LA FIN D’UN CHA­PITRE

Avenir PaT - Montréal-Est - - LA UNE - AMÉ­LIE GAMACHE ame­lie.gamache@tc.tc

La car­rière po­li­tique de Ni­cole Lé­ger est main­te­nant ter­mi­née. Vingt-deux ans après sa pre­mière élec­tion, la dé­pu­tée de Pointe-aux-Trembles a quit­té une der­nière fois l’As­sem­blée na­tio­nale. En en­tre­vue avec l’Ave­nir de l’Est, elle se confie au su­jet de ses réa­li­sa­tions et de ses dé­cep­tions, tout en don­nant un aper­çu du pro­chain cha­pitre de sa vie.

Être dé­pu­tée, c’est de pou­voir être pré­sente pour les ci­toyens. Je crois avoir réus­si à être au­tant une dé­pu­tée de proxi­mi­té, at­ta­chée aux gens que je re­pré­sente, et au­tant au pro­vin­cial pour faire avan­cer le Qué­bec. »

Ni­cole Lé­ger À Qué­bec, elle se montre par­ti­cu­liè­re­ment

PO­LI­TIQUE. La der­nière jour­née de la ses­sion par­le­men­taire à Qué­bec, ce ven­dre­di 15 juin, a été douce-amère pour Ni­cole Lé­ger. Au terme des tra­vaux, la dé­pu­tée pé­quiste de Pointe-aux-Trembles a quit­té l'As­sem­blée na­tio­nale une der­nière fois après 22 ans de ser­vice pu­blic presque in­in­ter­rom­pu. Elle laisse der­rière elle une foule de réa­li­sa­tions, no­tam­ment la po­li­tique fa­mi­liale dé­ve­lop­pée avec Pau­line Ma­rois, mais aus­si le rêve in­ache­vé d'un pays.

C’est au parc qui porte le nom de son illustre père que la fille de Mar­cel Lé­ger, l’un des sept pre­miers dé­pu­tés du PQ élus en 1970, tient à don­ner ce qui se­ra sans doute sa der­nière grande en­tre­vue en tant que po­li­ti­cienne ac­tive.

« La pomme ne tombe pas loin de l’arbre ! Je viens d’une fa­mille très po­li­ti­sée », ra­conte-t-elle d’em­blée à l’Ave­nir de l’Est.

C’est avec des sen­ti­ments par­ta­gés qu’elle passe le flam­beau. Un peu de tris­tesse à l’idée qu’avec son dé­part, «ce sont les Lé­gers qui quittent. Une tris­tesse de quit­ter les gens aus­si ». Mais éga­le­ment, « de la joie, puisque je suis très heu­reuse d’avoir pu en faire au­tant pour ma cir­cons­crip­tion et pour le Qué­bec ».

Pen­dant près d’une heure, celle qui fut élue pour la pre­mière fois en 1996, ra­conte son par­cours, énu­mère ses réa­li­sa­tions, in­siste avec fer­me­té sur les convic­tions qui l’animent tou­jours. L’in­dé­pen­dance ? Elle y croit en­core. Le Par­ti Qué­bé­cois? Près d’un re­tour en force grâce à sa re­lève.

DE GRANDES RÉA­LI­SA­TIONS

Parmi ses grandes réus­sites, elle cite la Mai­son des nais­sances, le Train de l’Est, le Car­re­four Jeu­nesse-Em­ploi, le Centre Com­mu­nau­taire Main­bourg, le ré­seau de trans­port « même s’il y a en­core beau­coup à faire», et le CLSC, où elle af­firme avoir « tou­jours pous­sé pour avoir da­van­tage de ser­vices». Mais sa plus grande fier­té est d’avoir pu ai­der des gens, d’avoir chan­gé la vie de cen­taines de per­sonnes.

fière de la po­li­tique fa­mi­liale dé­ve­lop­pée avec Pau­line Ma­rois. «C’est une en­semble de me­sures : l’as­su­rance pa­ren­tale, le ré­seau des ser­vices de garde, mais aus­si l’aide aux fa­milles, par exemple pour les pa­rents sur l’aide so­ciale qui veulent re­ve­nir au tra­vail. » Elle cite éga­le­ment la Po­li­tique de re­con­nais­sance de l’ac­tion com­mu­nau­taire, éla­bo­rée au dé­but des an­nées 2000, qui «obli­geait les mi­nis­tères de te­nir compte de l’ap­port des or­ga­nismes com­mu­nau­taires, qui sont des portes d’en­trée où on prend le ci­toyen dans sa glo­ba­li­té ».

DES MO­MENTS MAR­QUANTS

Ni­cole Lé­ger a été at­teinte d’un can­cer de la langue il y a trois ans. «Je suis gué­rie main­te­nant, mais de re­ve­nir à l’As­sem­blée na­tio­nale et de prendre la pa­role pu­bli­que­ment, avec le pro­blème d’élo­cu­tion que la ma­la­die avait pro­vo­qué, ce­la avait été dur. J’avais peur. Mais de re­ce­voir une ova­tion de tous les col­lègues, les 125 tous par­tis confon­dus, ce­la m’avait pro­fon­dé­ment émue. »

Autre mo­ment dou­lou­reux lors de la dé­faite de Pau­line Ma­rois aux élec­tions de 2014. « J’ai été, et suis tou­jours très proche de Mme Ma­rois. Ce­la a été très dif­fi­cile de voir que les gens ne nous ont pas lais­sé la chance plus de 18 mois : même un man­dat de 4 ans c’est court pour changer les choses ! ».

Même si elle n’a pu réa­li­ser son grand rêve, l’in­dé­pen­dance du Qué­bec, mo­teur de son ac­tion po­li­tique, elle garde tou­jours es­poir. « Je re­garde la belle re­lève que l’on a au Par­ti Qué­bé­cois et j’en suis très fière. Il faut convaincre

le peuple. Je com­prends très bien qu’on veuille un chan­ge­ment de gou­ver­ne­ment. Mais le chan­ge­ment, c’est avec nous ! Mais je sais que je laisse la cir­cons­crip­tion entre bonnes mains, avec Jean-Mar­tin Aus­sant, un homme aus­si com­pé­tent éco­no­mi­que­ment que dans le do­maine so­cial. »

«li­bé­ral,

En 15 ans de gou­ver­ne­ment

j’ai eu à me dé­fendre et à lut­ter conti­nuel­le­ment. Quand un gou­ver­ne­ment ne croit pas aux ser­vices de proxi­mi­té et pré­fère fu­sion­ner et que nos dé­cro­cheurs et nos ci­toyens en re­cherche d’em­ploi doivent se rendre au Centre d’Em­ploi Lan­ge­lier, il faut se battre. Con­ti­nuez à vous te­nir de­bout, au­tant pour Pointe-aux-Trembles, pour Mon­tréal-est que pour le pays ! »

(Isabelle Ber­ge­ron. / Ave­nir de l’Est)

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