Sexe, drogue et rock and roll

Ce­lui qui est connu pour ses rôles aty­piques est lui- même un per­son­nage mar­gi­nal. Il se paye de folles vi­rées noc­turnes où l’al­cool coule à flots et n’échappe pas à la ten­ta­tion de s’éva­der dans les pa­ra­dis ar­ti­fi­ciels.

Biographies Collection - - Dépendances -

Au dé­but des an­nées 1990, le hé­ros d’ed­ward aux mains d’ar­gent connaît non seule­ment la fa­veur in­ter­na­tio­nale, mais aus­si la consé­cra­tion cri­tique grâce à Ari­zo­na Dream d’emir Kus­tu­ri­ca. John­ny est au som­met de la gloire, mais il vit mal l’at­ten­tion que le pu­blic lui porte et sup­porte difficilement la pres­sion mé­dia­tique. La cé­lé­bri­té lui fait peur: « Je n’ai ja­mais vou­lu être un mo­dèle pour les autres. J’étais mal à l’aise dans les évé­ne­ments pu­blics et je de­ve­nais très ner­veux. Le seul moyen que j’avais de me sen­tir à peu près nor­mal était de me saou­ler la gueule » , ra­conte- t- il en

« Je n’ai ja­mais vou­lu être un mo­dèle pour les autres »

2006 dans le ma­ga­zine Wo­man, en évo­quant cette pé­riode.

Sans ja­mais se qua­li­fier d’al­coo­lique, il af­firme que la bois­son, les pi­lules et les ci­ga­rettes l’aident à anes­thé­sier son mal de vivre et c’est pour­quoi il en consomme du ma­tin jus­qu’au soir. Gui­ta­riste à ses heures, il plonge aus­si dans la mu­sique et ouvre même une boîte de nuit my­thique, The Vi­per Room, où il per­forme à de nom­breuses re­prises pour le plus grand bon­heur de ses fans.

Au-de­là du pro­fil du sé­duc­teur

The Vi­per Room En 1993, John­ny Depp inau­gure le Vi­per Room avec le musicien Chuck E. Weiss et l’homme d’af­faires An­tho­ny Fox. Lorsque l’éta­blis­se­ment ouvre ses portes le 14 août, Tom Pet­ty and the Heart­brea­kers lancent le bal par un concert d’une heure, sui­vi par Shane Mac­go­wan, Evan Dan­do et The God­damn Liars. Les re­cettes de la soi­rée sont re­mises à la Fon­da­tion Star­light, qui aide les jeunes ma­lades en phase ter­mi­nale à réa­li­ser un der­nier sou­hait. La boîte de nuit si­tuée sur Sun­set Strip de­vient vite le lieu de ras­sem­ble­ment de la faune hol­ly­woo­dienne, at­ti­rée par les spec­tacles no­va­teurs qu’on y présente. Son pro­prié­taire y joue éga­le­ment avec son groupe, P, si bien qu’il peut se tar­guer, en fé­vrier 2000, d’y of­frir la meilleure mu­sique en ville: « J’ai ou­vert le Vi­per Room pour une seule rai­son. Je cher­chais un en­droit où il y au­rait de la bonne mu­sique et de bons groupes in­vi­tés sur scène. Un lieu où je pour­rais m’échap­per et prendre un verre avec des amis sans avoir à su­bir les choix mu­si­caux d’un DJ bor­né » , ra­conte- t- il au men­suel Stu­dio Ci­né Live.

Mal­heu­reu­se­ment, l’en­droit est sur­tout connu pour avoir été le théâtre du dé­cès de Ri­ver Phoe­nix par sur­dose, à l’aube du 31 oc­tobre 1993. Cette nuit- là, John­ny Depp jouait sur scène avec son ami Flea, le bas­siste des Red Hot Chi­li Pep­pers, quand ils ont vu Ri­ver quit­ter les lieux en ti­tu­bant. Une fois à l’ex­té­rieur, l’acteur de 23 ans s’est ef­fon­dré sur le trot­toir et a été pris de convul­sions.

Il a suc­com­bé à un ar­rêt car­diaque quelques ins­tants plus tard, en pré­sence de sa soeur, Rain, de son frère, Joa­quin, et des deux mu­si­ciens. Ce tra­gique in­ci­dent n’a ce­pen­dant pas en­ta­ché la ré­pu­ta­tion du club puisque de nom­breux mu­si­ciens sont ve­nus y don­ner des pres­ta­tions par la suite, no­tam­ment John­ny Cash, le 3 dé­cembre 1993, qui a joué pour la pre­mière fois en so­lo. Bruce Spring­steen y a éga­le­ment of­fert un concert im­promp­tu en sep­tembre 1995, de même que Mick Fleet­wood de Fleet­wood Mac, les Sex Pis­tols, Red Hot Chi­li Pep­pers, Ma­ri­lyn Man­son et bien d’autres. Ce club bran­ché a aus­si per­mis à des ar­tistes émer­gents de per­cer tels que Billy Idol, She­ryl Crow, The Kuff. Depp a li­qui­dé ses parts en 2004 au terme d’un rè­gle­ment de jus­tice pro­non­cé à la suite de la dis­pa­ri­tion d’an­tho­ny Fox, le se­cond co­pro­prié­taire.

Dep­pen­dances L’an­née sui­vante, il fait la connais­sance de Kate Moss au ca­fé Ta­bac à New York et en­tre­tient avec elle une re­la­tion an­ti­con­for­miste, tein­tée d’ex­cès de toutes sortes: «Kate boit tel­le­ment qu’elle peut pas­ser deux se­maines à ne pas sor­tir de son lit» , ex­plique Mau­reen Cal­la­han dans son livre Cham­pagne Su­per­no­vas. Se­lon elle, cette pé­riode est tour­men­tée de dé­mê­lés avec la jus­tice, le couple se dé­fon­çant à l’al­cool, aux drogues et aux mé­di­ca­ments: «Ils forment ra­pi­de­ment le couple le plus chic et le plus dro­gué de­puis Keith Ri­chards et Ani­ta Pal­len­berg.»

John­ny Cash au Vi­per Room

L’acteur et musicien confirme d’ailleurs ces al­lé­ga­tions dans une en­tre­vue ac­cor­dée au ma­ga­zine Rol­ling Stone en 1998: « J’ai es­sayé à peu près toutes les drogues sur le mar­ché. J’ai aus­si ten­té toutes les ex­pé­riences que font tous les voyous, comme van­da­li­ser des lieux pu­blics, lan­cer des oeufs sur des voi­tures, en­trer par ef­frac­tion dans une école et dé­truire des salles de classe. Mais, un jour, j’ai réa­li­sé que ce com­por­te­ment ne me me­nait nulle part et que je ne pro­gres­sais pas. Je ris­quais de stag­ner ou, pire, de ré­gres­ser.»

Si l’acteur parle ou­ver­te­ment de ses dé­pen­dances et de ses dé­bor­de­ments, il ne semble pas avoir réel­le­ment com­pris les consé­quences qu’ils peuvent avoir, puis­qu’il a fait la man­chette l’an der­nier en ap­pa­rais­sant com­plè­te­ment ivre sur la scène des Hol­ly­wood Films Awards. Confus, il chan­ce­lait et ba­fouillait en fai­sant son dis­cours hom­mage au pro­duc­teur Shep Gor­don, ce qui lui a va­lu une bien mau­vaise presse.

La prise de conscience

Après s’être hu­mi­liée pu­bli­que­ment, la mé­gas­tar réa­lise que son com­por­te­ment peut tout dé­truire au­tour d'elle et dé­cide de se prendre en main. Se­lon Ra­daron­line, ses proches au­raient exer­cé de la pres­sion pour qu’il trouve de l’aide et suive une thé­ra­pie: «Ma drogue à moi, c’était l’al­cool. Je me dé­trui­sais à vue d’oeil et je met­tais ma car­rière en dan­ger. Je me re­trou­vais dans des si­tua­tions étranges où je par­lais à des gens que je ne connais­sais pas. Je suis ar­ri­vé à un point où je n’avais plus de gueule de bois tel­le­ment mon corps s’était ha­bi­tué à la bois­son. Un mo­ment, il fal­lait que je prenne ma vie en main. Je sa­vais que je ne pou­vais plus conti­nuer in­dé­fi­ni­ment comme ça. Je suis heu­reux d’avoir réus­si» , a confié John­ny.

« Le couple le plus chic et dro­gué de­puis Keith Ri­chards et Ani­ta Pal­len­berg »

Faire la fête était un moyen pour lui d’al­lé­ger le poids de la cé­lé­bri­té.

1993: John­ny Cash, June Car­ter Cash et John­ny Depp au Vi­per Room.

Kate Moss, sa co­pine de l’époque, l’ac­com­pagne dans ses dé­boires.

Aux Hol­ly­wood Film Awards 2014, Depp ba­fouille des re­mer­cie­ments, alors qu’il semble ivre.

Tou­jours sous le feu des pro­jec­teurs, John­ny passe à une nou­velle étape.

En va­cances avec Noel Gal­la­gher d’oa­sis, sa femme, Meg Ma­thews, et Kate Moss. Il fré­quente de cé­lèbres ro­ckeurs comme Ma­ri­lyn Man­son et Alice Coo­per.

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