Après l’as­sas­si­nat

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Biographies Collection - - L’après-jfk -

Ja­ckie souffre de les voir dans cet état, mais elle est in­ca­pable d’ou­blier l’hor­reur qu’elle a vé­cue à Dal­las.

De plus, elle doit quit­ter la Mai­sonB­lanche lorsque Lyn­don B. John­son entre en fonc­tion le 6 dé­cembre, soit deux se­maines plus tard. Elle vend la pro­prié­té qu’elle et son ma­ri pos­sèdent en Vir­gi­nie et achète un ap­par­te­ment sur la Cin­quième Ave­nue à New York, dans le­quel elle em­mé­nage avec ses en­fants. Bien qu’elle se montre ra­re­ment en pu­blic, elle ac­cepte d’ap­pa­raître à la té­lé­vi­sion na­tio­nale le mois sui­vant, afin de re­mer­cier les Amé­ri­cains pour le flot de condo­léances qu’ils lui ont adres­sées. Elle dé­clare alors de­vant les ca­mé­ras: « Le monde a per­du sa lu­mière » .

Ja­ckie sombre dans la dé­pres­sion

L’amour la console

Dans l’in­ti­mi­té, ses proches af­firment qu’elle ne va pas bien. Elle ne cesse d’évo­quer les bons mo­ments qu’elle a pas­sés avec JFK et la vie qu’ils au­raient pu avoir en­semble. En pleine dé­prime, elle ne peut sup­por­ter la pré­sence des autres, mais ne to­lère pas non plus de res­ter seule. Au prin­temps de 1964, elle re­com­mence à as­sis­ter à des dî­ners in­times chez des amis et à re­voir les per­sonnes qui lui sont chères. Au fil des mois, elle sort peu à peu de sa tor­peur et dé­cide de se re­prendre en main. Elle va pas­ser un week- end au chic hô­tel Car­lyle de New York où, pour la pre­mière fois de­puis l’as­sas­si­nat, elle se sent « re­de­ve­nir un être hu­main » , di­ra- t- elle.

Pour « échap­per à tout ça » , il semble que la jeune veuve n’hé­site pas à ma­ni­fes­ter son dé­sir de ten­dresse. Re­de­ve­nue une femme libre et sans at­taches, elle se laisse sé­duire par le sexe op­po­sé et s’offre même des es­ca­pades amou­reuses. Par exemple, vers la fin jan­vier 1964, elle ac­com­pagne sa soeur Lee Rad­zi­will, Mar­lon Bran­do et son agent au Jo­ckeyC­lub de Washington. L’ac­teur et elle dansent las­ci­ve­ment l’un contre l’autre et ne se quittent qu’au pe­tit ma­tin: « Ja­ckie at­ten­dait que je la sé­duise et, comme j’hé­si­tais à le faire, elle m’a car­ré­ment de­man­dé si je vou­lais pas­ser la nuit avec elle. Je lui ai ré­pon­du par l’af­fir­ma­tive en lui di­sant: “J’ai eu peur que tu ne te dé­cides ja­mais à me le de­man­der” » rap­porte Bran­do dans ses mé­moires.

La liste ne s’ar­rête pas là. On dit que de nom­breux hommes de re­nom l’ont pour­sui­vie de leurs as­si­dui­tés. D’après les au­teurs de Jac­que­line Ken­ne­dy Onas­sis: A Life Beyond Her Wil­dest Dreams, on compte par­mi eux l’hé­ri­tier des en­tre­prises Fiat, Gian­ni Agnel­li, avec qui elle a eu une liai­son au cours d’un voyage en Italie, l’ar­chi­tecte ca­li­for­nien John Carl War­necke, qui a réa­li­sé la res­tau­ra­tion du quar­tier his­to­rique La­fayette à Washington, les ac­teurs de ci­né­ma War­ren Beat­ty, Gre­go­ry Peck et Paul New­man, ain­si que le cé­lèbre chan­teur de charme Frank Si­na­tra ( voir en­ca­dré à la page 48). Ce n’est pas tout.

Elle se re­cons­truit à New York

Elle mul­ti­plie les amants

Dans le livre Bob­by and Ja­ckie, A Love Sto­ry, l’au­teur C. Da­vid Hey­mann men­tionne pour sa part que le frère et l’épouse de JFK au­raient été amants de 1964 à 1968. Le jour­na­liste a col­li­gé une in­fi­ni­té de té­moi­gnages pour ap­puyer ses dires: « Si l’on ne sait pas pré­ci­sé­ment quand leur his­toire a dé­bu­té, il est clair qu’elle a ga­gné en in­ten­si­té lors­qu’ils ont tous les deux quit­té Washington pour New York » , écrit- il. Il ra­conte que le choc et le cha­grin cau­sés par le drame de Dal­las les a pous­sés à pas­ser plus de temps en­semble et qu’ils ont fi­ni par s’éprendre l’un de l’autre.

Ain­si, pen­dant la se­maine de Pâques de 1964, Ja­ckie laisse ses deux en­fants à Ethel, la femme de Bob­by, et part avec lui à An­ti­gua, dans les Ca­raïbes. Leurs com­pa­gnons de voyage, d’an­ciens membres de l’ad­mi­nis­tra­tion Ken­ne­dy, les ob­servent se par­ler au creux de l’oreille et par­tir pour de longues pro­me­nades sur la plage, main dans la main. Quelques se­maines plus tard, lors d’un dî­ner croi­sière sur le lac Po­to­mac en pré­sence d’ethel, ils s’éclipsent tous les deux dix minutes après avoir échan­gé « des re­gards brû­lants » , as­sure Ar­thur Schle­sin­ger, ex- au­teur des dis­cours de JFK.

En outre, un jour de dé­cembre 1964, une voi­sine du do­maine des

Une femme libre, sans at­taches

«

»

Ken­ne­dy à Palm Beach sur­prend Ja­ckie en mo­no­ki­ni dans le jar­din de la pro­prié­té, ten­dre­ment en­la­cée avec son beau- frère. In­ter­lo­quée, elle en parle plus tard à Bob­by, qui se confie à elle: « Il ai­mait Ethel, mais il avait des sen­ti­ments très forts pour Ja­ckie. Les deux femmes avaient be­soin de lui, et leurs en­fants aus­si » , rap­pelle- t- elle. Quelques se­maines plus tard, in­vi­tés en­semble en Ja­maïque par une amie, les amants ne se dis­si­mulent pas pour pas­ser d’une chambre à l’autre, ni pour échan­ger mas­sages et bai­sers sur la plage. Le couple doit pour­tant mettre fin à sa re­la­tion au prin­temps 1968, alors que RFK est can­di­dat à la pré­si­den­tielle.

... Et Ted?

Les ru­meurs veulent que Ted Ken­ne­dy soit aus­si tom­bé amou­reux de Ja­ckie et qu’elle l’ait ai­mé à son tour. C’est en tout cas ce qu’elle au­rait confir­mé à Tru­man Ca­pote, à la fin des an­nées 1960. L’as­sis­tant spé­cial de JFK, Da­vid Po­wers, rap­porte aus­si que Ted lui au­rait dit lors d’une soi­rée: « J’ai tou­jours été amou­reux de Ja­ckie de­puis le dé­but. Quand John est mort, je sa­vais qu’elle voyait Bob­by, mais ce­la ne m’a pas ar­rê­té. Bob­by ne pou­vait pas tou­jours être là. » L’as­sas­si­nat de Bob­by au­rait ren­for­cé leur lien, Ted étant de­ve­nu aux yeux de Ja­ckie le seul sur qui elle pou­vait réel­le­ment comp­ter. Le seul ou presque car, dans le plus grand se­cret, celle- ci com­mence une re­la­tion avec le ri­chis­sime Aris­tote Onas­sis. En jan­vier 1957, après quatre ans de ma­riage, Ja­ckie tombe sous le charme de la ve­dette du film Le pont de la ri­vière Kwaï, William Hol­den, lors d’un dî­ner or­ga­ni­sé par le pro­duc­teur Char­lie Feld­man. Le len­de­main, le cé­lèbre ac­teur l’in­vite à faire de l’équi­ta­tion, puis le couple dis­pa­raît pen­dant quelques heures. Se­lon l’ar­tiste et an­cien jour­na­liste Bill Wal­ton, ami in­time de la fa­mille, cette liai­son de quelques jours n’avait d’autre ob­jet que de se ven­ger de JFK et de ses in­fi­dé­li­tés dans les bras de Ma­ri­lyn Mon­roe, So­phia Lo­ren et d’autres ac­trices.

Ted est aus­si sous le charme

Les voyages la sti­mulent

Jac­que­line fi­nit par trou­ver son rythme à New York. Elle y passe la se­maine avec ses en­fants et les week- ends à la campagne où elle fait de l’équi­ta­tion et pra­tique la chasse à courre. Elle ac­cepte d’ap­pa­raître en pu­blic à quelques oc­ca­sions, no­tam­ment pour ho­no­rer l’agent qui avait grim­pé à bord du vé­hi­cule of­fi­ciel afin de la pro­té­ger lors de l’at­ten­tat, ain­si qu’à l’inau­gu­ra­tion de di­vers mé­mo­riaux dé­diés à John F. Ken­ne­dy. En mai 1965, par exemple, elle as­siste aux cô­tés de la reine Eli­za­beth II à ce­lui que le Royaume- Uni lui a consa­cré à Run­ny­mede, sur les rives de la Ta­mise. La cé­ré­mo­nie se dé­roule à quelques pas du site où le roi Jean Sans Terre avait ja­dis si­gné la Grande Charte en 1215.

La cé­lèbre veuve en­tre­prend aus­si une série de voyages pour se dis­traire et oc­cu­per son es­prit. Elle com­mence avec ses en­fants par des va­cances de ski à Gs­taad, en Suisse, avec la fa­mille de Bob­by — avec qui on pré­tend qu’elle a une liai­son —, puis se rend en­suite à Rome. La prin­cesse Irène Ga­lit­zine or­ga­nise un dî­ner en son hon­neur et crée pour elle une robe noire, mi- longue, que Ja­ckie étren­ne­ra pour son entrevue avec le pape. Elle chasse le re­nard au cô­té d’un an­cien ca­ma­rade de classe de son dé­funt ma­ri, le comte Di­no Pec­ci- Blunt, puis est re­çue au pa­lais du prince As­pre­no Co­lon­na. Elle passe une grande par­tie de son temps avec le créa­teur de mode Va­len­ti­no, qui confec­tionne pour elle un grand nombre de te­nues va­po­reuses.

Pen­dant les va­cances de Pâques, elle em­mène les en­fants à Cor­do­ba, en Ar­gen­tine, où ils sé­journent dans le ranch de Mi­guel A. Car­ca­no, dont les filles étaient des amies des Ken­ne­dy. Elle part en­suite pour l’es­pagne où le duc et la du­chesse d’albe l’ac­cueillent cha­leu­reu­se­ment à son ar­ri­vée à Sé­ville. Elle y as­siste au bal in­ter­na­tio­nal de la Croix- Rouge et doit af­fron­ter plus de 250 pa­pa­raz­zis ve­nus pho­to­gra­phier les in­vi­tés. Elle par­ti­cipe à la fé­ria à che­val en cos­tume tra­di­tion­nel et dé­file dans les rues sur un éta­lon blanc. En juin, elle em­mène les en­fants à Ha­waï pour quelques se­maines, puis rentre aux États- Unis pour fê­ter son 37e an­ni­ver­saire.

En tant que veuve d’un pré­sident, Jac­que­line jouit de la pro­tec­tion des agents se­crets amé­ri­cains et de cer­tains pri­vi­lèges fi­nan­ciers. Elle dis­pose entre autres d’une rente de 200 000 $ par an­née, d’une pen­sion de veuve, de fonds sub­si­diaires et de re­ve­nus sur l’hé­ri­tage Ken­ne­dy pou­vant at­teindre jus­qu’à 200 000 $ an­nuel­le­ment. Tou­te­fois, au mo­ment de né­go­cier les clauses fi­nan­cières de son contrat de ma­riage avec Ja­ckie, Onas­sis s’étonne de ces mon­tants dé­ri­soires pour une per­sonne de son rang. ¢

Ja­ckie par­court le monde

Lyn­don B. John­son prête ser­ment pour suc­cé­der à JFK après sa mort.

Mar­lon Bran­do au­rait lui aus­si été sé­duit par la belle veuve. Les frères Ken­ne­dy avaient, semble-t-il, l’ha­bi­tude de par­ta­ger les femmes, que ce soit dans des par­touzes ou non. Ma­ri­lyn Mon­roe au­rait été l’amante à la fois de John et de Bob­by.

Ja­ckie et Bob­by se rap­prochent après la mort de John, à tel point qu’ils au­raient fi­ni par s’éprendre l’un de l’autre.

Robert Ken­ne­dy…

Si les ru­meurs sont vraies, Ja­ckie se­rait tom­bée amou­reuse de toute la fra­trie: John, Bob­by et Ted.

William Hol­den, l’ac­teur avec le­quel Ja­ckie au­rait trom­pé JFK.

Ja­ckie et ses en­fants à Gs­taad, en Suisse.

Sa ren­contre avec le pape Paul VI, en jan­vier 1966, en com­pa­gnie d’un car­di­nal.

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