Dé­gla­çage: Mon­tréal tou­jours à la re­cherche d’une so­lu­tion éco­lo­gique

Avenir PaT - Montréal-Est - - ACTUALITÉS - AU­DREY GAU­THIER au­drey.gau­thier@tc.tc

EN­VI­RON­NE­MENT. Chaque hi­ver, Mon­tréal uti­lise en­vi­ron 140 000 tonnes d’abra­sifs, une «sub­stance toxique» se­lon la loi ca­na­dienne sur la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment. La Ville dit faire des recherches afin de trou­ver des moyens plus éco­lo­giques de dé­gla­cer rues et trot­toirs, mais ad­met du même souffle que les ré­sul­tats sont peu concluants.

Par le pas­sé, la Ville de Mon­tréal a ten­té de mé­lan­ger du jus de bet­te­rave aux sels de voi­rie, mais cette tech­nique n’était pas ef­fi­cace par temps très froid. Cer­tains ar­ron­dis­se­ments uti­lisent des sels pré-hu­mi­di­fiés qui adhèrent plus vite et plus fa­ci­le­ment au sol, ce qui per­met de ré­duire la quan­ti­té uti­li­sée lors de l’épan­dage, mais cette tech­nique uti­lise tou­jours des sels de voi­rie consi­dé­rés comme «toxiques».

«Nous uti­li­sons en­core les sels de voi­rie, car il est le plus ef­fi­cace, mais je veux voir ce qu’on peut faire pour amé­lio­rer nos mé­thodes. Nous avons du pain sur la planche. Il y a des so­lu­tions et on va les trou­ver», af­firme Jean-Fran­çois Pa­ren­teau, res­pon­sable des ser­vices aux ci­toyens, de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment et de l’en­vi­ron­ne­ment au co­mi­té exé­cu­tif de la Ville de Mon­tréal.

RÉ­PER­CUS­SIONS EN­VI­RON­NE­MEN­TALES

Se­lon Marc Oli­vier, chi­miste spé­cia­li­sé en en­vi­ron­ne­ment à l’Uni­ver­si­té de Sherbrooke, les abra­sifs uti­li­sés conta­minent d’abord le sol, lors de la fonte des neiges. L’eau sa­lée s’in­filtre dans la terre pour en­suite nuire à plu­sieurs plantes.

«Il y a beau­coup de plantes qui sont in­ca­pables de ré­sis­ter à une haute te­neur en sel. Ça em­pêche la ger­mi­na­tion de cer­tains vé­gé­taux et en tue d’autres. Les seules qui ré­sistent sont des mau­vaises herbes», ex­plique M. Oli­vier.

Les sels de voi­ries conta­minent éga­le­ment le fleuve Saint-Laurent, car la neige fon­due coule dans le ré­seau d’aque­duc avant de se dé­ver­ser dans la na­ture.

«Les usines d’épu­ra­tion d’eau ne sont pas ca­pables d’in­ter­cep­ter les sels. Il est là le pro­blème, car notre fleuve est com­po­sé d’eau douce et on y dé­verse de l’eau sa­lée. Plu­sieurs es­pèces ma­rines sont in­ca­pables de vivre dans de l’eau sa­lée et en sont affectées», ob­serve M. Oli­vier.

Pour le chi­miste, il est pri­mor­dial de re­voir la fa­çon d’uti­li­ser les fon­dants.

«Il faut les uti­li­ser de fa­çon plus ci­blée. Cer­taines zones né­ces­sitent des fon­dants, comme dans les pentes, mais sur des ter­rains plats on pour­rait uti­li­ser du gra­vier. Le gra­vier est ré­cu­pé­ré dans les usines d’épu­ra­tion des eaux», pro­pose M. Oli­vier.

DES PRO­JETS PI­LOTE

La ville-centre a ins­tal­lé dif­fé­rents cap­teurs dans six ar­ron­dis­se­ments épar­pillés sur l’île afin d’ob­te­nir des don­nées plus pré­cises afin de mieux cer­ner les condi­tions mé­téo­ro­lo­giques. Ce­ci per­met­trait de me­ner des opé­ra­tions plus ci­blées et plus ef­fi­caces.

Sans en­trer dans les dé­tails, un in­gé­nieur de la Ville de Mon­tréal af­firme que celle-ci tes­te­ra éga­le­ment une nou­velle tech­nique pour dé­gla­cer les trot­toirs au centre-ville, car c’est un en­droit où il y a «un en­jeu au ni­veau de la ma­chi­ne­rie».

Les deux pro­jets se­ront tes­tés cet hi­ver et si les ré­sul­tats sont concluants, ils pour­raient être éten­dus à l’en­semble de la ville.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.