Al-Anon: une «fra­ter­ni­té» qui aide de­puis des dé­cen­nies

Avenir PaT - Montréal-Est - - 25 JANVIER 4 FÉVRIER - RALPH-BONET SANON ralph-bonet.sanon@tc.tc Il est pos­sible de com­po­ser le 514 866-9803 ou de vi­si­ter le site www.al- anon-mon­treal.org pour connaître l’adresse et l’ho­raire des groupes.

TÉ­MOI­GNAGES. Après avoir long­temps souf­fert de l’al­coo­lisme de leur père, deux Poin­te­lières as­surent qu’elles trouvent ré­con­fort de­puis près de 30 ans dans un groupe d’en­traide Al-Anon.

Les men­songes, les pro­messes non te­nues, l’ar­gent qui sert à sa­tis­faire la dé­pen­dance au lieu de payer les comptes, la culpa­bi­li­té des autres: Clé­mence et Ma­rie* ( noms fic­tifs) dé­crivent des pro­blèmes iden­tiques ayant tour­men­té leur en­fance.

«Ce que j’ai vé­cu m’a ame­née à être contrô­lante, dit Clé­mence, dont le père se mon­trait violent quand il bu­vait. J’avais zé­ro confiance en moi. J’avais le syn­drome du ca­nard: en sur­face, je ne lais­sais rien pa­raître, mais au fond, je pé­da­lais.»

Comme le père de sa com­parse, ce­lui de Ma­rie était tout à fait char­mant lors­qu’il était sobre, mais il ter­ro­ri­sait la mai­son­née une fois ivre.

« L’al­coo­lisme n’en­lève rien aux qua­li­tés d’une per­sonne, dit-elle tou­te­fois. Dans les réunions, on ne dit pas de quit­ter un conjoint par exemple, sauf si notre sé­cu­ri­té est en pé­ril.»

LA DÉ­COU­VERTE

Clé­mence s’est jointe, en 1989, et Ma­rie, en 1990, au groupe Al-Anon de Pointe-aux-Trembles, qui se réunit les mer­cre­dis de­puis 45 ans.

Les deux femmes parlent de leur «fra­ter­ni­té» comme d’un en­droit où per­sonne n’est ju­gé et où tous peuvent ex­pri­mer leur sen­ti­ment d’im­puis­sance face à la dé­pen­dance d’un proche, ain­si que les consé­quences de ce qu’elles ap­pellent le «mal fa­mi­lial».

Au sein du groupe Ré­pa­ra­tion, elles ont ap­pris à vivre se­lon un mode de vie en 12 étapes ins­pi­ré de ce­lui des Alcooliques Ano­nymes (AA).

« Ç’a des im­pacts po­si­tifs dans tous les do­maines de la vie, comme la ma­la­die. J’ai ré­cem­ment vé­cu un cancer du pou­mon » , af­firme Clé­mence.

«Après 27 ans dans le groupe, j’ai plus confiance en moi, j’ai com­men­cé à tra­vailler à mon compte et je n’ai plus peur de prendre ma place», ajoute Ma­rie.

CHAN­GE­MENT

Quand Clé­mence et Ma­rie ont com­men­cé avec Al-Anon, on re­cen­sait 225 groupes dans le Grand Mon­tréal. Au­jourd’hui, il y en au­rait 125 dans tout le Qué­bec.

Pour Ma­rie, ce­la est en par­tie dû à l’avè­ne­ment du nu­mé­rique.

«Cer­taines per­sonnes vont par­ta­ger leur vé­cu via In­ter­net, leur cel­lu­laire ou autres, mais la tech­no­lo­gie ne rem­pla­ce­ra ja­mais le contact hu­main, la chaleur hu­maine», pense-t-elle.

*TC Media a mo­di­fié les pré­noms par res­pect pour le prin­cipe d’ano­ny­mat d’Al-Anon.

(Photo TC Media — Ralph-Bonet Sanon)

Clé­mence et Ma­rie (noms fic­tifs) sont membres d’Al-Anon de­puis près de 30 ans.

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