­po­sé la chan­son So­me­bo­dy to Love. » Est-ce que le ma­riage est pour bien­tôt? «La sym­bo­lique, c’est de faire un gros party. On par­lait de cet au­tomne, mais on ne le sait pas pour le mo­ment. Ma blonde est re­tour­née aux études comme or­tho­pho­niste et elle a un gros poste dans notre ré­gion. Comme on veut faire un gros party avec tous nos amis, ce ne se­ra pas simple à or­ga­ni­ser et on veut prendre notre temps pour bien faire les choses.» L’an pro­chain, tu au­ras 50 ans; est-ce que ce se­ra l’oc­ca­sion de fê­ter le tout? «Ca­ro au­ra 50 ans cette an­née; je dis tou­jours que c’est une cou­gar puis­qu’elle sort avec un pe­tit jeune de six mois son ca­det! Je ne me sens pas à 50 ans. Dans la vie, il y a une seule chose qui est juste, c’est qu’on vieillit tous. En­suite, c’est dans notre tête et notre coeur. Je me de­mande en­core le ma­tin ce que je pour­rais faire quand je vais être grand. J’aime la bouffe, j’aime chan­ter, j’aime la ra­dio et la té­lé­vi­sion.» L’émis­sion Vir­tuose ne re­vien­dra pas; comment as-tu ré­agi? «Je fais confiance à Ra­dioCa­na­da pour pro­po­ser quelque chose d’autre. La chose la plus triste, c’est qu’il y a des jeunes qui consacrent des mil­liers d’heures de tra­vail à la mu­sique et qu’on ne les ver­ra plus. La mu­sique, c’est fa­bu­leux; ça amène la dis­ci­pline et la concen­tra­tion. Je sou­haite que Ra­dioCa­na­da ou une autre chaîne donne une place à ces jeunes.»

«Ma plus vieille m’a dit que j’étais vrai­ment big. Ça m’a fait bien rire.»

«Je suis un ti-cul d’Ho­che­la­gaMai­son­neuve. Je viens d’une fa­mille d’ou­vriers.» Le chan­teur s’avoue chan­ceux, car il n’a pas le trac sur scène. Pour connaître les dates de spec­tacles de Marc Her­vieux, vi­si­tez le mar­cher­vieux.com.

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