VIVRE SON RÊVE AMÉ­RI­CAIN

Après une pro­gres­sion ful­gu­rante

Avenir PaT - Montréal-Est - - LA UNE - AMÉLIE GAMACHE ame­lie.gamache@tc.tc

À 19 ans, Mi­lé­na De­rou­geur s’em­barque pour une grande aven­ture. La joueuse de soc­cer quitte Pointe-aux-Trembles pour al­ler s’éta­blir aux États-Unis. La joueuse de soc­cer s’est fait re­mar­quer par les re­cru­teurs de l’équipe de l’Uni­ver­si­té Camp­bells­ville, au Ken­tu­cky, qui lui dé­roule le ta­pis rouge.

Dans quelques jours, Mi­lé­na De­rou­geur quit­te­ra Pointe-aux-Trembles en di­rec­tion des États-Unis, bourse com­plète en poche. L’ath­lète de 19 ans s’est fait re­mar­quer par les re­cru­teurs de l’équipe de soc­cer de l’Uni­ver­si­té Camp­bells­ville, au Ken­tu­cky, qui lui dé­roule le ta­pis rouge.

La bourse ob­te­nue couvre toutes ses dé­penses pour la du­rée de ses études, soit une va­leur d’en­vi­ron 50 000 $ par an­née. « Je n’au­rai qu’à payer les as­su­rances ma­la­die et le billet d’avion : je suis vrai­ment chan­ceuse ! Sur­tout que les études sont très chères là-bas, s’ex­clame-telle. Ça s’est fait tel­le­ment vite, mais je me lance ! »

La chance a ce­pen­dant peu à y voir, se­lon Fre­de­ri­co Moo­jen, qui or­ga­nise un Camp an­nuel de re­pê­chage d’uni­ver­si­tés amé­ri­caines et ca­na­diennes de­puis 2012, au­quel a par­ti­ci­pé la Poin­te­lière à 3 re­prises. « C’est une joueuse avec une tech­nique re­mar­quable, qui a tra­vaillé très fort. Elle est très in­tel­li­gente, avec une bonne vi­tesse. Elle va ai­der beau­coup l’uni­ver­si­té. »

Les re­cru­teurs de l’uni­ver­si­té amé­ri­caine n’ont pu être pré­sents lors du der­nier camp, qui s’est dé­rou­lé au dé­but juin, «mais lors­qu’ils m’ont ap­pe­lé pour me dire qu’ils étaient à la re­cherche d’une joueuse avec ce pro­fil, j’ai tout de suite re­com­man­dé Mi­lé­na », af­firme l’an­cien joueur de l’Im­pact de Mon­tréal.

La jeune spor­tive a en­suite fait par­ve­nir des ex­traits vi­déo de ses per­for­mances, qui ont convain­cu les dé­ci­deurs.

UNE AS­CEN­SION RA­PIDE

La sym­pa­thique ath­lète, qui évo­lue à la po­si­tion de dé­fen­seur la­té­ral droit, a fait ses dé­buts of­fi­ciels à Ro­se­mont, à l’âge de 12 ans. « Je jouais alors dans le U12A, puis, su­per ra­pi­de­ment, je suis al­lée dans le U13AA, et j’ai été ap­pe­lée pour faire les Jeux du Qué­bec à Sha­wi­ni­gan en 2012 », où son équipe a ra­flé l’or en di­vi­sion 2.

Sa pro­gres­sion s’est pour­sui­vie avec Re­pen­ti­gny, au ni­veau U14AAA. « Je suis vrai­ment ren­trée dans le bain du com­pé­ti­tif avec Re­pen­ti­gny, avec qui j’ai ob­te­nu l’argent aux cham­pion­nats ca­na­diens en 2014. C’est là que j’ai vrai­ment goû­té la vie de joueuse de soc­cer, c’est là que j’ai su que j’avais en­vie de faire ça toute ma vie. »

Elle s’est alors jointe à un pro­gramme de sports-études, dès son se­con­daire 3. « Je me suis amé­lio­rée ra­pi­de­ment, alors les en­traî­neurs m’ont en­voyée faire les es­sais avec le Centre Na­tio­nal de Haute Per­for­mance (CNHP)», un pro­gramme sports-études re­grou­pant les meilleurs es­poirs qué­bé­cois aux­quels elle s’est jointe en se­con­daire 4.

Elle évo­lue­ra do­ré­na­vant dans la Na­tio­nal As­so­cia­tion of In­ter­col­le­giate Ath­le­tics, l’une des prin­ci­pales ligues élite uni­ver­si­taires amé­ri­caines, une ligue « beau­coup plus forte que les ligues ca­na­diennes, avec plus de moyens fi­nan­ciers », se­lon Fre­de­ri­co Moo­jen.

UNE NOU­VELLE VIE

Ce nou­veau dé­part en pays étran­ger en­thou­siasme la jeune femme. « Ce qui m’ex­cite le plus, c’est de ne dé­pendre de per­sonne, de m’oc­cu­per de mes af­faires ; d’en­trer dans la vie d’adulte. »

L’ho­raire des spor­tifs des ligues uni­ver­si­taires est char­gé, avec des pra­tiques quo­ti­diennes qui s’ajoutent aux charges nor­males du par­cours aca­dé­mique. « Mais ce n’est pas quelque chose qui me fait peur, parce que tout mon se­con­daire, j’ai été là-de­dans, as­sure Mi­lé­na De­rou­geur. Avec le CNHP, j’avais des cours le ma­tin, puis des pra­tiques à La­val dans l’après-mi­di, je ren­trais en­suite sou­per à Pointe-aux-Trembles, et j’avais des pra­tiques le soir avec Rous­sillon, le club sur la Rive-Sud avec qui j’ai com­men­cé à jouer après Re­pen­ti­gny. »

Loin de ses pa­rents qui l’ont tou­jours épau­lée, la seule crainte de la nou­velle re­crue des Ti­gers concerne l’ac­cueil qui lui se­ra ré­ser­vé par ceux qui sont ap­pe­lés à de­ve­nir sa se­conde fa­mille. «C’est quand même une dif­fé­rente culture, dif­fé­rentes per­sonnes. Est-ce qu’ils vont se dire qu’ils ne veulent pas me par­ler ? C’est plus ça que j’ap­pré­hende », avoue-t-elle.

LES PIEDS SUR TERRE

La jeune spor­tive n’a pas d’at­tente, bien consciente qu’il y a peu d’élues qui réus­sissent à faire car­rière en tant que joueuse pro­fes­sion­nelle.

Elle compte d’ailleurs mettre beau­coup d’ef­forts sur les études qu’elle y en­ta­me­ra en com­mu­ni­ca­tion et re­la­tions pu­bliques.

Une prudence qui ras­su­re­ra sa mère, « très heu­reuse, mais très très ner­veuse de la voir par­tir », qui l’ac­com­pagne de ter­rain en ter­rain de­puis la 6e an­née. « Entre elle et son frère, les matchs et les pra­tiques, cer­taines se­maines, nous n’étions qu’une seule soi­rée à la mai­son ! ».

Des sa­cri­fices qui au­ront va­lu la peine, si l’on se fie aux lueurs de fier­té qui illu­minent ses yeux lors­qu’elle re­garde sa fille.

Amélie Gamache

« Le billet d’avion est ache­té pour le 2 août, la pa­pe­rasse est ré­glée, le test d’an­glais obli­ga­toire est réus­si, je suis prête à par­tir ! », af­firme Mi­lé­na De­rou­geur.

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