IL ES­SUIE QUELQUES RE­VERS

Comme tout ar­tiste, sa car­rière n’est pas faite que de suc­cès, mais com­porte aus­si des ra­tés. En l’es pace de deux ans et de­mi, le cé­lèbre ac­teur n’a connu que des échecs!

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«Un dé­sastre ar­tis­tique»

En 2011, on le re­trouve dans Rhum Ex­press en com­pa­gnie d’am­ber Heard, dont il tombe fol­le­ment amou­reux. Il s’agit d’une deuxième adap­ta­tion d’un ro­man de Hun­ter S. Thomp­son, avec qui il s’est lié d’ami­tié pen­dant le tour­nage de Las Ve­gas Pa­ra­no. Il s’est d’ailleurs ins­tal­lé du­rant quatre mois au sous- sol de la mai­son de l’écri­vain afin de s’im­pré­gner de son per­son­nage. Après le sui­cide de l’au­teur en 2005, Depp fi­nance la plus grande par­tie de la cé­ré­mo­nie en son sou­ve­nir, no­tam­ment la dis­per­sion de ses cendres dans le ciel par un ca­non, puis il dé­cide de pro­duire Rhum Ex­press lui- même. Or, si le ro­man connaît un beau suc­cès en li­brai­rie, il n’en va pas de même pour ce film étrange et dé­ca­lé qui s’avère un échec.

Il manque sa cible avec The Lone Ran­ger

En 2013, l’ac­teur de 40 ans in­carne Ton­to dans le film The Lone Ran­ger: Le jus­ti­cier mas­qué, réa­li­sé par Gore Ver­bins­ki. Dans ce wes­tern

amé­ri­cain, le guer­rier in­dien ra­conte la lé­gende d’un an­cien dé­fen­seur de la loi, qui est de­ve­nu un jus­ti­cier lé­gen­daire nom­mé The Lone Ran­ger. Il fait équipe avec un che­val très spé­cial qui l’aide à as­sou­vir sa ven­geance. Le film est pro­je­té en avant- pre­mière le 8 juin 2013 à Law­ton de­vant la com­mu­nau­té co­manche. En en­tre­vue, le chef Wal­lace Cof­fey dé­clare que cette oeuvre ne tra­hit pas son peuple dans la ma­nière dont il est re­pré­sen­té; John­ny Depp est dé­cla­ré Ci­toyen d’hon­neur et bap­ti­sé Mah- Woo- Meh, ce qui si­gni­fie « ca­mé­léon » ou « ce­lui qui se mé­ta­mor­phose » . Mal­gré ce­la, le film est un échec com­mer­cial. Il ne rap­porte que 260,5 mil­lions de dol­lars dans le monde, dont en­vi­ron 90 mil­lions aux États- Unis. Dis­ney, qui le pro­duit, en­caisse un manque à ga­gner de 190 mil­lions $. De plus, la ré­cep­tion cri­tique est glo­ba­le­ment né­ga­tive. Dans Le Fi­ga­ro, par exemple, on le dé­crit comme « un dé­sastre ar­tis­tique. Le scé­na­rio part tous azi­muts et se noie dans les ré­fé­rences lour­dingues à la Ser­gio Leone et John Ford. On a sur­tout une im­pres­sion de dé­jà- vu. »

Dans Té­lé­ra­ma, Cé­cile Mu­ry n’y va pas de main morte non plus: « Lour­de­ment pein­tur­lu­ré et coif­fé d’un cor­beau em­paillé, John­ny Depp a l’air ailleurs. En­core plus que d’ha­bi­tude. Son dé­gui­se­ment semble le fa­ti­guer presque au­tant que le reste: les coups de feu, les che­vau­chées et les mul­tiples pé­ri­pé­ties bon­dis­santes de ce wes­tern fa­mi­lial à gros bud­get. Bref, il n’a pas l’air de croire beau­coup ni à son rôle de Ton­to, le Co­manche un peu fou­fou, aco­lyte du hé­ros, ni au film lui- même. Le pu­blic amé­ri­cain n’a pas sui­vi non plus. »

Trans­cen­dance, un autre re­vers En 2014, John­ny Depp tient le rôle du scien­ti­fique Will Cas­ter dans Trans­cen­dance, le pre­mier film de Wal­ly Pfis­ter ( di­rec­teur de la pho­to­gra­phie pour Ch­ris­to­pher No­lan). Il est membre d’une équipe de re­cherche dont le but est de créer le pre­mier or­di­na­teur do­té d’une conscience et ca­pable de ré­flé­chir de ma­nière au­to­nome. Tou­te­fois, le hé­ros pré­dit qu’un tel ap­pa­reil crée­ra une sin­gu­la­ri­té tech­no­lo­gique ou, se­lon ses propres termes, une « trans­cen­dance » . Il construit dans son jar­din une cage de Fa­ra­day pour se pro­té­ger, mais se fait at­teindre d’une balle ra­dio­ac­tive ti­rée par un groupe ex­tré­miste. On ne lui

Des flops en ra­fale

donne pas plus d’un mois à vivre. Sa femme ( Re­bec­ca Hall) se sert alors du la­bo­ra­toire pour « trans­cen­der » l’es­prit de son ma­ri dans le fa­meux or­di­na­teur, ce qui le rend presque om­ni­po­tent. Mal­gré l’in­trigue pre­nante, le film est un échec ca­tas­tro­phique au box- of­fice et re­cueille des cri­tiques né­ga­tives dans l’en­semble des mé­dias. Il ne ré­colte que 23 mil­lions $ après neuf se­maines en salle et 103 mil­lions $ dans le monde.

Char­lie Mort­de­cai ( 2015) Cette co­mé­die po­li­cière amé­ri­ca­no­chi­noise est le sep­tième film de Da­vid Koepp ( scé­na­riste de Ju­ras­sic Park 1, Pa­nic Room, The Ryan Ini­tia­tive et In­dia­na Jones). Elle ra­conte l’his­toire d’un mar­chand d’art ex­cen­trique rui­né, Char­lie Mort­de­cai ( John­ny Depp), qui part à la re­cherche d’un ta­bleau vo­lé par les na­zis pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale. Comme cette oeuvre d’art est cen­sée don­ner la clef de la ca­chette de l’or du IIIE Reich, com­mence alors une folle aven­ture où Russes, Chi­nois et ter­ro­ristes veulent le voir mort. Gwy­neth Pal­trow in­carne à mer­veille sa femme, dont l’ins­pec­teur ( Ewan Mc­gre­gor) est fou amou­reux.

L’his­toire est rem­plie de cli­chés et les mo­ti­va­tions qui poussent les per­son­nages à agir sont peu cré­dibles. De plus, les ac­teurs sont à la li­mite du sur­jeu dans cer­taines scènes, no­tam­ment lorsque Char­lie s’obs­tine avec sa femme à cause de sa nou­velle mous­tache qu’il consi­dère comme un hé­ri­tage fa­mi­lial an­ces­tral. Bref, dans son en­semble, il manque cer­taines choses à l’in­trigue pour en faire un bon film. Char­lie Mort­de­cai ne ré­colte que 4,1 mil­lions de dol­lars lors de son pre­mier week- end d’ex­ploi­ta­tion outre- At­lan­tique, alors qu’il a coû­té 60 mil­lions de dol­lars à pro­duire. C’est l’un des pires échecs de la car­rière de l’ac­teur.

D’ailleurs, les cri­tiques à son égard sont très né­ga­tives : « Cette co­mé­die po­li­cière, ra­tée dans les grandes lar­geurs, est sans doute l’un des titres les plus af­fli­geants du genre » ,

Vi­sé par de très mau­vaises cri­tiques Mort­de­cai est d’un en­nui mor­tel

écrit Jacques Man­del­baum dans Le Monde. Dans Le Pa­ri­sien, Alain Gras­set trouve l’in­trique or­di­naire et le jeu de l’ac­teur prin­ci­pal in­si­pide: « L’in­trigue, peu in­té­res­sante, est sur­tout l’oc­ca­sion pour John­ny Depp, qua­si­ment de tous les plans, de ca­bo­ti­ner, jus­qu’à en de­ve­nir ri­di­cule. Ce, au fil de sé­quences plus té­lé­pho­nées les unes que les autres. Un film in­sup­por­table et — c’est un comble! — ra­sant... »

Ce n’est pas tout. La presse amé­ri­caine des­cend aus­si le long­mé­trage. Elle lui a même at­tri­bué le titre de Pire film de 2015. Pour le New York Times, ce « film à la gloire de John­ny Depp est d’un en­nui mor­tel » , alors que la cri­tique du USA To­day rap­porte: « Mort de cai est un film hor­ri ble ment gê­nant. Un dé­luge d’hor­ribles ac­cents bri­tan­niques, pas as­sez de bons gags et des dia­logues faibles. Un film qui, s’il n’est pas to­ta le ment hor­rible, est in­croya ble ment en­nuyeux. » Pour The Hol­ly­wood Re­por­ter, seule Gwy­neth Pal­trow se sort in­demne de la farce. Se­rait- ce la fin de la car­rière de John­ny Depp?

À son ar­ri­vée à la pre­mière de Char­lie et la cho­co­la­te­rie, à Londres, le 17 juillet 2005.

Avec son au­teur fé­tiche, Hun­ter S. Thomp­son, à la pro­mo­tion de son livre The Proud High­way, à New York le 21 fé­vrier 2007. Depp in­carne le jour­na­liste Paul Kemp dans The Rum Dia­ry, le ro­man de Thomp­son.

L’at­ti­rance entre John­ny Depp et Am­ber Heard crève l’écran.

Aux cô­tés d’ar­mie Ham­mer dans The Lone Ran­ger: Le jus­ti­cier mas­qué.

Depp écoute at­ten­ti­ve­ment les consignes du réa­li­sa­teur de Trans­cen­dance, Wal­ly Pfis­ter.

L’ex­cen­tri­ci­té est au coeur du per­son­nage lou­foque in­ter­pré­té par Depp.

Gwy­neth Pal­trow et lui forment un couple spé­cial dans la co­mé­die Char­lie Mort­de­cai.

John­ny est ho­no­ré en sep­tembre 2005 de­vant le Grau­man’s Chi­nese Theatre, en lais­sant l’em­preinte de ses mains dans le ci­ment.

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