Des syn­di­cats s'af­fichent dans Pointe-aux-Trembles

Ils visent la CAQ et le PLQ

Avenir PaT - Montréal-Est - - ACTUALITÉS - AMÉ­LIE GA­MACHE ame­lie.ga­mache@tc.tc

POLITIQUE. Une coa­li­tion de syn­di­cats est dé­jà sur le pied de guerre en vue de la pro­chaine cam­pagne élec­to­rale; des cen­taines d’af­fiches an­ti­ca­quistes et an­ti­li­bé­rales ta­pissent quatre cir­cons­crip­tions qué­bé­coises, dont Pointe-aux-Trembles.

L’ini­tia­tive syn­di­cale veut in­ci­ter les élec­teurs à se dé­tour­ner du Par­ti li­bé­ral du Qué­bec (PLQ) et de la Coa­li­tion Ave­nir Qué­bec (CAQ).

« La CAQ a ap­puyé tous les pro­jets de loi an­ti­tra­vailleurs pro­po­sés par le PLQ, comme ce­lui sur les ré­gimes de re­traite, ou en­core la loi spé­ciale qui a mis fin à la grève de la construc­tion après seule­ment quelques heures, ex­plique Denis Bol­duc, pré­sident du Syn­di­cat ca­na­dien de la fonc­tion pu­blique. Ces deux par­tis sont in­ter­chan­geables, il faut re­gar­der ailleurs ».

La coa­li­tion dé­plore éga­le­ment le bi­lan en san­té et en édu­ca­tion du gou­ver­ne­ment Couillard.

Outre Pointe-aux-Trembles, la coa­li­tion a dans sa mire les cir­cons­crip­tions de Ta­sche­reau (Qué­bec), Ro­ber­val (Sa­gue­nay-Lac-Saint-Jean) et Saint-Jé­rôme (Lau­ren­tides). Au­tour de 1600 af­fiches y ont été ré­par­ties à parts égales. « On a re­gar­dé les son­dages, et Pointe-aux-Trembles, c’est une cir­cons­crip­tion pé­quiste qui risque de tom­ber du cô­té de la CAQ, ex­plique M. Bol­duc. On pense qu’on peut faire une dif­fé­rence. »

D’autres cir­cons­crip­tions s’ajou­te­ront à la liste, pré­cise le pré­sident du SCFP, qui pro­met « d’autres ac­tions sous d’autres formes très bien­tôt ». Il pré­cise que le mou­ve­ment est in­dé­pen­dant de tout par­ti politique.

La coa­li­tion in­clut le Syn­di­cat ca­na­dien de la fonc­tion pu­blique (SCFP), le Syn­di­cat des mé­tal­los, le Syn­di­cat ca­na­dien des em­ployées et em­ployés pro­fes­sion­nels et de bu­reau (SEPB), l’As­so­cia­tion In­ter­na­tio­nale des Ma­chi­nistes et des Tra­vailleurs de l’Aé­ro­spa­tiale (AIMTA), l’Al­liance de la Fonc­tion pu­blique du Canada (AFPC) et le Syn­di­cat qué­bé­cois des em­ployées et em­ployés de ser­vices (SQEES).

LES CAN­DI­DATS RÉ­AGISSENT

La can­di­date ca­quiste, Chan­tal Rou­leau, s’est mon­trée peu im­pres­sion­née par l’ini­tia­tive syn­di­cale. « Il ap­par­tient aux élec­teurs de choi­sir, ils n’ont pas à se faire dire pour qui vo­ter », af­firme Mme Rou­leau, avant d’ajou­ter que la CAQ « doit faire peur à du monde ».

« On est dans une so­cié­té dé­mo­cra­tique, tous ont droit à leur point de vue. Mais je ren­contre sur le ter­rain des tra­vailleurs, dont beau­coup de syn­di­qués, qui croient, tout comme moi, que la CAQ, c’est le chan­ge­ment dont on a be­soin. C’est vrai que l’on mé­rite mieux dans l’est, on mé­rite du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, du transport col­lec­tif, et c’est ce à quoi je m’en­gage. »

Sans sur­prise, le can­di­dat pé­quiste dans Pointe-aux-Trembles, Jean-Martin Aus­sant, s’est mon­tré sym­pa­thique au mes­sage lan­cé par la coa­li­tion syn­di­cale, sou­li­gnant que «trois des plus im­por­tants mi­nistres li­bé­raux sont d’an­ciens ca­quistes », et que « la CAQ a fré­quem­ment ac­cu­sé les Li­bé­raux de co­pier leur pro­gramme. »

M. Aus­sant, lui-même trans­fuge ren­tré ré­cem­ment au ber­cail, croit que l’im­pact de cette cam­pagne se­ra li­mi­té. « Ça peut être utile, mais je pense que c’est lors de la vraie cam­pagne que les élec­teurs vont réa­li­ser que c’est du pa­reil au même. Si les gens veulent conser­ver leurs ser­vices pu­blics, il ne faut pas ré­élire le même par­ti, ou un par­ti iden­tique. »

Le can­di­dat pé­quiste ne voit ce­pen­dant pas d’in­con­vé­nients à ce que de tiers par­tis s’invitent dans le débat, en cette pé­riode de pré-cam­pagne, puisque « tous les re­grou­pe­ments le font, y com­pris le cô­té pa­tro­nal. Tant que la loi élec­to­rale est res­pec­tée, je trouve ça cor­rect. »

Si la coa­li­tion syn­di­cale res­pecte la Loi élec­to­rale, Chan­tal Rou­leau sou­ligne tou­te­fois qu’« il faut res­pec­ter les rè­gle­ments mu­ni­ci­paux, et l’on ne peut pas af­fi­cher sur le do­maine pu­blic sans au­to­ri­sa­tion. Les syn­di­cats ne se sont pas in­for­més à sa­voir s’ils pou­vaient le faire ou pas ». Le SCFP a confir­mé « n’avoir de­man­dé à per­sonne ».

SCFP-Qué­bec

La coa­li­tion syn­di­cale a choi­si 4 cir­cons­crip­tions à risque de tom­ber aux mains de la CAQ ou du PLQ, dont Poin­teaux-Trembles, en s’as­su­rant un cer­tain éta­le­ment géo­gra­phique.

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