Les hauts et les bas d’Anne Ca­sa­bonne

En plus d’être de re­tour dans L’échap­pée, la co­mé­dienne Anne Ca­sa­bonne pas­se­ra beau­coup de temps sur les planches. Cet été, elle joue à quelques mi­nutes de la mai­son, ce qui est un pur bon­heur pour elle.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

L.D.: Tu passes l’été à jouer dans une co­mé­die. Est-ce qu’il y a un trac avant de mon­ter sur scène jus­qu’à ce que les pre­miers rires se fassent en­tendre? A.C.: «Les pre­miers rires sont agréables. On ne se fait pas d’idées sur le mo­ment où les gens ri­ront. La pièce n’est pas la même chaque soir, alors que la té­lé­vi­sion est très sta­tique. Au théâtre, le spec­ta­teur de­vient un per­son­nage au­quel on doit s’ha­bi­tuer.» Es-tu contente de jouer au Théâtre des Hi­ron­delles? «Oui! Pour une fois, je n’ai pas be­soin d’uti­li­ser ma voi­ture pour al­ler tra­vailler. Ça fait du bien de prendre le vé­lo.» Tu as par­cou­ru le Qué­bec avec la pièce La Ga­lère. Qu’as-tu ai­mé dans cette ex­pé­rience? «Ce qui nous fai­sait le plus plai­sir, c’est lorsque les gens nous di­saient qu’ils ve­naient au théâtre pour la toute pre­mière fois.» Il y a 30 ans cette an­née, tu en­trais à l’UQAM pour étu­dier en art dramatique. Es-tu heu­reuse de ton par­cours? «On dit: “Mer­ci, la vie!” Il y a eu des hauts et des bas; j’ai même failli chan­ger de mé­tier, car je n’avais pas d’au­di­tions. Fi­na­le­ment, la vie a fait en sorte que j’ai chan­gé, et on m’a rap­pe­lée.» Tu as ani­mé des émis­sions à quelques re­prises au cours de ta car­rière. Ai­me­rais-tu ten­ter cette ex­pé­rience de nou­veau? «C’est par l’ani­ma­tion que j’ai com­men­cé avec Les Zi­go­tos. Ce qui est bien de l’ani­ma­tion, c’est qu’on doit non seu­le­ment ai­mer le su­jet, mais éga­le­ment les pro­pos que l’on tient. À la ra­dio, je de­vais faire de l’ana­lyse afin de trans­mettre les faits. Moi qui ai étu­dié en sciences, j’aime les faits, car ils se rap­prochent beau­coup des sciences. J’aime mieux cette ap­proche que de mettre le poing sur la table. Je trouve qu’en ce mo­ment, beau­coup de gens im­posent mal­heu­reu­se­ment leur vé­ri­té et leur mo­rale. Si on ne pos­sède pas la même opi­nion, on se fait mettre de cô­té ra­pi­de­ment. Le ho­ckey semble être le seul su­jet qui peut sus­ci­ter le dé­bat. Nous de­vrions pour­tant ou­vrir nos ho­ri­zons et al­ler plus loin dans nos ré­flexions.» Est-ce qu’on te parle en­core des Zi­go­tos? «Ça me fait vieillir chaque fois qu’on m’en parle! Je crois que pour les jeunes qui ont re­gar­dé Les Zi­go­tos et Ma­ca­ro­ni tout gar­ni, ce sont de bons sou­ve­nirs. J’ai été mar­quée par les émis­sions de mon en­fance et j’es­père que ces jeunes le sont tout au­tant.» On peut te voir dans L’échap­pée in­ter­pré­ter le per­son­nage de Cé­cile, qui est as­sez mys­té­rieux. Qu’est-ce que le pu­blic te dit par rap­port à ce rôle? «Il y a des gens qui me disent que c’est mon meilleur per­son­nage, car il est sé­rieux. Il semble y avoir un cer­tain ju­ge­ment sur des rôles co­miques

«J’ai failli chan­ger de mé­tier.»

que j’ai in­ter­pré­tés par le pas­sé, alors qu’il est plus dif­fi­cile de faire du co­mique que du dramatique. Je le prends comme un com­pli­ment, mais je trouve dom­mage qu’il y ait ce pré­ju­gé en­vers ceux qui font de la co­mé­die. Pour moi, faire rire les gens, c’est un peu comme gué­rir l’âme. On fait du bien aux spec­ta­teurs.» Tu joues avec plu­sieurs jeunes ac­teurs dans la sé­rie L’échap­pée. Quel lien as-tu avec eux? «Je suis plus tan­nante qu’eux! Je suis res­pon­sable des niai­se­ries sur le pla­teau, mais tout passe sur leur dos et ils se font chi­ca­ner ( rires). On a de très beaux rap­ports.»

beau­coup de gens «Je trouve qu’en ce mo­ment, leur vé­ri­té…» im­posent mal­heu­reu­se­ment «Pour moi,faire rire les gens,c’est un­peu­comme gué­rir l’âme.»

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