Des or­ga­nismes ré­clament un meilleur fi­nan­ce­ment

Avenir PaT - Montréal-Est - - ACTUALITÉS - RALPH-BO­NET SANON ralph-bo­net.sanon@tc.tc

SO­CIÉ­TÉ. Aujourd’hui âgé de 3 ans, le fils de Sa­bri­na n’a pas fré­quen­té la gar­de­rie. Il a long­temps pas­sé ses jour­nées seul avec sa mère, qui a pré­fé­ré le gar­der à la mai­son quand elle est tom­bée en­ceinte de son deuxième en­fant. Bien vite, la ré­si­dente de Ri­vière-des-Prai­ries a réa­li­sé que son plus vieux avait du mal à so­cia­li­ser avec les en­fants de son âge.

«En pré­sence d’autres en­fants, il fi­geait», ra­conte-t-elle.

Elle l’a alors ame­né au Car­re­four fa­mi­lial Les Pit­chou, un or­ga­nisme com­mu­nau­taire de Pointe-aux-Trembles. Au «Pit­chou», son fils ap­prend à cô­toyer d’autres pe­tits, en vue de l’école ou de quelque chose d’aus­si ano­din qu’al­ler au parc.

Pour Sa­li­ma, une autre mère ayant gar­dé ses en­fants à la mai­son au lieu de les en­voyer à la gar­de­rie, les Pit­chou ont re­pré­sen­té une oc­ca­sion de so­cia­bi­li­ser ses filles, mais aus­si de ren­con­trer d’autres pa­rents, ain­si que des in­ter­ve­nants.

«Ça permet de bri­ser l’iso­le­ment, d’ob­te­nir du sou­tien émo­tion­nel et de re­ce­voir des re­pères et de l’ex­per­tise en ma­tière de pa­ren­ta­li­té», sou­tient la Poin­te­lière.

L’EN­JEU DU FI­NAN­CE­MENT

Les ser­vices du Car­re­four fa­mi­lial Les Pit­chou, qui existe de­puis 36 ans, dé­pendent du fi­nan­ce­ment pu­blic et pri­vé.

Ce­pen­dant, comme beau­coup d’autres or­ga­nismes au­to­nomes, une bonne par­tie (en­vi­ron 37%) de son fi­nan­ce­ment pu­blic pro­vient de pro­jets dé­po­sés au gou­ver­ne­ment, plu­tôt que d’un fi­nan­ce­ment stable de la mis­sion de base de l’or­ga­nisme (13%).

Le fi­nan­ce­ment par pro­jet garde les groupes com­mu­nau­taires dans un état de vul­né­ra­bi­li­té, sou­tient la di­rec­trice Josée Lafrenière.

«Der­niè­re­ment, il y a eu un ap­pel de pro­jets concer­nant l’ac­cueil des mi­no­ri­tés vi­sibles. Tu peux pré­sen­ter un pro­jet, mais le fi­nan­ce­ment est peut-être pour deux ou trois ans; après ça, tu dois re­dé­fi­nir un nou­veau pro­jet», illustre-t-elle.

Afin de se fi­nan­cer, cer­tains groupes se re­trouvent à dé­na­tu­rer leur mis­sion et à as­su­mer les res­pon­sa­bi­li­tés de l’État, se­lon ceux-ci.

«L’État se dé­fait tran­quille­ment de ses res­pon­sa­bi­li­tés et les trans­fère aux groupes com­mu­nau­taires au­to­nomes, re­grette Mme Lafrenière. À la base, un or­ga­nisme ne ré­pond pas aux be­soins de l’État, mais à ceux de la com­mu­nau­té.»

MO­BI­LI­SA­TION

Comme des cen­taines d’autres groupes, le Car­re­four a in­ter­rom­pu ses ser­vices le 7 fé­vrier à l’oc­ca­sion d’une jour­née de mo­bi­li­sa­tion pro­vin­ciale.

De­puis 2016, la cam­pagne «En­ga­gez-vous pour le com­mu­nau­taire» vise, entre autres, à re­ven­di­quer que le gou­ver­ne­ment re­hausse le fi­nan­ce­ment à la mis­sion glo­bale de 4000 or­ga­nismes com­mu­nau­taires au­to­nomes. Elle ap­pelle aus­si à l’in­dexa­tion des sub­ven­tions pro­ve­nant de mi­nis­tères.

Dans Pointe-aux-Trembles, une ving­taine d’or­ga­nismes ont te­nu l’évé­ne­ment «Et si tu n’exis­tais pas» au Centre com­mu­nau­taire Le Main­bourg dans Pointe-aux-Trembles.

Une ving­taine d’autres or­ga­ni­sa­tions ont pla­ni­fié une marche et une dis­tri­bu­tion de tracts dans Ri­vière-des-Prai­ries.

Une pé­ti­tion de 30 000 noms ré­cla­mant un meilleur fi­nan­ce­ment a aus­si été dé­po­sée à l’As­sem­blée na­tio­nale.

(Pho­to TC Me­dia — Ralph-Bo­net Sanon)

Des mères de fa­mille au ras­sem­ble­ment «Et si tu n’exis­tais pas», au Centre com­mu­nau­taire Le Main­bourg.

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